Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

  • Actu
  • Brèves
  • Des propositions pour développer l’apprentissage

Des propositions pour développer l’apprentissage

Un travail de l’institut Montaigne et de Terra Nova détaille les différents freins au développement de l’apprentissage en France et fait une série de propositions pour les lever.


L’institut Montaigne et Terra Nova, ont décidé d’unir leurs efforts autour de l’apprentissage. Les deux « think tank » (laboratoires d’idées), aux sensibilités pourtant assez opposées, ont en effet publié le 22 mars dernier une note commune qui analyse les différents leviers qui permettraient l’essor de ce dispositif.

 

L’apprentissage : un enjeu pour l’insertion et la compétitivité


Les enjeux du développement de l’apprentissage sont multiples, rappelle ce travail. Pour les jeunes, il s’agit d’abord d’un mode de formation qui se révèle particulièrement efficace : à formation et diplôme équivalents, l’insertion de ceux qui ont suivi leur formation par la voie de l’apprentissage est 10 à 15 points supérieure à celle de ceux qui ont été formés par une voie strictement scolaire.

Pour la collectivité ensuite, l’apprentissage contribue à élever la qualification de la main d’œuvre active et donc à maintenir la compétitivité de l’économie des pays avancés. La Grande-Bretagne l’a compris, qui s’est engagée en 2010 dans un plan de développement de l’apprentissage lui permettant de passer de 400 000 à 800 000 apprentis en 5 ans. Or c’est également l’objectif affiché par la France depuis 30 ans sans résultats tangibles jusqu’ici, constatent l’institut Montaigne et Terra Nova.

 

Assurer une remise à niveau avant l’entrée en apprentissage


Un des freins au développement de l’apprentissage en France est qu’il n’est pas assez attractif pour les entreprises, jugent les deux think tank. Ceux-ci pointent notamment les freins des lourdeurs administratives, de l’implication insuffisante des entreprises dans la définition des formations, ou le coût encore dissuasif de l’apprentissage.

Un autre frein « plus grave et plus préoccupant » est la maîtrise insuffisante des compétences scolaires de base de certains apprentis, notamment aux niveaux V (CAP) et IV (Bac pro). Cette situation serait due au fait qu’une proportion significative des jeunes orientés vers l’enseignement professionnel en fin de collège le sont parce qu’ils ne maîtrisent pas les compétences de base en lecture, écriture et calcul.

Pour remédier à ce problème, la note suggère d’organiser un sas entre la sortie du collège et l’entrée en enseignement professionnel. Cette période serait consacrée à une remise à niveau des élèves, assurée hors de la structure scolaire traditionnelle (souvent rejetée par les jeunes) en mobilisant les différents dispositifs de prise en charge des jeunes en difficultés d’insertion.

 

Faire de l’apprentissage un réel mode d’accès aux études supérieur


L’apprentissage se révélerait aussi insuffisamment attractif pour les jeunes, avertissent les auteurs de la note. La rémunération des apprentis n’est pas en cause, celles-ci se révélant en France plutôt attractive (les apprentis Français peuvent espérer toucher en moyenne 787 euros par mois, contre 563 euros pour les apprentis allemand).

En revanche, l’apprentissage ne permet pas assez de poursuites d’études dans le supérieur. Pour les bacheliers professionnels, c’est même la raison principale du choix de la voie scolaire plutôt que de l’apprentissage (ceux-ci estimant qu’ils auront plus de chances de poursuivre ainsi des études après le bac).

Aussi est-il préconisé de faire de l’apprentissage un véritable « standard » de formation permettant aux élèves, sans quitter la filière professionnelle, d’atteindre des niveaux de qualification plus élevés.

 

Développer l’apprentissage dans les lycées professionnels


Le développement de l’apprentissage passe enfin principalement par la mobilisation des lycées professionnels, estiment l’institut Montaigne et Terra Nova. En effet, bien que ces établissements scolarisent 70% des effectifs engagés dans une formation professionnelle de niveau V et IV (740 000 élèves contre 320 000 dans les CFA), ils ne représentent que 10% des effectifs d’apprentis (40 000 sur 360 000).

Les lycées professionnels disposent des équipements et du personnel nécessaire. Pourtant l’accueil de davantage d’apprentis représenterait un coût financier certain, notamment car il nécessiterait de réorganiser les modalités de travail des enseignants (annualisation de leur temps de travail) et que ceux-ci devraient être dédommagés en conséquence.

Pour financer ces dépenses supplémentaires, la note suggère de mobiliser une partie des fonds de la formation professionnelle et de supprimer la fraction « hors quota » de la taxe d’apprentissage (destinée au financement des formations hors apprentissage). Pour une meilleure gouvernance de l’apprentissage, elle propose également de confier l’enseignement professionnel scolaire aux Régions, l’Etat ne conservant alors que des responsabilités de stratégie et d’évaluation.

 

Consulter la note de l’institut Montaigne et Terra Nova.


Raphaëlle Pienne