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La reconnaissance du certificat de capacité d'orthophoniste à master 1 ne satisfait pas la profession

La reconnaissance tardive du diplôme d’Etat d’orthophoniste au niveau master 1 (bac + 4) ne suscite pas l’enthousiasme de la profession qui espérait le grade de master (bac + 5).


Le 13/12/2011

 

Le 28 octobre dernier, Xavier Bertrand, ministre de la Santé, et Laurent Wauquiez, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ont annoncé que la formation initiale des orthophonistes sera reconnue au niveau d’un master 1 (bac + 4) pour la délivrance du certificat de capacité permettant l’exercice professionnel. Les diplômés qui le souhaitent auront la possibilité de poursuivre en master 2 (bac + 5) pour se spécialiser et devenir orthophonistes praticiens avancés.

 

 

Le certificat de capacité d'orthophoniste (4 ans d’études) n’était jusqu’ici reconnu qu’à bac + 2.

 

Les professionnels, les étudiants, les enseignants et les chercheurs en orthophonie, soutenus par leurs organisations syndicales, se sont montrés déçus par la décision ministérielle car ils souhaitent une meilleure reconnaissance de leur formation dans le monde universitaire et obtenir la délivrance d’un master 2 conforme au cadre du LMD (licence, master, doctorat).

 

La présidente de la Fédération nationale des étudiants en orthophonie (FNEO), Albane Peaudecerf, rappelle que les étudiants revendiquaient depuis longtemps : un grade de master ; le passage de la formation de 4 à 5 ans, ainsi que son actualisation afin de garantir une prise en charge de qualité des patients ; et la création d’un concours commun pour l’entrée en formation. Il s’agit de mieux tenir compte des progrès de la recherche et de l’élargissement du champ de compétences des orthophonistes depuis les débuts de la profession.

 

Autre point de discorde : la Fédération nationale des orthophonistes (FNO) ne veut pas d'une orthophonie à deux vitesses avec deux niveaux de diplômes différents (M1 et M2). Ses représentants craignent la coexistence d’ orthophonistes généralistes ayant le droit de prendre en charge les pathologies courantes (retards de langage, dyslexie/dysorthographie... ) et de spécialistes, seuls habilités à s’occuper des pathologies plus complexes (autisme, surdité, laryngectomie...) et neurologiques (Alzheimer...). Cette spécialisation restreinte à un petit nombre de professionnels risque, de plus, de ne pas pouvoir répondre à la demande croissante d’une population vieillissante...

 

Enfin, l’évolution de la rémunération des orthophonistes est étroitement liée à la reconnaissance à master 2, même si moins de 20 % d’entre eux exercent dans la fonction publique hospitalière.

 

Annie Poullalié