Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Béatrice Jacques

Responsable de l'observatoire prospectif des métiers et des qualifications de l'ANFA
Date de l'interview : 11/09/2015

La branche des services de l'automobile représente l'ensemble des activités liées à la vie d'un véhicule, de sa sortie d'usine à sa déconstruction et son recyclage.

Zoom sur le secteur des services de l'automobile à travers les principaux résultats de son Observatoire.

Pouvez-vous nous présenter le périmètre d'étude de votre Observatoire ? 

L'Observatoire de l'ANFA répond aux demandes de la branche des services de l'automobile sur le champ des études et de la prospective emploi-formation. A ce titre, il répond aux demandes d'études des partenaires sociaux sur les métiers et qualifications. Depuis 2010, l'Observatoire concourt au rapport des données sociales de la branche. 

Que recouvre le secteur des services de l'automobile ? 

La branche des services de l'automobile représente l'ensemble des activités liées à la vie d'un véhicule, de sa sortie d'usine à sa déconstruction et son recyclage. Elle représente ainsi les activités liées à la vente, à la maintenance des véhicules et au contrôle technique, mais également les activités de location, d'apprentissage de la conduite, de stationnement, de distribution de carburants, de lavage et de recyclage.

Au-delà de l'automobile, elle concerne également les véhicules industriels, le cycle et le motocycle. 

Quels sont les sujets que vous étudiez en 2015/2016 ? 

Une partie des études réalisées par l'observatoire relève d'études récurrentes, comme le suivi des effectifs en formation, l'insertion professionnelle, les statistiques sur l'emploi et les entreprises. 

En 2015, l'observatoire a mené une enquête sur les recrutements réalisés en 2014 par les entreprises de la branche des services de l'automobile. Une étude sur la démolition et le recyclage a été produite et une autre sur le commerce de pièces de rechange est en cours. 

Une prospective sur les besoins en recrutement de jeunes à l'horizon 2022 en fonction de 4 scénarios d'évolution du commerce et de la réparation automobile est sur le point d'être finalisée. 

Pouvez-vous nous dresser un rapide panorama de l'emploi actuel dans les services de l'automobile, du camion, du cycle et du motocycle ? 

Près de 400 000 salariés sont employés par plus de 115 000 entreprises dans la branche. Au total, la branche des services de l'automobile représente près de 500 000 actifs occupés (salariés+chefs d'entreprises). 

Quelle est l'évolution de la part des femmes dans les effectifs ces dernières années ? 

En 2013, la part des femmes dans les services de l'automobile représente 22,8 %, soit une augmentation de 0,5 % par rapport à 2012. Par ailleurs, 24,7 % des femmes salariées dans la branche ont plus de 50 ans, contre 19,9 % dans l'ensemble du Commerce. Elles occupent principalement des postes d'employées, notamment dans le commerce et la réparation automobile. Certaines sont également embauchées sur des postes de vendeur automobile ou de réceptionnaire. Les écoles de conduite, les entreprises de distribution de carburant, de location et les parcs de stationnement sont les secteurs où l'on retrouve le plus de femmes (entre 32 % et 49, 2%). 

Quels sont les principaux enseignements de votre enquête insertion des contrats de professionnalisation menée en 2014 ? 

L'enquête montre une très bonne insertion professionnelle des contrats de professionnalisation de la branche des services de l'automobile comparée aux autres branches professionnelles. Cette situation est en grande partie due à la richesse de l'offre de certificats de qualification professionnelle(CQP) qui semble bien répondre aux situations des entreprises.

Les titulaires de CQP s'insèrent dans la branche en CDI et se maintiennent dans l'entreprise formatrice en plus grand nombre que les jeunes issus d'un diplôme ou titre.

Par ailleurs, la satisfaction vis-à-vis de l'accompagnement de l'entreprise de formation et de l'organisme de formation est particulièrement bonne pour les jeunes issus de CQP. 

D'après votre rapport de branche 2014, quels sont les domaines / fonctions dans lesquels les recrutements sont actuellement dynamiques ? 

C'est l'enquête sur les recrutements de 2015 qui propose la meilleure réponse à cette question. Avant tout, précisons qu'il convient de ne pas confondre emploi et recrutement. Ce n'est pas parce qu'un secteur perd de l'emploi qu'il ne recrute plus. Ainsi, le renouvellement de la main d'œuvre sur des postes d'ouvriers dans les entreprises du commerce et de la réparation automobile pourrait être particulièrement important ces prochaines années en raison d'un départ massif de cette population à la retraite. De même, ce n'est pas parce qu'un secteur paraît dynamique dans son recrutement qu'il offre des conditions d'emploi favorables, le turn-over est aussi à observer. C'est le cas, dans notre branche, du secteur de la distribution de carburant : c'est un secteur qui perd de l'emploi depuis le milieu des années 80 et qui présente le taux d'embauche le plus important de la branche mais également le taux de départ le plus fort. 

En 2014, les entreprises de la branche ont recruté principalement des profils techniques : technicien/ mécanicien (43 %) carrossier (10 %), des profils commerciaux (8 % de vendeurs), des profils administratifs (12 %), des moniteurs d'école de conduite (8,1 %) et des professionnels de la pièce de rechange, (4 % de magasiniers et vendeurs). 

Dans les années avenir, quelles sont les projections faites en termes de recrutement ? 

Il faut bien distinguer les besoins en recrutement totaux et les besoins en recrutement de nouveaux entrants. Dans un premier cas, on compte l'ensemble des mouvements d'une entreprise à une autre. Dans l'autre cas, on essaie d'identifier le nombre de personne que le commerce et la réparation automobile doit former et qualifier annuellement. C'est ce dernier point qui a fait l'objet d'une prospective à l'horizon 2022.

Selon les scénarios, nous estimons entre 6 500 et 11 000 le nombre de personnes à former annuellement à l'horizon 2022 pour le commerce et la réparation automobile. Ce chiffre comprend tous les emplois qu'ils soient techniques ou tertiaires quelle que soit la catégorie sociale.

Le besoin spécifique en ouvriers du commerce et de la réparation automobile est compris entre 5 000 et 8 000 jeunes à former par an. Ce besoin est largement couvert par les capacités des organismes de formation aujourd'hui. Il est relativement stable par rapport au nombre de jeunes embauchés aujourd'hui car malgré la baisse structurelle de l'emploi dans les concessions automobile, les populations ouvrières et employées sont concernées par un très fort départ en fin de carrière durant la période 2012-2022. 

Et quel est avenir pour l'emploi en Ile-de-France en particulier ? 

L'emploi francilien a tendance à déserter la petite couronne parisienne ou le prix de l'immobilier pèse lourd dans le budget des entreprises automobile et ou le parc automobile tend à diminuer au regard des restrictions qui visent la circulation automobile en zone urbaine. La grande couronne est davantage porteuse d'emploi : les Yvelines et la Seine-et-Marne en particulier affichent une progression de leur parc automobile et une situation de l'emploi nettement plus favorable à celle de la petite couronne. Le travail de l'ANFA vise à coordonner la réorganisation de l'offre de formation en fonction de la localisation du développement de l'emploi. 

Propos recueillis par Sandrine Damie (septembre 2015)