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Le décrochage scolaire en Europe

La publication du rapport IFE - Canopé sur l’étude des projets européens réalisée à la demande d’Erasmus+ éclaire sur les programmes de lutte contre le décrochage scolaire en Europe.


Le 16/10/2015

 

La lutte contre le décrochage est une priorité européenne et nationale majeure. L'un des objectifs de la stratégie Europe 2020 est de réduire à moins de 10 % la proportion de jeunes de 18 à 24 ans ayant abandonné leurs études et de porter la proportion de jeunes titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur (ou équivalent) à plus de 40 %. L'objectif défini par la France est de réduire le taux de décrochage scolaire à moins de 9,5 %.

 

Le programme européen Erasmus+ vise à répondre aux objectifs stratégiques liés au décrochage grâce à des projets favorisant l'expérimentation et l'innovation. L'agence Erasmus+ France / Education Formation a placé la lutte contre les décrochages comme l'une de ses priorités à l'horizon 2020. Depuis 2010 diverses activités de valorisation des bonnes pratiques issues des projets européens ont été réalisées. Dans cette continuité, elle a organisé le 1er juillet 2015 un séminaire national rassemblant porteurs de projets européens, chercheurs, et décideurs.

 

Une étude à l'échelle européenne

 

L’agence Erasmus+ France / Education Formation a pour mission de promouvoir des projets européens innovants dans le secteur de l’éducation et de la formation. L’Agence a mandaté L’Institut français de l’éducation pour mener une étude qualitative autour des projets que soutient l’Agence et qui ont un lien avec la lutte contre le décrochage scolaire.

 

Après lecture de 34 dossiers, 7 projets ayant un lien avec le décrochage scolaire, très différents les uns les autres mais représentant la variété de tous les dossiers ont été choisis pour une étude plus approfondie.

 

Ainsi, au-delà des objectifs opérationnels propres à chaque territoire et à chaque dispositif, un certain nombre d’outils transverses ont pu être mis à jour comme des fiches de parcours du jeune (du diagnostic à l’évaluation pédagogique) ou des documents de cadrage sur le fonctionnement des dispositifs. Ces outils peuvent permettre une plus grande diffusion des pratiques efficientes à l’échelle d’un territoire, et plus largement à l’échelle de l’Europe. Tous les aspects du décrochage scolaire sont présents dans ces projets (repérage, prévention, accompagnement, raccrochage).

 

Le profil des décrocheurs

 

Même si chaque parcours est unique, les décrocheurs ont des points communs et

différentes typologies ont été dressées par les chercheurs pour classifier les élèves en situation de décrochage. L’une des plus utilisée, celle de Janosz, distingue :

  • les élèves silencieux ou discrets (40 %, pas de troubles du comportement, conformes à la demande scolaire, résultats faibles, CSP défavorisées) ;
  • les inadaptés (40 %, problèmes sur le plan des apprentissages et du comportement, profil psychosocial plutôt négatif, problèmes familiaux, délinquance, comportement déviants) ;
  • les désengagés (10 %, peu de problème de comportement, peu d’aspiration scolaire, performance dans la moyenne mais scolarité non valorisée) ;
  • les sous-performants (10 %, forts problèmes de comportement, faible performance scolaire, situation d’échec).

 

Les programmes de lutte contre le décrochage scolaire

 

Les programmes de lutte contre le décrochage se développent dans 3 dimensions : la prévention, l’intervention et la compensation.

  • La prévention vise à éviter que le processus qui conduit au décrochage se développe en agissant très tôt auprès d’un grand nombre d’élèves.
  • L’intervention commence dès que les premières difficultés surgissent afin d’éviter qu’elles conduisent au décrochage.
  • Les mesures de compensation permettent à ceux qui ont décrochés de revenir vers un système de formation.

 

L’étude de programmes de prévention probants montre que les dispositifs de prévention et d’intervention sont efficaces s’ils sont multidimensionnels et tiennent compte des différents contextes des jeunes sur les plans personnels, familial et scolaire.

 

Cette étude semble confirmer l’importance de la prise en compte de la singularité des parcours de décrocheurs qui rend difficile tout travail systématique de repérage d’invariants, tout travail de modélisation de dispositifs hors contexte.

 

Enfin pour lutter contre le décrochage, que ce soit en matière de prévention, d’intervention ou de compensation, tous les pays européens mettent en avant l’importance de l’action partenariale  et  locale.

 

Sandrine Damie