Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Fabrice Fabre

Responsable du mastère spécialisé Aviation and Air Traffic Management
Date de l'interview : 19/01/2015

Le mastère spécialisé est pensé pour apporter une double compétence aux étudiants. Ils viennent ici compléter leur formation initiale pour développer leurs compétences techniques et managériales dans le domaine de la gestion du trafic aérien.

Le responsable du mastère spécialisé de l'aviation et de gestion du trafic aérien de l'Enac évoque cette formation, de sa sélection à son insertion professionnelle.

Pouvez-vous nous présenter le mastère spécialisé de l'aviation et de gestion du trafic aérien ?

En préambule, je voudrais rappeler qu'un mastère spécialisé n'est pas un diplôme visé mais une marque collective, propriété de la Conférence des Grandes Ecoles : c'est un label qui est accordé à une formation spécifique organisée par une école membre de la CGE. L'ENAC en fait partie.

Le mastère spécialisé Aviation and Air Traffic Management a vu le jour en 1988 sous l'appellation EAGTA, Exploitation aéronautique et gestion du trafic aérien et était alors une formation en français.

Au milieu des années 2000, l'ENAC a lancé une vaste plan de migration de ces formations initiales en langue anglaise afin d'internationaliser son recrutement. Ainsi, le mastère spécialisé EAGTA a vu son contenu pédagogique revu et modernisé. En 2011, ce mastère passait entièrement en langue anglaise et prenait le nom de « Aviation and Air Traffic Management » (MS AATM).

Quel est le but de ce mastère spécialisé ?

Il s'agit d'offrir aux étudiants une vue d'ensemble sur les interactions de tous les acteurs de l'aviation au niveau opérationnel. L'objectif de ce mastère est de préparer les élèves à être principalement ingénieur système ou chef de projet. Ils auront à gérer ou à travailler au sein d'équipes interdisciplinaires en charge de l'amélioration des processus. Ils développeront de nouvelles applications permettant d'optimiser l'ensemble de la gestion du trafic aérien.

Comment se passe la sélection à l'entrée de cette formation ?

Nous avons deux séries de critères : d'abord les profils des étudiants doivent correspondre aux critères de la CGE, à savoir être titulaire d'un Master of science, d'un M2, d'un diplôme d'ingénieur ou d'une formation bac + 4 avec 3 années d'expérience professionnelle. Cette année, les titulaires d'un bac + 3 avec 3 années d'expérience professionnelle pourront également postuler mais dans la limite de 30 % des effectifs de la promotion.

Puis les critères spécifiques à l'ENAC interviennent : le parcours de formation et/ou professionnel du candidat, mais aussi sa motivation et son niveau d'anglais (TOEFL : 520 minimum).

Quels sont les profils d'étudiants retenus pour ce mastère ?

Pour une promotion d'une quinzaine d'étudiants, nous accueillons cette année 2/3 de professionnels de l'aviation civile d'autres pays, venant compléter leur formation et leur expérience. Le 1/3 restant est constitué de jeunes en poursuite de formation, après un diplôme d'ingénieur informatique par exemple ou un bac + 5 universitaire.

Dans la promotion actuelle, 25 % sont des femmes.

Quels sont les compétences et savoir-faire développés au cours de la formation ?

Le mastère spécialisé est pensé pour apporter une double compétence aux étudiants. Ils viennent ici compléter leur formation initiale pour développer leurs compétences techniques et managériales dans le domaine de la gestion du trafic aérien.

Dans un premier temps, on va s'attacher à revoir les bases de l'aviation civile pour que tous aient un socle commun de connaissances. Puis nous développons leurs compétences plus techniques autour de la communication, de la navigation,de la surveillance, du trafic aérien, etc.

Dans un second temps, les thématiques transversales et managériales sont abordées afin de permettre aux étudiants d'être plus opérationnels sur des postes d'encadrement. Nous travaillons sur la gestion de la sécurité, sur le développement durable dans le trafic aérien, la gestion de projet, l'ingénierie des systèmes et sur le programme SESAR, Single European Sky Air traffic Management Research. Ce programme, financé par l'Union européenne, a 4 objectifs : restructurer l'espace aérien afin d'augmenter la capacité et d'améliorer l'efficacité globale du système de gestion du trafic aérien ; accroître le niveau de sécurité d'un facteur 10 dans un contexte de doublement du trafic d'ici 20 ans ; diminuer l'impact sur l'environnement de l'activité aérienne ; développer l'efficacité économique du système.

A noter : le développement des nouveaux outils et systèmes et la phase de déploiement du programme SESAR demanderont l'intervention de plus de 2 000 ingénieurs à travers l'Europe... de belles opportunités pour nos étudiants !

Tous les étudiants trouvent-ils un poste dès leur sortie de l'ENAC ?

Les étudiants venant d'institutions étrangères de l'aviation civile réintègrent généralement leur poste à l'issue de la formation. Les autres étudiants bénéficient du réseau de l'école mais aussi de leur expérience en entreprise (entre 4 et 6 mois de stage) pour décrocher leur 1er poste dans le milieu aéroportuaire, souvent dans les grands groupes industriels du secteur. Tous trouvent un poste qui leur correspond après l'ENAC.

Propos recueillis par Sandrine Damie