Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Jean-François Bracq

Secrétaire général de CLUBTEX - Marcq-en-Baroeul (59)
Date de l'interview : 11/04/2011

Le textile technique français se porte bien avec une progression annuelle moyenne de 5 %.

Le réseau CLUBTEX réunit 65 entreprises spécialisées dans les textiles techniques. Son secrétaire général nous présente ce secteur mal connu du grand public, qui cristallise pourtant les espoirs de l’industrie textile française.

Qu’est-ce que le textile technique ?

Un textile technique est un textile traditionnel que l’on a transformé pour répondre à une fonctionnalité spécifique : anti-UV, anti-acariens, anti-bactéries, résistance à la chaleur ou à la traction, etc. C’est donc tout ce qui n’est pas habillement dans le textile, à l’exception des équipements de protection individuels (vêtements destinés aux militaires, sapeurs-pompiers, soudeurs, etc.)
Le textile technique est une filière transversale qui a des applications dans 12 secteurs d’activité : le BTP, les transports, le médical, l’agriculture,  les sports et loisirs, etc.

Cette filière est-elle importante en France ?

Il y a toujours eu du textile technique dans notre pays. Cependant, l’abandon de l’amiante a donné un coup d’accélérateur au développement de la filière car il a fallu trouver des alternatives à ce matériau.
Les principaux producteurs de textile technique sont le Japon, les Etats-Unis et l’Europe. La France est le 2e producteur européen après l’Allemagne. On estime que 400 entreprises françaises employant 20 000 personnes ont une activité dans ce domaine. Il s’agit essentiellement de PME d’une quarantaine de personnes très actives à l'international.
Le  textile technique français se porte bien avec une progression annuelle moyenne de 5 %. Contrairement à l’habillement, c’est une filière peu délocalisée car elle nécessite à la fois sérieux, technique et rapidité d’exécution.

La France est-elle active aussi dans le domaine de la recherche & développement ?

Oui. Les industriels, en collaboration avec les écoles et les centres de recherche, s’attachent à mettre au point de nouveaux produits. On estime qu’il faut environ 3 ans pour créer et développer un nouveau textile technique. En plus de cette activité de recherche appliquée, les entreprises font du développement continu pour adapter les produits existants aux besoins spécifiques de leurs clients.

Le marché de l’emploi est-il dynamique ?

Les entreprises embauchent. Elles recherchent principalement des ingénieurs, des technico-commerciaux spécialistes de l’export et parlant anglais, des techniciens « ayant la mécanique dans le ventre » (régleurs, etc.), et des ouvriers avec « des doigts de fées ».
Les 2 principales régions françaises productrices de textiles techniques sont  la région lyonnaise, avec 140 entreprises et 10 000 emplois, et le Nord-Pas-de-Calais, avec 150 entreprises et 9 000 emplois.

L’offre de formation initiale répond-elle aux besoins des industriels ?

Il y a plusieurs écoles de formation d’ingénieurs dans ce domaine, dont la principale est l’ENSAIT, à Roubaix (59), qui forme environ 150 ingénieurs textiles par an.

Un diplôme en chimie, en mécanique ou dans le domaine de la production industrielle peut être une porte d’entrée. Dans la plupart des cas, les entreprises forment ensuite elles-mêmes leurs salariés en fonction de leurs spécificités.  Par ailleurs, l’alternance est une bonne solution pour se spécialiser dans le textile technique.

Quels défis le textile technique devra-t-il relever dans les prochaines années ?

Le secteur est confiant pour l’avenir, mais la raréfaction des matières premières comme le pétrole est un gros souci pour les industriels. Pour l’avenir, nous espérons beaucoup des agro-ressources. Nous développons, par exemple, de nouveaux produits à partir du basalte, un matériau excellent au point de vue du comportement en température. Nous travaillons également sur des fibres composites, ainsi que sur les différents traitements que l’on peut appliquer au textile pour modifier ses propriétés.

Que diriez-vous aux jeunes qui s’intéressent au textile technique ?

Le textile technique est un métier passionnant. Les entreprises sont présentes tout au long de la chaîne du produit : elles créent, elles produisent, elles vendent… Ce sont des entreprises à taille humaine où il fait bon travailler. Pour réussir dans ce secteur, il faut être curieux et tenace. Comme c’est un marché de niche, il faut aussi savoir s’adapter.

Propos recueillis par Patricia Holl