Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Stanley Geneste

Consultant en urbanisme et en aménagement, Société GUAM
Date de l'interview : 09/12/2015

Je conseille aux jeunes qui veulent devenir urbanistes de faire le maximum de stages durant leurs études.

Le métier d’urbaniste recouvre des fonctions multiples, qui peuvent être exercées auprès de différents employeurs, comme l’illustre le riche parcours professionnel de Stanley Geneste.

Pouvez-vous nous décrire votre parcours d’études ?

Je voulais être urbaniste depuis le lycée. J’ai suivi une formation universitaire classique, d’abord en géographie à l’université de Nanterre puis en urbanisme à l’Institut Français d’Urbanisme (IFU)*.  

Après quelques années d’expérience professionnelle, j’ai repris des études en cours du soir pour obtenir un diplôme de l’Institut de la construction et de l’habitation (ICH). Je m’étais en effet rendu compte qu’il serait mieux  d’avoir une double compétence. Comme j’exerçais dans le domaine de l’aménagement, avec des constructeurs, il me paraissait important de mieux comprendre comment ceux-ci travaillaient.

*En septembre 2015, l’Institut Français d’Urbanisme a fusionné avec l’Institut d’Urbanisme de Paris pour devenir l’Ecole d’Urbanisme de Paris (EUP).

Quelles ont été vos expériences professionnelles ?

J’ai toujours exercé mon activité d’urbaniste en tant que maître d’ouvrage.  J’ai commencé à travailler pour une collectivité, à l’occasion d’une opportunité qui s’est présentée pendant mes études, en tant que chargé d’études pour les quartiers Politique de la ville. A la suite de cette expérience, après avoir tenté sans succès les concours pour travailler pour les collectivités, je me suis orienté vers l’opérationnel. J’ai travaillé durant 10 ans pour des sociétés d’aménagement. Je pilotais la réalisation d’opérations d’aménagement.

Au fil de ces années, il y a eu des changements importants dans le contexte de l’aménagement. D’autres problématiques ont émergé, notamment  les difficultés croissantes pour les collectivités d’acquérir du foncier, en raison de la hausse des prix des terrains et de l’intervention en secteurs urbanisés.  C’est pourquoi j’ai souhaité acquérir une expertise foncière. Dans cet objectif, j’ai intégré un établissement public foncier où je suis resté durant 4 ans.

Enfin, après ces 15 années d’activité salariée, j’ai décidé de me lancer à mon compte en créant ma propre société de conseil.

En quoi consiste votre activité actuelle ?

Dans le cadre de la société que j’ai créé, le cabinet GUAM, je réalise plusieurs activités de conseil, auprès de collectivités ou de constructeurs faisant de l’aménagement. J’apporte un appui pour la maîtrise d’ouvrage, en délivrant un conseil en ingénierie financière ou pour la mise en place d’outils et de procédures pour les opérations d’aménagement. Il m’arrive également d’apporter une assistance à la conduite de projet.

Au quotidien, ces activités m’amènent à me déplacer régulièrement, pour rencontrer des clients ou des partenaires. En effet, lorsque je travaille pour des collectivités en particulier, je dois généralement travailler en groupement avec d’autres professionnels (architectes, paysagistes…) pour répondre à des appels d’offres.

Un autre volet de mes activités est la formation. J’interviens comme formateur auprès d’adultes sur mes différents domaines d’expertises : le foncier, les montages opérationnels, etc.

Au vu de vos différentes expériences, on se rend compte que le métier d’urbaniste peut s’exercer de bien des manières différentes …

On peut effectivement distinguer plusieurs « spécialités » parmi les urbanistes. D’abord les urbanistes « planificateurs », qui font de la planification. Ils mènent une réflexion à grande échelle, aux côtés des commanditaires ou des maîtres d’ouvrages. Ensuite, il existe des urbanistes « concepteurs », qui ont souvent également une formation en architecture. Ils travaillent généralement au sein de cabinets d’architectes ou de paysagistes.

On peut citer également les urbanistes « producteurs », impliqués dans la réalisation d’aménagements pour des collectivités publiques ou des opérateurs immobiliers. Enfin, il y a les urbanistes « gestionnaires », qui travaillent généralement au sein des collectivités, et sont en charge par exemple de l’instruction des autorisations d’urbanisme, du suivi des habitants une fois le projet d’aménagement terminé, etc.

Le développement du numérique va sans doute aussi faire apparaître de nouveaux métiers dans le champ de l’urbanisme. Je pense par exemple à cette initiative découverte récemment, la plateforme numérique « plateau-urbain », qui met en relation propriétaires, utilisateurs et collectivités pour répondre à la problématique des surfaces vacantes en Ile-de-France.

Qu’est-ce qui vous plait dans le métier d’urbaniste ?

L’urbanisme a toujours été une passion. J’ai effectué mon métier dans différents cadres, mais de manière constante j’apprécie de pouvoir intervenir sur la ville. Il y a une dimension sociale, car nous proposons un cadre de vie. De plus, ce que fait l’urbaniste est quelque chose de concret, qui se traduit ensuite physiquement sur le terrain.

Quelles qualités faut-il avoir pour exercer cette profession ?

Le métier d’urbaniste demande une certaine humilité, d’abord vis-à-vis des habitants d’un territoire ou d’un quartier dont il faut savoir tenir compte des attentes. Il faut ensuite avoir de l’humilité par rapport à la décision politique. Il faut également être passionné, être curieux et se tenir au courant de ce qui se fait ailleurs.

Est-ce difficile de trouver un emploi d’urbaniste ?

Le contexte est un peu difficile actuellement. Les collectivités ont moins de moyens en raison de la baisse des financements publics. Dans le privé, la conjoncture immobilière est également assez morose. Aussi, je conseille aux jeunes qui veulent devenir urbanistes de faire le maximum de stages durant leurs études. Certaines écoles d’urbanisme ont aussi un réseau d’anciens élèves bien développé, qui peut être très utile dans la recherche d’emploi.

Enfin, il me semble judicieux d’acquérir une double compétence. Le diplôme d’urbaniste est très généraliste et il peut être utile d’entreprendre une seconde formation, soit pendant ses études, si l’on a déjà une idée du domaine dans lequel on souhaite exercer, soit après quelques années d’expérience professionnelle.

 

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne