Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Saïd Benhamana

Directeur du CFA compagnonnique de Saint-Thibault-des-Vignes, Directeur de la FCMB d’Ile-de-France
Date de l'interview : 09/12/2015

La plupart de nos formateurs sont des compagnons. Ils ont l’amour de leur métier et sont guidés par une recherche de l’excellence.

Le CFA de Saint-Thibault-des-Vignes (77) forme à différentes spécialités du bâtiment. Son directeur nous présente les spécificités de son établissement, dont les enseignements reposent sur les valeurs du compagnonnage.

Pouvez-vous nous présenter votre établissement ?

Notre établissement est l’un des centres de formation de la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment (FCMB), ou « Compagnons du Tour de France ». Il en existe une vingtaine, répartis dans toute la France. 

Nous sommes un centre de formation en apprentissage (CFA), qui prépare aux diplômes du CAP et du BP (brevet professionnel) dans différentes spécialités du bâtiment : menuiserie, plomberie, couverture, maçonnerie, peinture et charpente.

Nous proposons également de la formation continue : des formations à destination des demandeurs d’emploi et des modules courts de formation à destination des professionnels. Nous organisons également des chantiers-écoles, en partenariat avec les collectivités ou les missions locales. Un projet de chantier-école vient par exemple de commencer à Chelles (77), avec une douzaine de jeunes, pour rénover la villa Max.

Saint-Thibault est un CFA compagnonnique, cela veut-il dire que tous les apprentis deviennent compagnons ?

Non, la majorité des jeunes que nous accueillons nous ont choisi parce que nous sommes un établissement de proximité. Sur les 300 apprentis du CFA, seuls 20 % environ choisissent de s’engager chaque année dans la voie du compagnonnage. C’est une proportion qui nous convient très bien. Néanmoins l’ensemble de notre projet d’établissement s’appuie sur les valeurs du compagnonnage.

Comment cela se traduit-il ?

La plupart de nos formateurs sont des compagnons. Ils ont l’amour de leur métier et sont guidés par une recherche de l’excellence. Nous nous efforçons de transmettre ces valeurs à nos apprentis. Chaque année  plusieurs apprentis du CFA de Saint-Thibault sont primés au concours « Meilleurs apprentis de France » (MAF). L’an dernier, un de nos anciens apprentis a même remporté la médaille d’argent à la compétition internationale « WorldSkills » au Brésil. Notre CFA est également ouvert sur l’extérieur et promeut la curiosité culturelle. Chaque année, nos apprentis participent par exemple à l’initiative des « ApprentiScènes », organisée par la région, ou au concours « Poésie en liberté ».

Comment recrutez-vous vos apprentis ?

Nous organisons un test de positionnement, pour évaluer la maîtrise par le jeune des matières générales (mathématiques, français,...), mais aussi surtout un entretien de motivation avec le formateur référent. Nous recherchons en effet des jeunes motivés et intéressés par le métier qu’ils ont choisi. Ensuite, nous les aidons à trouver une entreprise d’accueil. A partir du mois d’avril, nous mettons en place des ateliers de technique de recherche d’emploi (rédaction du CV et de la lettre de motivation, ciblage des entreprises...) et accompagnons la recherche d’entreprise. Enfin, tout au long de l’apprentissage, nous effectuons un suivi, aussi bien du côté des apprentis que des employeurs. Notre méthode a des résultats : nous avons un taux de ruptures très faible, de seulement 5 %, et de très bons taux de réussite aux examens, de plus de 85 %.

Comment se déroule le parcours de vos apprentis qui choisissent de devenir compagnons ?

Nos apprentis qui souhaitent devenir compagnons candidatent auprès d’une des sociétés compagnonniques, membres de la FCMB, correspondant au métier choisi (menuisier, charpentier…). Si leur candidature est validée, ils peuvent entamer leur « Tour de France ». Celui-ci débute tout de suite après l’obtention de leur CAP. Ils sont alors envoyés aux quatre coins du pays : à Marseille, Arras, etc. La journée ils travaillent dans une entreprise et le soir ils rentrent au « Siège », où ils sont hébergés. L’habitat en collectivité est obligatoire : cela renvoie aux valeurs du compagnonnage. Le soir et le week-end, ils suivent aussi des cours de théorie (de mathématiques, français, dessin…) et des ateliers  pour réaliser des Maquettes.

Durant leur Tour de France, les jeunes changent de ville une fois par an. Tous les deux ans, ils réalisent une Maquette, puis à la fin de leur formation présentent un « Chef d’œuvre ». Ce parcours dure plusieurs années : quatre ans, cinq ans, six ans, voire parfois sept ans. A son issue, ils ont acquis un niveau technique supérieur.

Mais un compagnon ne se distingue pas seulement par ses compétences techniques. Comme je l’évoquais, ce qui est attendu de lui c’est avant tout des valeurs. Durant leur formation les jeunes apprennent la tolérance, le vivre ensemble.  La mobilité permet aussi d’aller à la découverte de l’autre, d’entretenir la curiosité, de métier et culturelle. 

 

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne