Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Edouard De Penguilly

Président d’Initiative Ile-de-France
Date de l'interview : 25/11/2015

Les femmes sont créatrices et innovantes, il convient donc de lever les obstacles nés d’une approche certainement plus traditionnellement prudente face au risque de l’entreprenariat.

Zoom sur Créatrices d’Avenir qui a pour objectifs de soutenir l’entrepreneuriat des femmes comme levier d’ascension sociale, et de participer à la levée des freins qui rendent beaucoup de femmes réticentes à se lancer dans la création d’entreprise.

Pouvez-vous nous présenter Initiative Ile-de-France ?

Initiative Ile-de-France est un réseau de 15 associations, membre d’Initiative France, 1er réseau de financement et d’accompagnement des entrepreneurs en France, qui a pour mission de soutenir financièrement le développement des initiatives économiques locales en facilitant la création, la reprise ou la croissance des entreprises (TPE-PME). Son métier, au service des entrepreneurs, est de conseiller les porteurs de projet, accompagner l'élaboration du montage financier des projets, mobiliser des fonds sous forme de prêts d'honneur à taux 0 % pour faciliter l'obtention de prêts bancaires, mais aussi suivre et parrainer les entreprises financées. 

Seul 1/3 des entrepreneurs sont des femmes. Qu'est-ce qui freine, selon vous, la création d'entreprise chez les femmes ?

C’est avec beaucoup de prudence qu’un homme doit aborder la réponse à cette question, une femme est plus légitime à y répondre. Toutefois, je peux vous faire part de ma lecture qui tient compte de nos observations : les projets portés par des femmes embrassent la totalité des fonctions entrepreneuriales présentes dans l’économie, on ne peut donc pas voir dans cette direction, en revanche on peut constater que les femmes font des choix différents sur l’approche de l’entreprenariat et que c’est dans cette différence d’approche que l’on trouve certainement « une retenue » limitant l’engagement des femmes. Même s’il est souvent tabou d’évoquer ces questions, on ne peut pas sous évaluer le poids de l’histoire sociale dans son influence sur une démarche entrepreneuriale au féminin. 

Quels sont les leviers à mettre en place pour susciter des vocations d'entrepreneuses ?

Les femmes sont créatrices et innovantes, il convient donc de lever les obstacles nés d’une approche certainement plus traditionnellement prudente face au risque de l’entreprenariat. Trois actions, mais elles ne sont pas exhaustives, peuvent permettre de libérer l’esprit créatif et innovant des femmes et restreindre l’autocontrôle prudentiel : d’abord la valorisation et le témoignage des réussites féminines tant pour elles-mêmes que pour l’économie en général, c’est là l’ambition de « Créatrices d’Avenir », ensuite la gestion de la sécurisation de la démarche entrepreneuriale en accompagnant au mieux les créatrices dans la phase du montage et de mise au point de leur projet, enfin en montrant que la spécificité des démarches féminines sont un plus pour la société, la vie sociale et la nouvelle économie. 

Dans quel contexte le concours Créatrices d'Avenir a vu le jour ?

Créatrices d’Avenir a été créé en 2011 par la Préfecture de Paris et d’Ile-de-France, la Caisse des Dépôts et la Région Ile-de-France dans le cadre de leur stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes. 

Quels sont les objectifs de ce concours ?

A travers la mise à l’honneur de dirigeantes d’entreprise qui ont réussies et leur prise de parole dans les médias, Créatrices d’Avenir a pour objectifs de soutenir l’entrepreneuriat des femmes comme levier d’ascension sociale, et de participer à la levée des freins qui rendent beaucoup de femmes réticentes à se lancer dans la création d’entreprise, en particulier dans des secteurs où on le les attend pas toujours. Ce sont là autant d’actions de sensibilisation et d’information à destination d’un public féminin qu’il est nécessaire de mener. 

Qui peut participer ? Combien avez-vous reçu de candidatures pour l'édition 2015 ?

Pour l’édition 2015, ont pu participer toutes les femmes dirigeantes ayant créé, repris ou développé une entreprise en Ile-de-France dont les statuts ont été déposés le 30 juillet 2015 au plus tard, et qui détiennent à elle seule ou avec d’autres femmes plus de 50 % des parts. Cette année, nous avons reçu 134 candidatures parmi lesquelles nous mettons en avant, six projets révélateurs de la spécificité et de l’innovation de l’entrepreneuriat féminin. Face à cette concurrence entre des projets de très grande qualité, le choix a été difficile.

En quoi ce concours peut booster le parcours de ces entrepreneuses ?

Concourir à un prix oblige à formaliser ses idées, à parler de son projet de manière percutante et synthétique. Il s’agit d’un réel exercice ! Outre la récompense financière qui a permis à certaines lauréates un confort de trésorerie ou des investissements, le concours « Créatrices d’Avenir » fournit, à travers ses jurys, une expertise de la démarche entrepreneuriale des candidates. Celle-ci agit sur les lauréates comme une garantie de sérieux et de crédibilité auprès de leurs futurs clients et partenaires. Remporter le concours apporte également une visibilité et un rayonnement dans la presse.

Quel bilan tirez-vous des éditions précédentes ? Que deviennent les anciennes lauréates ?

Avec cinq éditions à son actif, le bilan est très positif car Créatrices d’Avenir est devenu l’un des plus importants concours d’Ile-de-France dédié aux femmes qui entreprennent, quel que soit leur âge, secteur d’activité ou leur appartenance ou non à un réseau. Il a également su fédérer un important réseau d’acteurs agissant pour la promotion de l’entrepreneuriat des femmes.

Nous suivons attentivement l’évolution de nos anciennes lauréates. Pour n’en citer que trois de l’édition précédente : Faustine Zanetta-Monti (Al Di Sopra) développe une série courte pour Arte, Ariette Frangi (Elicci) est en train d’ouvrir une troisième antenne en France pour accompagner les familles dans la personnalisation des cérémonies d’obsèques, et Coline Debayle (Artips), après avoir été sélectionnée par le French American Lab pour participer à un programme d’accélération à New-York, vient tout juste de sortir son application mobile de « dose d’art au quotidien ». 

Propos recueillis par Sandrine Damie