Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Laurence Bultez

En charge des ressources humaines et de la professionnalisation chez Promévil, Cergy Saint-Christophe (95)
Date de l'interview : 09/02/2012

La seule « arme » du médiateur social, c’est la communication, le dialogue.

Laurence Bultez nous présente le métier de médiateur social et ses débouchés en Ile-de-France.

Pouvez-vous nous présenter Promévil ?

Promévil est une association loi de 1901, mais qui fonctionne comme une entreprise. Actuellement nous avons 170 salariés et nous intervenons sur toute la région Ile-de-France. Si vous prenez les transports en commun, vous devez certainement connaître nos médiateurs, identifiables à leurs blousons bordeaux avec « Médiation Promévil » écrit dans leur dos.

Qu’est-ce qu’un médiateur social ?

La médiation sociale est un métier qui existe depuis une vingtaine d’année et qui est en train de s’organiser, de se professionnaliser. Nos médiateurs ont pour mission principale d’accompagner les trains. Ce sont alors des « médiateurs transports ». Ils travaillent sur les lignes A et D du RER, sur les lignes de trains entre Mantes et Conflans, Sarcelles Saint Brice et Ermont Eaubonne, Paris et Beauvais… Nous avons aussi des médiateurs en site urbain, dans les centres sociaux, les bibliothèques, les piscines… D’autres travaillent comme correspondants de nuit dans les quartiers.

Dans les transports, les médiateurs travaillent en équipe de 3 ou 4 agents, hommes et femmes. Leur rôle est de faire que tout ce passe bien. Ils font de l’accueil, de l’information, du renseignement, de l’accompagnement, etc. Ils rassurent les voyageurs et assurent une certaine régularité au niveau des transports. Ils sont un lien vis-à-vis des voyageurs.

Quelles sont les qualités nécessaires pour faire ce métier ?

La seule « arme » du médiateur, c’est la communication, le dialogue. Les médiateurs rencontrent souvent des situations de conflit, des incivilités, des personnes dans des états anormaux. Ils doivent faire preuve de beaucoup de patience. Le médiateur doit aussi avoir des aptitudes à l’écrit car il doit relever tout ce qui s’est passé dans la journée sur des feuilles de route.

Quels sont vos besoins en termes de recrutements ?

Nous recrutons entre 70 et 80 personnes par an, toutes les semaines nous faisons signer 3 ou 4 contrats de travail. Et ce, pour deux raisons : la première est que notre association est en expansion depuis 4 ans ; la deuxième est que les personnes travaillent chez nous en « CUE », contrat unique d’insertion, qui est un contrat aidé par l’Etat. C’est un CDD qui dure 6 mois et que nous pouvons renouveler jusqu’à une durée totale de 24 mois. Le CUE est un contrat de travail : lorsqu’un jeune entre chez nous, il est salarié et au bout du mois, il touche un salaire qui correspond au SMIC. Pendant ce contrat, nous le formons à la médiation sociale et il obtient, à l’issue de son contrat, un certificat de compétences en médiation sociale.

Quels sont vos critères de recrutement ?

Nous ne demandons pas de diplôme, ni d’expérience en médiation sociale mais nous recherchons des compétences particulières : une capacité à communiquer et un comportement irréprochable. Nous avons la possibilité d’accueillir des stagiaires pour un stage d’observation d’une semaine pour que la personne puisse découvrir le métier et voir si ce métier est fait pour elle. La médiation sociale demande des aptitudes particulières comme le calme et la maîtrise de soi, tout le monde n’est pas capable de faire ce métier.

Comment se déroule le CUE ?

C’est un aller-retour entre les moments où le médiateur travaille sur le terrain, avec son équipe, sous la responsabilité d’un chef d’équipe et des journées de formation dans nos locaux, environ une à deux par mois, où il est formé à la médiation sociale.

Que deviennent vos médiateurs à l’issue de leur contrat ?

Nous accueillons des médiateurs uniquement en CDD, mais nous réfléchissons à ce qu’ils peuvent devenir après. Nous avons des partenariats avec des transporteurs privés comme les Transports du Val Mantois, Véolia, Transdef, Eolis… : en sortant de Promévil, le médiateur peut être embauché par un transporteur car c’est un professionnel directement employable. Si vous avez le projet d’entrer à la SNCF, Promévil peut représenter un parcours possible grâce à ce que nous appelons « la passerelle Promévil SNCF », qui permet de devenir agent d’accueil Transilien en gare sans passer les tests de recrutement de la SNCF.

Plus largement, les compétences acquises chez Promévil sont des compétences que l’on peut mettre sur son CV et réutiliser dans les métiers de l’accueil, de la vente, de la sécurité, etc.

Propos recueillis par Patricia Holl à l'occasion des Rencontres professionnelles autour des métiers du social organisées le 9 février 2012 par l'association AVEC-Mission locale de Cergy et le CIJ 95.