Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Alain Briard

Fondateur du cabinet de recrutement ABCD+, Chelles (77)
Date de l'interview : 25/11/2010

La voie de la grande distribution doit être un choix mûrement réfléchi avec l'objectif de gravir les échelons et de s'en donner les moyens.

Après avoir occupé de nombreux postes dans la grande distribution, Alain Briard a fondé un cabinet de recrutement spécialisé dans ce secteur. Il partage avec nous son expertise en matière de recrutement des cadres de la grande distribution.

Pouvez-vous nous présenter le cabinet ABCD + ?

J'ai ouvert ce cabinet après avoir passé 22 ans dans la grande distribution et y avoir occupé tous les postes, chef de rayon, chef de département, adjoint de direction, directeur, responsable des achats en centrale, responsable des ouvertures, superviseur. Ayant fait le tour du « problème » et n'étant pas à l'époque satisfait des services des cabinets de recrutement ou de formation, je me suis décidé à ouvrir un cabinet après avoir fait une enquête auprès des principaux groupes de distribution pour comprendre leurs particularités, leurs différences et leur éthique. Nous faisons, avec mes collaborateurs, du "travail à la carte". Nous avons participé à 15 ouvertures de grandes surfaces clés en main (recrutements et formations). Nous sommes opérationnels sur le monde entier et travaillons avec tous les grands groupes qui font appel à nos services, quelle que soit l'enseigne. Nous sommes spécialisés dans les hypermarchés et supermarchés.

Les enseignes parviennent-elles à combler leurs besoins en cadres ?

La grosse difficulté actuellement est de trouver les cadres spécialisés dans les métiers de bouche : boulangers, pâtissiers, traiteurs, fromagers, bouchers, poissonniers, mais aussi des professionnels de la parfumerie et de la pharmacie. Pour le reste, pas de soucis majeurs. Ce n'est pas un problème de rémunération : celles-ci, en fonction de l'importance du point de vente, s'échelonnent de 2 600 € à 3 800 € bruts sur 13 mois, auxquels s’ajoutent les primes qui peuvent représenter 3 mois supplémentaires.

Faut-il un état d'esprit particulier pour réussir dans la grande distribution ?

Le plus important, c'est la motivation. Avant de mettre les pieds dans la distribution, il faut s'informer sur ce qui s'y passe ! Ceux qui y viennent par dépit, parce qu'ils n'ont pas réussi ailleurs, n'ont aucune chance. La voie de la grande distribution doit être un choix mûrement réfléchi avec l'objectif de gravir les échelons et de s'en donner les moyens. Néanmoins, il est impératif d'avoir le sens du commerce, le goût de la gestion, le sens de l'écoute et de l'observation, le goût du management humain. Il faut aussi être respectueux de l'autre et avoir une bonne communication. Il faut être mobile. Enfin, savoir se lever de bonne heure est indispensable : le cadre doit arriver avant son équipe, pas après. La grande distribution n'a plus de place pour les amateurs ! Les marges commerciales étant considérablement réduites depuis quelques années, la moindre erreur est fatale. La grande distribution a besoin de cadres qui savent réfléchir, compter et anticiper.

Le travail du cadre en supérette et en hyper est-il le même ?

Non, le travail en supérette et celui en hypermarché n'ont rien de commun. En général, les superettes n'ont pas de cadres, même le responsable du magasin est agent de maîtrise. Ce qui n'est pas le cas en hypermarché où le cadre a plus de responsabilités et d'autonomie. Dans une supérette, tout le personnel manutentionne la marchandise. Cela se passe différemment en hypermarché.

La grande distribution est-elle toujours un ascenseur social ?

Oui, le secteur reste un « ascenseur social » ; on peut toujours y faire de belles carrières. Nous avons des stagiaires qui sont devenus PDG, d'autres directeurs de magasins. Dans la grande distribution, "on fait son trou soi-même" : on n’attend pas que le directeur vous dise que vous êtes le plus beau et le meilleur. Il faut se fixer des échéances et faire le point avec le supérieur hiérarchique direct. Si on attend gentiment dans son coin, aucune chance d'évolution.

Quels conseils donnez-vous aux jeunes qui veulent intégrer ce secteur ?

Informez-vous sur les différentes formes de distribution et leurs différences. Ceci pour qu'au cours d'un entretien d'embauche, votre interlocuteur sente que vous avez des notions sur l'organisation, le fonctionnement, l'évolution de carrière, et que vous n'êtes pas venu comme un moustique attiré par la lumière.... Il faut aussi afficher ouvertement et sans réserve sa "motivation" et faire un choix personnel du type de produit sur lequel on aimerait être en contact. Il est important de noter que la meilleure école, ce sont les Produits Frais et, en particulier, les Fruits et Légumes. Si le candidat réussit sur ce secteur, tout le reste lui est accessible.

Propos recueillis par Patricia Holl, le 05/11/2010