Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Mustapha Agoumellah

Superviseur principal d’exploitation à la RATP
Date de l'interview : 04/03/2016

La multitude d’intervenants venant du monde du transport apporte une réelle richesse à ce master et permet aux étudiants de se faire une idée assez précise de ce qui va les attendre une fois en poste.

Après un arrêt de ses études et une insertion professionnelle réussie, Mustapha a choisi de préparer un master Exploitation et développement des réseaux de transport public à l'université de Cergy-Pontoise. Un challenge relevé avec succès qui lui a permis d'évoluer au sein de son entreprise.

Quel a été votre parcours de formation après le bac ?

J’ai un parcours assez atypique puisqu’après l’obtention d’un bac B (appelé désormais ES) je me suis inscrit à un DEUG (bac + 2) de Sciences économiques et sociales à l’université de Paris X que je n’ai pas validé. Puis j’ai arrêté mes études et me suis lancé dans la vie professionnelle durant 12 ans. Ensuite j’ai repris mes études et ai fait une VAE pour valider, de par mes fonctions de manager, mes acquis d’expérience. J'ai ainsi obtenu une licence en aménagement du territoire.

Qu'est-ce qui vous motivait dans cette nouvelle formation ?

Le DEUG ne correspondait pas à mes attentes car il avait une tendance très forte pour les maths, c'est pourquoi je n’ai pas souhaité poursuivre dans cette voie. Ayant peu de visibilité sur la suite de mes études et ne sachant pas vers quoi ou vers qui me tourner, j’ai décidé d’interrompre ma scolarité jusqu’au mois de janvier 2013.

Vous avez obtenu un master 2 Exploitation développement réseaux transport public en 2015 à l'université de Cergy. Quels sont les objectifs de ce master ?

Les objectifs de ce master sont de préparer des étudiants à devenir les futurs cadres dirigeants des réseaux de transports urbain et interurbain comme le décrit parfaitement la page du master EDRTP. A l’issue de ce master les étudiants disposent d’une solide formation afin de pouvoir exercer très rapidement des fonctions de responsable d’exploitation, dans le ferré mais également dans le transport routier. Ce master intègre, en effet, des cours sur la règlementation routière et les outils permettant de devenir responsable d’exploitation au sein d’entreprise de bus et/ou cars. 

Quelles compétences et savoir-être avez-vous pu développer durant ce master ?

Comme je le disais précédemment, j’ai un parcours assez atypique. J’exerçais déjà en tant que manager dans mon entreprise mais j’étais limité dans le choix des postes à pourvoir. Je manquais également de certaines compétences ou plutôt de connaissances que le terrain ne pouvait pas m’apprendre ou du moins en n’allant pas aussi loin que des cours théoriques.

Ainsi, ce master m’a permis d’acquérir de solides bases concernant le droit, spécifiquement le droit du travail mais aussi des compétences en termes de gestion, de règlementation dans le domaine du transport, de démarche qualité. Si je devais retenir une compétence que ce master m’a apportée, ce serait cette capacité à se saisir d'une problématique et d'y faire face afin d’apporter une solution pérenne. Concrètement, afin de résoudre un problème, il convient d’en comprendre les origines et être en capacité d’analyser cette difficulté, de prioriser les actions et d’apporter une solution qui convienne, immédiatement si le problème est urgent, et une solution qui le règlera de manière définitive s’il se représente. La démarche qualité est également l'un des cours que j’ai le plus apprécié car il est immédiatement utilisable au sein de l’entreprise dans laquelle on travaille.

Ce master donne des éléments, des bases afin de savoir prendre du recul et se positionner en tant que dirigeant pour être en capacité de prendre des décisions après analyse. La multitude d’intervenants venant du monde du transport apporte une réelle richesse à ce master et permet aux étudiants de se faire une idée assez précise de ce qui va les attendre une fois en poste.

Comment s'est passée votre insertion professionnelle après l'obtention de ce master ?

J’ai eu la chance en accédant à ce master d’être déjà au sein d’une entreprise qui a financé ma formation puis m'a promu cadre d’exploitation. Ainsi, aujourd’hui j’exerce les fonctions de responsable d’exploitation en unité opérationnelle, sur le métro parisien, sur la ligne 4 pour être très précis. Même si je n’ai pas eu besoin de chercher un poste, je peux toutefois dire que grâce à ce master j’ai été promu.

Vous êtes superviseur principal d’exploitation à la RATP. Quelles sont vos principales missions ? 

