Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Laurent Ricard

Responsable de formation - Université de Cergy-Pontoise
Date de l'interview : 03/12/2015

Le mode projet renforce la pédagogie « par le faire » et les aide à se structurer en mini équipes, se poser des questions, à chercher les bases dont ils ont réellement besoin.

Zoom sur la licence professionnelle Développeur web et multimédia option Objets connectés et ses débouchés.

Dans quel contexte la licence professionnelle Développeur web et multimédia option Objets connectés a-t-elle été créée ?

La licence professionnelle Développeur web et multimédia a été créée il y a plus de 10 ans avec deux autres licences professionnelles (Communication et WebDesign). Elle a fait peau neuve il y a 5 ans en étant confiée à Emmanuelle Roux puis à moi. Elle s’est rajeunie tant avec l’équipe qu’avec le programme. Nous sommes maintenant installés sur le site de Gennevilliers, et travaillons sur des méthodes pédagogiques véritablement basées sur le « faire », le partage et le questionnement. 

Quels sont les profils des étudiants qui s'inscrivent dans cette licence ?

Nous recrutons essentiellement sur entretien des personnes curieuses ayant un projet personnel et professionnel. Les diplômes et le parcours importent peu, si le candidat a le niveau technique exigé en entrée (assez « pointu » déjà). 

Nous avons cette année un étudiant issu de l’école Simplon, par exemple, et avons accueilli des retraités, et d’autres profils atypiques. La formation étant modularisée, certains enseignements de spécialisation (Internet des objets et applications mobiles) peuvent se faire sous forme de diplôme universitaire ouvert à la formation professionnelle continue, en mêlant étudiants et apprenants extérieurs. Sinon, les candidatures les plus courantes sont issues de DUT (MMI assez souvent) et BTS (IRIS). 

Quelle est la part des femmes dans les effectifs de cette année ?

Nous visons la parité, mais c’est un combat. La promotion 2015-2016 bénéficie de la présence de 4 femmes sur un effectif total de 17. 

La formation se fait en alternance. Accompagnez-vous les étudiants dans leur recherche d'entreprise ?

Nous n’accompagnons pas directement nos étudiants, mais il va de soi que nous leur donnons des pistes auprès d’entreprises avec qui nous travaillons régulièrement. Les entreprises embauchent souvent leur apprenti, de fait elles ont rarement les ressources pour reprendre un apprenti l’an suivant. 

Quelles sont les compétences professionnelles développées au cours de la formation ?

En sus des compétences techniques attendues d’un développeur / chef de projet web, mobile et internet des objets, nous nous axons beaucoup sur le savoir être. Nos étudiants sont recrutés essentiellement sur leur curiosité intellectuelle et leur appétence. Nous les professionnalisons en leur apprenant à apprendre (les technologies évoluent vite), à travailler en équipe, à faire de la veille, à être autonome et responsable, et force de proposition. En d’autres termes, nous ne formons pas des « techniciens du code » qui se spécialisent dans une technologie, mais plutôt des experts agiles. Dit comme cela, c’est pompeux. En pratique, ça marche.

Quelles sont les spécificités de l'option Objets connectés ?

Nous partons du postulat qu’Internet va bien au-delà des ordinateurs et des téléphones mobiles et que demain (en fait, à ce jour déjà) il percolera dans tous les objets du quotidien. Les étudiants sont donc amenés à inventer leur futur métier et à imaginer des objets connectés, puis à les réaliser.

Pour ce faire, ils travaillent dans le FacLab, le FabLab de l’UCP, où ils vont non seulement programmer mais concevoir, modéliser, et fabriquer de vrais objets, en utilisant les machines mises à disposition dans l’espace (imprimantes 3D, fraiseuses, découpeuses laser, machines à coudre, etc.). Les cartes Arduino ou Raspberry Pi sont mises à profit, ainsi que toutes sortes de capteurs et d’actionneurs. Le mode projet est ici central à la spécialisation (les 120 heures sont en général dépassées par beaucoup de travail personnel). 

La réalisation de projets, seul ou en équipe, est un axe fort de votre formation. Pourquoi avez-vous fait ce choix ?

Les technologies évoluent très vite et un cours figé est hors de question. Nos intervenants sont là pour amener leur expertise et guider les étudiants qui doivent explorer, découvrir leurs propres outils, acquérir rapidement de l’autonomie. Le mode projet renforce la pédagogie « par le faire » et les aide à se structurer en mini équipes, se poser des questions, à chercher les bases dont ils ont réellement besoin. 

Par ailleurs, des étudiants en début d’année se déclarent volontaires pour être chefs de projet tout au long de l’année, et je les coache au cours des divers projets pour leur faire acquérir les bonnes méthodes en environnement réel. Les projets (4 au long de l’année, dont le dernier, dit de synthèse) sont tous différents, il n’y a donc pas de concurrence. Plus on avance dans l’enseignement, plus de vrais clients en proposent, avec leurs problématiques et livrables spécifiques. 

Quels sont les débouchés / types de postes visés par vos étudiants ?

Les étudiants sont de purs développeurs internet (pas de webdesign ou d’intégration). Beaucoup intègrent des entreprises créatives (éditeurs, agences), start-ups, etc. Chaque année, plusieurs débutent leur carrière directement en tant que chef de projet. 

Quel est le taux d'insertion des jeunes diplômés à la sortie de la formation ?

100 % pour ceux qui décident d’aller travailler, ce qui est le but de toute licence professionnelle, avec un salaire supérieur de 10 % à la moyenne selon le CFA Union. On notera cependant que chaque année, des étudiants rejoignent des masters (1/4 à 1/3 de la promo). 

Propos recueillis par Sandrine Damie (décembre 2015)
Crédit photo : © Ophelia Noor