Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Julien Bonnet

Créateur de mode, Paris (75)
Date de l'interview : 31/08/2011

Le problème, ce n’est pas de faire de belles robes, mais de communiquer autour…

Il n’a que 22 ans, mais sa carrière semble déjà bien lancée. Créateur d’une marque de vêtements haute-couture et lauréat de nombreux concours, Julien Bonnet représentera la France aux Olympiades des métiers, en octobre 2011 à Londres.

Quel est votre parcours scolaire ?

J’ai fait une classe de seconde arts appliqués car je voulais être architecte d’intérieur. Comme les cours ne m’intéressaient pas, je me suis réorienté vers un BEP métiers de la mode et des industries connexes (aujourd’hui remplacé par le bac pro métiers de la mode - vêtements). Je cousais déjà un peu, mais je ne peux pas dire que je savais vraiment coudre. J’ai donc beaucoup travaillé pouvoir entrer directement en 2e année de BEP.

Quels ont été vos premiers contacts avec le monde de l’entreprise ?

Après le BEP, j’ai fait un brevet technique vêtement création et mesure (niveau bac) au Lycée Elisa Monnier, à Paris. J’ai effectué plusieurs stages qui m’ont permis de travailler dans différentes maisons de couture : Christian Lacroix et Balenciaga en 1re année, Emmanuel Ungaro et Jean Doucet en 2e année. Après le BT, je suis entré à la Chambre syndicale de la couture parisienne où j’ai suivi une formation de modéliste en alternance chez Apostrophe - Georges Rech, une marque de prêt-à-porter de luxe.

Avant les Olympiades des métiers, aviez-vous déjà participé à des concours ?

Oui car les concours sont très importants. Ce sont des événements très motivants car on est en concurrence avec d’autres personnes, des gens plus forts que soi. C’est aussi un bon moyen de faire parler de soi puisque des pros sont présents. Les gens entendent votre nom une fois,  deux fois…  Et puis ils le connaissent ! J’ai commencé à participer à des concours dès le BEP. J’ai participé au concours du meilleur apprenti, aux trophées de la mode, aux révélations de la mode, aux olympiades des métiers…

Quelle est votre situation actuelle ?

Je travaille en CDI chez Apostrophe. Depuis 2009, j’ai également le statut d’auto-entrepreneur qui me permet de développer ma propre clientèle. Je fais des robes du soir et des robes de mariée, toujours en noir ou en blanc. Ce que j’aime, ce sont les drapés… Dans la mesure où je suis salarié dans la journée, je travaille pour moi le soir et le week-end. Je veux continuer à apprendre en travaillant dans une société et, un jour, ouvrir mon propre atelier.

Comment faites-vous connaître vos créations ?

Le problème, ce n’est pas de faire de belles robes, mais de communiquer autour…  Au départ, j’étais inscrit sur une plateforme de créateurs qui m’a apporté de nombreux contacts. Puis j’ai voulu créer mon propre site internet, http://www.julienbonnetparis.com/. En ce qui concerne les défilés, je gère tout moi-même car je n’ai pas les moyens de payer quelqu’un pour cela. Je trouve mes modèles sur internet, un groupe d’amis, de coiffeurs et de maquilleurs me rendent service... Un défilé, c’est 1 mois de préparation pour 10 minutes de présentation.

En quoi consiste la finale internationale des Olympiades des métiers, qui se déroulera à Londres en octobre ?

Le sujet nous a été communiqué 6 mois à l’avance, mais ce que nous devrons faire à Londres sera une variante de ce sujet. Il y aura 3 épreuves d’une durée totale de 21 heures : une veste à réaliser à partir d’un patron ; une jupe à créer en fonction de la veste et des indications qui nous seront données ; une reprise de cette veste que nous devrons « customiser »  à l’aide d’une boite magique qui contiendra des boutons, des paillettes, des plumes…  Pour me préparer, je travaille la technique car le jour de l’épreuve, il faut être sûr de soi. Sur 18 candidats, il n’en restera qu’un… Nous avons également bénéficié de 2 semaines et demi de préparation physique et morale à l’INSEP cet été.

Quels conseils donnez-vous aux jeunes qui souhaitent travailler dans la mode ?

De persévérer, de ne jamais désespérer. Même si j’ai de bons retours sur mes créations, rien n’est joué, tout reste à faire… Et peut-être que dans 10 ans, je ferai totalement autre chose, mais au moins, j’aurais tenté de réussir.

Propos recueillis par Patricia Holl