Mes fonctions sur ce nouveau poste sont la gestion au quotidien des conducteurs et des agents de maîtrise sous ma responsabilité (au nombre de 109 pour les conducteurs et 14 pour les agents de maîtrise). J’assure le suivi et le pilotage des tableaux de bord afin de répondre aux objectifs fixés par le groupe en terme de production et d’offre de transport aux voyageurs. Ces objectifs sont contractualisés avec l’autorité organisatrice, le STIF.

Je m’assure également du suivi de la formation des conducteurs. Je mets en place des process afin de résoudre des problèmes ; je participe au recrutement de nouveaux collaborateurs, conducteurs, agent de station, et j’apporte mon expérience sur des projets qui permettront de moderniser la ligne 4 afin de la rendre, à terme, automatique au même titre que la ligne 1.

En quoi ce poste fait écho aux enseignements que vous avez suivis en master 2 ?

Ce master est assez exhaustif, puisqu’il dispense des cours sur des matières qui sont très proches de la vie en entreprise : gestion, démarche qualité, droit social et droit du travail, management, règlementation dans le domaine des transports, l’habillage/graphicage. Ce sont des acquis qui sont immédiatement utilisables pour la plupart. De plus, les nombreux intervenants apportent des témoignages qui sont très riches et permettent aux étudiants de se faire une idée somme toute très proche de ce qui les attendra par la suite.

A quoi ressemble votre quotidien professionnel ? 

Je débute ma journée aux environs de 8 h et je la termine vers 19 h. Cependant je n’ai pas d’horaires fixes, il m’est arrivé de commencer en même temps que la journée d’exploitation, c’est à dire 5 h du matin ou de finir ma journée tard dans la soirée vers 23 h en fonction de ce que j’ai à faire ou de ce que j’ai mis en place. Je ne travaille généralement pas les week-ends, sauf lorsque je suis d’astreinte, auquel cas je viens au travail soit le samedi soit le dimanche, ou même les 2 jours si les besoins du service le nécessitent. L’astreinte revient une fois tous les 2 mois et demi environ car nous nous la partageons entre tous les cadres de la ligne.

J’ai un bureau dans lequel j’effectue des tâches administratives mais mon rôle est essentiellement au contact de mon équipe - agent de maîtrise et conducteurs - pour faire passer les messages, pour m’assurer que tout le monde est là, qu’il n’y a pas de souci particulier. Je suis un chef d’équipe qui doit assurer une cohésion entre tous les intervenants dans la chaîne du transport ferroviaire.

Vous avez accepté de participer à une campagne de communication de l'université de Cergy mettant en avant quelques-uns des jeunes talents qu'elle a formés. Qu'est-ce qui vous a motivé pour participer ?

Me nommer jeune talent, est - je pense - un peu trop honorable pour moi, mais j’accepte la formule malgré tout ! Quoi qu’il en soit, j’étais très enthousiaste à l’idée de partager mon expérience et mettre en avant les possibilités qu’offre l’université, notamment celle de Cergy-Pontoise. Je pense qu’il est très important de promouvoir les parcours étudiants. J’ai pu en bénéficier à un moment dans ma vie professionnelle et cela m’a permis d’évoluer et d’obtenir un diplôme qui me permet d’exercer dans n’importe quelle entreprise de transport en France ou même à l’étranger si je souhaitais m’expatrier. Pour résumer, j’ai acquis grâce à ce master un bagage solide et je souhaitais sincèrement remercier tous ceux qui m’ont fait confiance pour intégrer ce master. Cela passe aussi par accepter, avec beaucoup de plaisir, de participer à ce genre de manifestation.

Quels conseils pourriez-vous donner à un(e) jeune souhaitant suivre un master dans le domaine des transports ?

Les étudiants se tournant vers ce master EDRTP font un choix judicieux, aussi le peu de conseils que je pourrais leur donner, c’est de profiter de l’expérience des intervenants, de garder l’esprit ouvert et de fournir un travail quotidien afin de bien suivre le rythme du master. Faire ce choix, c’est, de mon point de vue, se doter d’un diplôme de valeur qui fournira de vraies compétences, apportera de solides bases pour accéder rapidement à des fonctions de cadre d’exploitation. Aussi, il sera nécessaire de travailler dans une entreprise qui fera vraiment confiance aux étudiants qu’elle formera car ce master se fait en alternance. Les entreprises dans le secteur du transport sont régulièrement en recherche de personnels qualifiés aussi il est important de bien choisir son entreprise car généralement, elles recrutent souvent les personnes qu’elles forment à l’issue du master.

Propos recueillis par Sandrine Damie (mars 2016)
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