Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Aude Gumuchian

Associée dans un cabinet d'expertise-comptable
Date de l'interview : 26/01/2016

C’est un métier passionnant et protéiforme, qui demande des compétences très variées (techniques, humaines, littéraires) dans lequel on ne s’ennuie pas !

Zoom sur le parcours réussi d'une jeune femme experte-comptable.

Quel a été votre parcours de formation ?

J'ai décroché un bac S. Après une année de lettres classiques à la Sorbonne,  je me suis réorientée vers un DUT GEA à l’IUT de Saint-Denis, puis j'ai enchaîné par le DECF en alternance, le DESCF en formation intensive et enfin le DEC à l’INES. 

Après des débuts d'études en lettres, vous vous tournez vers l'expertise comptable. Qu'est-ce qui vous attirait dans ce domaine ?

J’ai choisi ce domaine parce qu’il me permettait de concilier technique (chiffres et droit), rapports humains avec un petit côté littéraire, puisque nous sommes amenés à rédiger. 

Quelle était alors votre 1re mission en tant que salariée ?

J’étais stagiaire (pour finir mon DUT GEA) chez un client du cabinet, l’expert-comptable m’y a repérée et m'a proposé de faire mon DECF en alternance chez lui. Je faisais alors de la saisie comptable, des déclarations de TVA et de la préparation de dossiers de bilan principalement.

 Aujourd'hui vous êtes associée dans un cabinet d'expertise-comptable (celui où vous avez fait vos premières armes). En quoi le fait de devenir associée vous semblait une étape indispensable dans votre parcours professionnel ?

Entrée chez AGH en alternance pour préparer mon DECF, j’y suis devenue expert-comptable stagiaire, puis mon maître de stage, en partant à la retraite, m’a cédé ses parts. A partir du moment où j’ai décidé de devenir expert-comptable, il me semblait un peu dommage de ne pas être associée. Autant aller au bout de la logique : avoir des responsabilités, mais l’indépendance qui va avec ! 

Qu'aimez-vous dans le statut d'associée ?

L’indépendance ! L’intérêt du travail, la variété des sujets traités. Manager des équipes. Gérer son entreprise. Rencontrer tout un tas de gens intéressants. La liste n’est pas exhaustive !

J'aimais l'idée de me mettre à mon compte, mais ne aussi de ne pas être seule. J’ai deux associés, un expert-comptable stagiaire, et des collaborateurs fiables sur lesquels m’appuyer. 

A quoi ressemble votre quotidien aujourd'hui ?

Mon rôle étant de gérer les « soucis », aussi bien chez les clients que dans le cabinet, il est difficile de décrire une journée type. 

En interne, il me faut gérer les plannings des collaborateurs, répartir le travail, superviser la gestion interne du cabinet (qui reste une entreprise comme les autres). J’ai de fréquents déplacements chez les clients (chez qui je passe plus de la moitié de mon temps, à 90 % sur Paris et en proche banlieue). 

Lorsque je suis au cabinet, je supervise les dossiers que les collaborateurs me présentent. 

En dehors des compétences en droit et finance, quels sont les savoir-être incontournables pour réussir dans l'expertise-comptable ?

Il faut avoir un peu de psychologie pour gérer les clients et les équipes, un bon esprit de synthèse (il faut avoir une vision transverse du dossier pour bien le traiter), quelques qualités littéraires pour écrire les rapports et courriers que nous devons produire, et de la curiosité pour comprendre ce que font les clients (leur métier) et lire la documentation pour se tenir à jour. 

Quelle place donnez-vous aux nouvelles technologies dans votre métier ?

Les nouveautés technologiques permettent des gains de productivité et une meilleure communication avec le client, une façon de faire la différence par rapport aux autres cabinets. La place que je donne aux nouvelles technologies est centrale car c’est elle qui permet les gains de productivité, notamment sur la saisie et la présentation des données chiffrées au client. 

Quels conseils pourriez-vous donner à des jeunes intéressé(e)s par l'expertise-comptable ?

Les études sont longues, mais sont une suite de diplômes qui ont chacun de la valeur, et permettent de s’arrêter en chemin sans être déqualifié. En faire une partie en alternance permet de rendre ce diplôme accessible à ceux qui n’ont pas la chance de pouvoir être entretenus par leurs parents passé 20 ans… et cela permet aussi de découvrir le métier. C’est un métier passionnant et protéiforme, qui demande des compétences très variées (techniques, humaines, littéraires) dans lequel on ne s’ennuie pas, qui a malheureusement une image assez terne, à l’opposé du quotidien de l’expert-comptable ! et il y a du travail ! Le diplôme français est bien reconnu à l’étranger. 

Propos recueillis par Sandrine Damie (janvier 2016)