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Quelle insertion pour la Génération 2010 ?

Que sont devenus les 369 000 jeunes sortis de l’enseignement supérieur en 2010, avec ou sans diplôme ? Pour y répondre, le Céreq a analysé les 3 premières années de vie active de ces jeunes de la Génération 2010, interrogés en 2013.


Le 21/12/2015

 

Portrait de la génération, socialisation professionnelle, panorama détaillé des conditions d’insertion, évolution des emplois occupés et comparaison entre deux générations (2004 et 2010), telles sont les grandes thématiques de cette nouvelle édition de l'étude d'insertion menée par le Céreq.

 

 

Une dégradation de l'insertion... à nuancer selon les spécialités

 

L’insertion professionnelle des jeunes sortants du supérieur de la Génération 2010 est plus difficile que pour ceux sortis de formation quelques années plus tôt. Mais ce sont les sortants sans diplôme qui sont le plus confrontés aux effets de cette dégradation de la conjoncture économique. Ainsi, parmi les 87 000 jeunes dans ce cas, 40 % sont hors de l’emploi 3 ans après leur sortie du système éducatif.

 

Pour les diplômés, la situation est dans l’ensemble nettement plus favorable mais avec de fortes disparités entre niveaux de diplôme et spécialités de formation. Ainsi, leur taux de chômage peut varier de 2 % à plus de 20 %.

 

Aux niveaux bac + 2 / bac + 3, si la filière « santé, social » tire toujours son épingle du jeu avec 2 % de chômage à 3 ans.

 

Pour les sortants de L3, la situation des titulaires d’une licence professionnelle tertiaire ou d’une licence générale en sciences, avec 9 % de chômage, contraste avec celle des titulaires d’une licence générale en lettres ou sciences humaines et sociales (16 % de chômage).

 

A bac+ 5, les diplômés des écoles d’ingénieurs affichent un taux de chômage d’à peine 4 % et 88 % occupent un emploi de cadre. Cette situation contraste avec celle des jeunes diplômés d’un master en sciences de la vie, sciences de la terre ou en langues, lettres ou arts, encore confrontés à un taux de chômage supérieur à 15 %, trois ans après leur sortie de l’université.

 

54 % ont un accès durable et immédiat à l'emploi

 

L’enquête Génération appréhende la diversité des parcours d’accès à l’emploi à travers 6 trajectoires types.
La trajectoire majoritaire reste, malgré la crise, celle d’un accès immédiat et durable à l’emploi, qui concerne 54 % des sortants de l’enseignement supérieur. Deux autres types de trajectoires révèlent une stabilisation en emploi rapide (pour 16 % des sortants) ou progressive (9 %) mais les parcours ne vont pas tous dans ce sens.

A titre d’exemple, pour 8 % des jeunes sortants, la trajectoire est marquée par un retour en études ou en formation dans les trois années qui suivent la formation initiale. L’importance de cette figure, autrefois marginale, illustre une transition des études à l’emploi qui serait de moins en moins linéaire et irréversible en France.

 

Une tertiarisation des emplois

 

Comparés à ceux de la Génération 2004, les jeunes de la Génération 2010 occupent à la fois plus souvent des postes non qualifiés mais aussi, et en dépit de la crise, plus d’emplois de cadre. Ce renforcement aux deux extrémités de l’échelle des qualifications va de pair avec une moindre présence sur les professions intermédiaires et sur les postes d’ouvrier ou employé qualifiés.

Mais, derrière ce mouvement de polarisation de leurs emplois, se cache surtout une tertiarisation des professions exercées. Les emplois non qualifiés sont nettement plus qu’avant ceux du commerce et des services. Et à l’autre bout également, les postes de cadre sont moins souvent techniques.

 

Au final, 3 ans après leur sortie de l’enseignement supérieur, d’un côté, 15 % des jeunes en emploi occupent un poste non qualifié et de l’autre, 33 % sont cadres, dont un tiers seulement ingénieurs ou cadres techniques.

 

Un fort développement de l’apprentissage

 

Des formes de professionnalisation diverses émaillent les formations conduisant aux diplômes du supérieur. L’apprentissage concerne 12 % des sortants de 2010. Il est surtout répandu parmi les jeunes diplômés de bac + 2 (25 %) et chez les titulaires de licence professionnelle (31 %).

 

L’apprentissage poursuit son développement au sein de ces filières de l’enseignement supérieur court mais il s’est également diffusé rapidement dans les grandes écoles d’ingénieurs ou de commerce, où 19 % des diplômés de 2010 sont sortis par la voie de l’apprentissage.

 

Université : des aides à l'insertion développées

 

Depuis la loi d’autonomie de 2007, LRU, les universités se sont dotées de moyens pour apporter une aide à l’insertion de leurs étudiants (consolidation des SCUIO et création des bureaux d’aide à l’insertion professionnelle, (BAIP).

 

La participation aux modules visant à favoriser l’employabilité des étudiants s’est nettement répandue dans les universités. Parmi les dispositifs dont ont bénéficié une bonne partie des jeunes pendant leur dernière année d’études figurent les aides pour trouver un stage (41 %), pour connaître les débouchés professionnels (39 %) ou pour la rédaction des CV (37 %).

 

 

Sandrine Damie