Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Valery Farcy

Responsable du dispositif entrepreneuriat de l'ESIEA
Date de l'interview : 30/03/2015

L'école doit mettre très tôt les étudiants en contact avec l'écosystème entrepreneurial, alimenter des lieux d'échange, de rencontres avec les étudiants d'autres disciplines afin de créer une émulation et un climat propice aux initiatives individuelles ou communes.

Responsable du dispositif entrepreneuriat de l’école d'ingénieurs en Sciences et Technologies du numérique ESIEA, Valery Farcy évoque l'entreprenariat des jeunes et leur accompagnement au sein de son école.

Vous êtes Responsable du dispositif entrepreneuriat de l’école d‘ingénieurs en Sciences et Technologies du numérique ESIEA. En quoi consiste ce dispositif ? 

Propre à l’ESIEA, le dispositif Espoir Entrepreneur propose à des étudiants porteurs de projets une pédagogie sur mesure qui combine des enseignements spécifiques avec un emploi du temps adapté ainsi qu'un accompagnement par l’école, tout cela pour leur permettre de concrétiser leur projet. Il est accessible aux étudiants les plus motivés dès la fin de la 3e année, il est aussi évalué et intégré dans la validation de leur cursus. Un référent Entrepreneuriat membre de l’équipe pédagogique suit et coordonne les actions et travaille à l’évolution constante des enseignements, en intégrant notamment des modules de formation complémentaires. Avec ce dispositif Espoir Entrepreneur, les étudiants sont épaulés de la création au lancement. A terme, ils n’auront pas seulement réalisé un projet personnel, mais aussi considérablement enrichi leur CV.

Pourquoi proposez-vous ce dispositif à des élèves ingénieurs ?

Près d'un quart des 18-24 ans affirment avoir envie de créer un jour, leur entreprise. En première année, les élèves ingénieurs parlent déjà de projets de création de start-up. Pourtant, on estime aujourd'hui que seulement 3 % franchissent le pas. Beaucoup ignorent qu'il est possible de le faire pendant ses études.

Quel rôle doit jouer l'école pour inciter et stimuler les jeunes dans une démarche entrepreneuriale ?

Elle doit faciliter la vie des étudiants qui souhaitent entreprendre et créer les conditions de l'innovation et de l'entrepreneuriat. L'école doit être là pour ouvrir des portes, permettre à ceux qui le souhaitent de se concentrer sur l'exécution de leur projet, gérer les priorités, minimiser les pertes de temps.

Elle doit mettre très tôt ces étudiants en contact avec l'écosystème entrepreneurial, alimenter des lieux d'échange, de rencontres avec les étudiants d'autres disciplines (scientifiques, marketing, design, commerce) afin de créer une émulation et un climat propice aux initiatives individuelles ou communes ; initiatives qui se poursuivent au-delà des murs de l'école.

Faut-il attendre "l'idée géniale" pour se lancer dans l'entrepreneuriat ?

Non, il ne faut pas qu’elle soit « géniale », mais toute aventure entrepreneuriale commence avec une idée. Le parcours de l’entrepreneur consiste à s'assurer que son idée intéresse quelqu’un, à identifier ce quelqu’un, puis à trouver un mécanisme par lequel l’argent de ce quelqu’un passe de sa poche à la poche de l’entrepreneur. La recette est somme toute assez simple à comprendre, mais plus délicate à appliquer.

En résumé : proposez une solution que quelqu’un est prêt à vous acheter pour résoudre un problème dont il a conscience à un prix inférieur à sa valeur perçue et supérieur à ce qu’il vous coûte de la mettre en œuvre, puis répétez.

Innover, est-ce un moteur indispensable dans l'entrepreneuriat ?

Oui, si on ne réduit pas l’innovation à la stricte innovation technique. Il faut vouloir changer le cours des choses en apportant des réponses à des questions ou des problèmes qui ne sont pas déjà résolus. Au-delà de la technique, les champs d’application de l’innovation concernent aussi bien la dimension commerciale et marketing, le développement de nouveaux produits ou de nouveaux usages, l’amélioration des organisations et des modèles d’affaires que le domaine social.

L’innovation emprunte des chemins sinueux : il faut découvrir, expérimenter, apprendre à oser, sortir des cadres établis, accepter les risques et saisir les opportunités.

Souvent une expérience préalable est mise en avant pour réussir dans la création d'entreprise. Qu'en pensez-vous ?

Là encore, on a affaire à une idée reçue très commune. Il n'est pas nécessaire de disposer de plusieurs années d'expérience si l'on est bien accompagné. On peut notamment créer une entreprise pendant ses études, ou juste après car sans contrainte, sans charge familiale, le moment est idéal ; c'est vrai aussi bien pour les jeunes femmes que les jeunes hommes. Créer une entreprise demande de la disponibilité, des collaborateurs ou partenaires potentiels, comme la proximité de professionnels pour vous conseiller, vous soutenir. Quelles meilleures conditions peut-on trouver que pendant ses études ou juste à leur sortie ?

Quelles sont, selon vous, les qualités et compétences indispensables à un entrepreneur, quel que soit son âge ?

La détermination et la motivation. Il faut avoir la volonté d’aboutir et ne pas s’arrêter à la première difficulté venue. Croire en son idée et être, en même temps, capable de la faire évoluer en fonction des retours, voilà le plus important.

Quelle recommandation pourriez-vous faire à un(e) jeune tenté(e) par l'entrepreneuriat ?

Communiquer très tôt autour de son projet afin d'anticiper les difficultés qui pourraient survenir. Pour savoir si un concept est prometteur, il n'y a pas d'autre moyen que le mettre à l'épreuve : prises de contact, prototypage, etc. Ensuite viennent les challenges, les concours, l'utilisation des réseaux qui apporteront une visibilité. Il faut avoir la culture de l’action : prendre chaque jour une décision, l’appliquer et en tirer les enseignements. Rien n’est jamais vrai ou faux, seul ce qui marche et ce qui ne marche pas importe.

 Propos recueillis par Sandrine Damie