Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Eliane Hubert

En charge du recrutement et de l’encadrement chez Familles Services, Saint-Ouen-l'Aumône (95)
Date de l'interview : 06/02/2012

Le métier d’auxiliaire de vie se professionnalise. C’est une vraie fonction sociale, une profession digne d’être reconnue.

Familles Services est une association d’aide à la personne employant une centaine de salariés, principalement des auxiliaires de vie. Eliane Hubert nous présente cette profession dont l’image est souvent éloignée de la réalité.

Quel est le rôle de l’auxiliaire de vie ?

C’est un métier que l’on peut aborder au départ avec simplement des compétences techniques dans le sens de l’aide-ménagère : on entretient l’environnement de la personne, fait ses courses et prépare ses repas. Mais on peut aussi l’aborder plus spécifiquement dans le sens de l’aide à la personne : on s’occupe de la personne parce qu’elle est dépendante, on l’aide dans ses soins d’hygiène et dans ses déplacements. Cela devient alors très technique parce qu’on s’appuie sur du matériel adapté qu’il faut savoir utiliser.

Le but de l’auxiliaire de vie est d’aider la personne à maintenir son autonomie pour qu’elle puisse rester chez elle le plus longtemps possible. C’est un métier porteur de sens. Quand on referme la porte, même si on a juste donné un coup de balai et vidé un pot, on sait que la personne, grâce à nous, est mieux. C’est gratifiant, ce qu’on fait a un sens. C’est une école de la vie.

Quels sont les publics pris en charge par l’auxiliaire de vie ?

L’auxiliaire de vie s’occupe des personnes âgées, mais aussi des enfants malades, parfois en fin de vie, des personnes handicapées, des personnes souffrant de maladies invalidantes graves… Cela demande une faculté d’adaptation importante.

Quelles sont compétences requises pour exercer ce métier ?

L’idée que l’on se fait du métier d’auxiliaire de vie est souvent éloignée de la réalité. Il s’agit d’une véritable profession qui demande une polyvalence de compétences. La plus basique est  la maitrise totale de la lecture, du calcul et du vocabulaire. Il faut également avoir le sens des responsabilités puisqu’on veille sur des personnes dépendantes,  une solidité physique et mentale importante et être capable de s’adapter, dans une même journée, à plusieurs personnes ayant des besoins différents.

Qu’est-ce qui est le plus difficile au quotidien ?

C’est un métier pénible car on va avoir un temps de travail élargi par les déplacements, mais aussi parce que les besoins de toutes les personnes dépendantes se situent aux 3 moments clés de la journée : le matin, le midi et le soir. Cela demande une grande disponibilité dans la journée. Il faut aussi accepter de travailler le week-end, en alternance.

Par ailleurs, l’auxiliaire de vie doit parfois affronter des situations d’urgence, des situations difficiles. Il faut être solide et aborder l’autre en se mettant à sa place. Si j’étais comment ça, comment j’aimerais qu’on s’occupe de moi ? Comment j’aimerais qu’on me touche, qu’on me parle ? Comment je me sentirais rassurée ?...  L’auxiliaire de vie doit avoir un positionnement de professionnel qui rassemble différents savoir-être : la politesse, la discrétion et le sens de l’écoute.

Comment sont recrutées les auxiliaires de vie de Familles Services?

Nous recevons des CV et des lettres de motivation que nous étudions  très sérieusement. Je  souligne que nous recrutons également des hommes, nous en comptons 4 parmi nos auxiliaires de vie.

Lorsqu’une demande de prise en charge d’une personne arrive, si aucune de nos salariées n’est en mesure d’y répondre, nous faisons entrer quelqu’un dans l’équipe. Mais il faut savoir qu’on ne démarre pas en travaillant à temps plein. On débute par exemple avec une mission de 2 heures par jour, 5 jours par semaine. On signe d’abord un CDD et, si tout se passe bien, si on a des retours positifs des familles, on signe un CDI.

Recrutez-vous des aides-soignantes et des aides médico psychologiques ?

Nous avons des aides-soignantes parmi nos salariés mais les aides-soignantes préfèrent souvent travailler en milieu hospitalier et dans les organismes de soins à domicile car dans la grille de salaire de la convention collective des organismes d’emploi d’aides à domicile, leur diplôme est moins bien rémunéré. Les aides médico-psychologiques peuvent également travailler comme auxiliaires de vie mais dans ce cas, elles ne s’occupent pas seulement d’enfants.

Le métier d’auxiliaire de vie se professionnalise. C’est une vraie fonction sociale et une profession digne d’être reconnue. Les auxiliaires de vie peuvent être fières d’exercer ce métier.

Propos recueillis par Patricia Holl à l’occasion des Rencontres Professionnelles autour des métiers du social, organisées le 6 février 2012 par l’association Avec-Mission locale et le CIJ 95.