Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Yvette Campani

Directeur délégué de l’ESIV, Paris (75)
Date de l'interview : 02/05/2011

Les diplômés de l'ESIV peuvent exercer tous les métiers cadres qui concernent la fabrication du vêtement.

L'Ecole Supérieure des Industries du Vêtement (ESIV), établissement d'enseignement supérieur de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris (CCIP), forme les cadres de l’industrie du vêtement et de la mode. Yvette Campani nous présente les particularités de cette école atypique qui affiche un taux d’insertion de 95 %.

Pouvez-vous nous présenter l’ESIV ?

L’ESIV est « la plus petite des grandes écoles de la CCIP ». Elle accueille 36 étudiants par promotion pour une unique formation. C’est une école de mode particulière puisqu’elle est la seule à préparer à la double compétence technique et managériale dans les métiers de l’habillement. La formation dure 2 ans et elle est ouverte aux titulaires d’un diplôme de niveau bac + 3. L’école délivre le titre de  " Manager - Développeur produit de la Mode et de l'Habillement ". C’est un diplôme de niveau I, donc équivalent à bac + 5.

Quels sont les métiers exercés par les diplômés de l’ESIV ?

Ils peuvent exercer tous les métiers cadres qui concernent la fabrication du vêtement : responsable de collection, chef de produit, acheteur, responsable qualité, sourceur, responsable logistique, etc. Ils sont le plus souvent employés par des entreprises françaises, mais travaillent tous les jours avec les pays qui fabriquent les produits : l’Inde, la Chine, le Maghreb, l’Europe de l’Est, etc.

Quelle est la valeur ajoutée de ces cadres ?

Ce sont des managers qui connaissent les produits dont ils parlent. Dès la première année, on met les élèves à la machine à coudre. Vous ne pouvez pas négocier avec un fabricant si vous ne savez pas comment est fabriqué le produit. Lorsque nos élèves terminent leur formation, ils n’ont pas tout vu bien sûr, mais ils n’ont pas peur de discuter avec les fabricants et sont capables de mettre les mains à la machine à coudre pour montrer comment il faut faire.

Comment se déroule la formation ?

La première année, à temps plein, est consacrée à la technique. Organisés en mini-entreprise, les élèves doivent mener à bien toute une collection, de la création des silhouettes jusqu’à la livraison des vêtements. La seconde année se déroule en alternance (ou sous forme d’un long stage pour les plus de 26 ans et les étrangers hors CEE). Elle est tournée vers le management international.

Globalement, le programme pédagogique porte sur la conception et le développement des produits, la production industrielle, la logistique et les achats, la connaissance des matières d'oeuvre textiles, l’informatique, le droit, les langues, etc. L’anglais, de la mode et des affaires, est obligatoire. Cette année, nous avons mis en place également une initiation au chinois  car de nombreux fabricants sont en Chine, ainsi qu’à l’italien, l’Italie jouant toujours un rôle très important dans le prêt-à-porter de luxe.

Quel est le profil de vos étudiants ?

Il y a 3 « familles » d’étudiants dans nos promotions. Tout d’abord, il y a ceux qui viennent du « sérail » : certains ont fait une licence pro après un BTS Industrie des matériaux souples, d’autres sont issus d’une école de stylisme-modélisme, ou encore du lycée de la mode de Cholet (Maine-et-Loire). Nous accueillons également des diplômés d’écoles de commerce intéressés par les métiers de la mode et du vêtement. Enfin, nous avons des universitaires ayant le plus souvent travaillé dans le domaine des langues, et qui veulent joindre l’utile à l’agréable en travaillant dans la mode. Dans ce 3e groupe, on trouve aussi 2 ou 3 adultes en formation continue, qui souhaitent changer de cap professionnel, et des étudiants étrangers ayant une compétence similaire dans leur pays.
Nous sommes très attachés à ce mélange des profils.

Qu’apporte le fait d’être une école de la CCIP ?

Le lien avec les entreprises. Les entreprises viennent à nous et nous avons la garantie de pouvoir entrer en contact avec elles. Nous venons par exemple d’organiser une table ronde autour du candidat idéal avec les DRH de grandes marques telles Celio, Etam, Jean-Paul Gaultier…. Les entreprises font également partie du jury de soutenance du mémoire de nos 2es années.

Comment sélectionnez-vous les élèves ?

Les candidats nous remettent un dossier qui comprend une lettre de motivation et un CV. Nous leurs faisons ensuite passer quelques tests, notamment d’anglais et de vision dans l’espace. Puis nous les recevons en entretien. Nous les repoussons dans leurs derniers retranchements pour nous assurer qu’ils ne veulent pas devenir styliste ou modéliste, qu’ils ont compris l’objectif de la formation.
Nous recevons en moyenne 3 à 4 candidatures par place. Je précise que nous manquons de candidatures masculines : pour  l’année scolaire 2010-2011, nous n’avons que 4 garçons sur les 2 années ! Nous aimerions que la profession se remasculinise, comme c’était le cas  il y a quelques années. L’industrie du vêtement ne se limite pas au prêt-à-porter féminin. Il y a aussi la mode homme ou enfant, le vêtement sportif, les uniformes, le vêtement technique… La mode est un secteur qui offre beaucoup d’ouvertures. Pour la rentrée prochaine, nous acceptons les candidatures jusqu’au 15 juin.

Propos recueillis par Patricia Holl