Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Elina Le Gourvellec

Orthophoniste, Clairefontaine-en-Yvelines (78)
Date de l'interview : 04/11/2015

Je conseillerais de faire une prépa afin d’être mieux préparé et d’augmenter ses chances de réussite au concours.

Orthophoniste fraîchement diplômé, elle exerce depuis peu en libéral.

Quel est le champ d’action d’un orthophoniste ?

On s’adresse aux personnes de 0 à 99 ans ayant des troubles de la communication. Chez les bébés, on intervient auprès des enfants prématurées ayant des problèmes au niveau de la sphère orale, par exemple suite à une intubation. Après un tel événement, la bouche est associée à une sensation traumatisante. On intervient pour réinvestir la bouche comme zone de plaisir, notamment avec des massages.

Chez les enfants on intervient sur le développement du langage, en cas de retards ou de troubles articulatoires, ainsi que sur les débuts de l’écriture, pour lesquels on réalise un accompagnement en fonction des difficultés. On travaille sur la lecture, les problèmes orthographiques, le calcul, les troubles logico-mathématiques. On agit aussi sur les troubles structurels de la pensée, de réflexion, de classification, … Ceci afin de leur permettre de rentrer de la meilleure manière dans l’apprentissage.

Enfin, chez les adultes, on peut être amené à travailler sur des troubles de la voix. Par exemple avec des professeurs qui se retrouvent à avoir des aphonies ou la voix cassée. On travaille avec eux sur le geste vocal approprié à avoir afin de préserver leur voix. On agit également en post chirurgie ORL, afin de permettre aux patients de récupérer leur voix ou, si ce n’est pas possible, en les accompagnant afin de trouver un autre moyen de communiquer. C’est également ce que nous faisons avec les patients ayants eu un AVC, on les aide à trouver une communication.

On peut aussi être amené à travailler avec des personnes atteinte des maladies de Parkinson, d’Alzheimer, avec des traumatisés crâniens, des bègues, et de nombreuses autres pathologies pouvant toucher tous les âges. Bref le champ d’action est très large.

Quelles sont les études qui mènent au métier d’orthophoniste, comment y accède-t-on ?

J’ai intégré une école d’orthophonie, qui est rattachée à la faculté de médecine. Le concours d’entrée est assez difficile, avec peu de places pour de nombreux candidats. Je conseillerais de faire une prépa afin d’être mieux préparé et d’augmenter ses chances de réussite au concours. En ce qui me concerne, j’ai tenté le concours une première fois, avant tout pour voir comment cela se déroulait. Ça m’a alors convaincu de faire une prépa pour m’apporter plus de cadrage dans ma préparation.

La formation d’orthophoniste est en pleine mutation, comment cela se passe-t-il ?

En ce qui me concerne j’ai été diplômé en 2015, après quatre ans d’études, reconnues seulement bac +2. La profession s’est battue pendant 10 ans pour que les orthophonistes aient une reconnaissance plus juste. Et elle a réussi à obtenir le niveau master (bac +5) avec un cursus qui se déroule dorénavant sur cinq ans, permettant notamment d’envisager de faire de la recherche. Ce qui est très important car jusque-là la recherche était très peu développée dans le domaine de l’orthophonie. En ce qui concerne les orthophonistes déjà diplômés, nous sommes en attente de cette reconnaissance bac +5.

Quels sont les débouchés possibles pour un diplômé en orthophonie ?

Il est possible de travailler en hôpital. Mais la spécialité y est peu reconnue et les salaires sont très bas. Ce qui est dommage, car la présence d’orthophoniste peut s’avérer essentiel lorsqu’il faut faire face à un patient qui est en perte de communication.

La seconde possibilité est d’exercer en cabinet libéral. En général, les jeunes diplômés y débutent en réalisant des remplacements. La profession étant essentiellement féminine, de nombreux remplacements, pour cause de congés maternités, sont proposés.

Il est également possible d’exercer dans le médico-social, dans des structures de type CMPP, SESSAD, IME, … Dans ce contexte on réalise une de prise en charge globale, en équipe pluridisciplinaire.

Quelles sont les difficultés de s’installer en libéral ?

En tant que jeune diplômée, on se retrouve avec de nombreuses choses à gérer, plus ou moins complexes, auxquelles nous ne sommes pas forcément préparées. Il y a une grosse part d’administratif quand on s’installe, avec l’assurance, la caisse de retraite, l’Urssaf, … Ce à quoi s’ajoute les contacts avec l’administration, la gestion du tiers payant. Tout ceci n’est pas difficile à gérer en soi, c’est juste que cela prend pas mal de temps et empiète sur l’exercice pur du métier d’orthophoniste. Cette phase administrative dure environ un ou deux mois.

 

Propos recueillis par Christophe Lacôte