Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Cédric Gallienne

Primeur, Colombes (92)
Date de l'interview : 18/06/2012

"J’ai fait le choix de me spécialiser dans les produits originaux de qualité, en particulier des légumes anciens."

Spécialisé dans les variétés anciennes de légumes, Cédric Gallienne vend ses produits sur le marché de Colombes. Il évoque son parcours atypique et son travail au quotidien.

Quel est votre parcours de formation ?

Je suis titulaire d’un bac STT section commerciale (aujourd’hui bac STG) et d’un BTS action commerciale. J’ai fait mon BTS en alternance dans une agence communication. Une fois diplômé, j’ai travaillé comme commercial dans la communication, puis comme acheteur chez Alsthom.

On est loin des fruits et légumes ! Qu’est-ce qui vous a fait changer de cap ?

Mes parents sont maraîchers et je baigne dans ce milieu depuis l’enfance. Cependant, à la maison, on m’a toujours poussé à faire des études. A l’époque, il n’y avait  pas encore ce retour aux produits naturels et de qualité qu’on peut voir aujourd’hui. Les gens achetaient plutôt leurs fruits et légumes en grande surface et le travail des petits producteurs n’était pas mis en valeur.

En tant que commercial, je gagnais plutôt bien ma vie mais j’ai eu envie de retourner à mes origines. Je voulais aussi être plus disponible pour ma famille. J’ai commencé à faire le marché de la Garenne-Colombes, puis celui de Colombes. Pour me démarquer des autres primeurs et parce que j’adore la cuisine, j’ai fait le choix de proposer des produits originaux de qualité, en particulier des légumes anciens. J’ai le statut d’auto-entrepreneur.

Comment se déroule votre semaine ?

Je fais le marché de Colombes 3 jours par semaine, les mardi, jeudi et dimanche. Le marché se déroule le matin, mais ça m’occupe toute la journée. Il faut passer chercher la marchandise, la mettre en place, reconditionner les produits invendus, les rapporter…  Même si je fais de petites quantités et que j’ai moins à déballer que les autres  primeurs, cette manutention prend de temps.

Les autres jours, je vais à Rungis pour choisir et négocier les produits. Soit je travaille en direct avec les producteurs, soit je passe par des mandataires. Comme je travaille sur des petites quantités, le temps de recherche et de négociation est très important.

Une fois les produits achetés, je fais des recherches documentaires, je prépare des fiches, je teste des recettes… Je suis très bavard et sur le marché, je passe beaucoup de temps à discuter avec les clients. Je fais des dégustations, je donne des conseils de préparation… Cela fait partie du service !

Qu’appréciez-vous le plus sur le marché ?

Le marché, c’est d’abord une ambiance. Je suis en contact direct avec les autres commerçants. Quand un client me demande avec quoi il peut servir les panais qu’il vient de m’acheter, je peux lui conseiller le rôti de veau du boucher d’à côté…

Comment voyez-vous évoluer votre activité ?

Je voudrais créer un cours des halles où je vendrais mes produits, associé à un restaurant qui proposerait des produits anciens sur sa carte. Il y aurait également la possibilité de suivre des cours de cuisine autour des fruits et légumes d’antan.

En attendant, je vais prochainement mettre en ligne un site internet qui sera une vitrine pour mes clients. On y trouvera des fiches sur les produits, des recettes, des vidéos… et peut-être, un jour, de la vente en ligne.

Quelles qualités faut-il pour être un bon primeur ?

Il faut avant tout avoir la passion du produit. C’est bête à dire mais si on ne mange pas de fruits et légumes, on ne peut pas en vendre… Je  goûte tout ce que je propose à mes clients. Il faut aussi avoir la bosse du commerce et le sens du service : sourire, dire bonjour, être aimable… Même s’il est indispensable de connaître les fondements de la vente et de la négociation, je pense que c’est un métier qui s’apprend surtout sur le tas, en faisant des stages ou à l’occasion d’un premier contrat.

 

Propos recueillis par Patricia Holl