Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

21/01/2015 à 18h00 - Les métiers du numérique

Le secteur du numérique emploie plus de 574 000 personnes en France. Les fonctions exercées sont multiples. Au-delà du profil de développeur très convoité par les entreprises, il existe de plus en plus de postes avec une forte dimension relationnelle et de travail en équipe : chef de projet, consultant mobile, etc. Retrouvez les échanges des internautes avec deux experts du numérique.

Les invités

Jean-Louis Pierrel (IBM) & Jonathan Riquier (Pôle universitaire de Vinci) - membres de l'association Pasc@line

Régis Granarolo - Directeur du Munci (Association professionnelle des informaticiens)

Question :

Modérateur : Bonsoir à tous, le chat dédié aux métiers du numérique commence. Nous attendons vos questions.

Réponse :

 

Régis Granarolo : Bonsoir à tous, je suis ravi de répondre à vos questions.

 

Jean-Louis Pierrel & Jonathan Riquier : Bonsoir à toutes et à tous. Nous sommes ravis de répondre à vos questions.

Question :

Marsupilami : Quels sont les métiers du numérique ?

Réponse :

 

Jean-Louis Pierrel & Jonathan Riquier : Vaste question, puisque le numérique recouvre de plus en plus de secteurs !  Il y a tout de même 7 familles de métiers identifiées par la profession :  Conseiller et expertiser. Concevoir et développer. conduire des projets. Administrer et exploiter des systèmes (informatiques, réseaux...). Former accompagner, aider, dépanner. Commercialiser. Et enseignement et recherche.

Question :

Joël : Au Munci quelles sont vos missions ? Pourquoi participez-vous à ce chat ?

Réponse :

 

Régis Granarolo : Il faut savoir qu'il y a souvent confusion entre le secteur de l'économie du numérique, et les métiers du numérique. Au delà de ça, pour s'y retrouver plus facilement, on peut se reporter à des portails comme le portail gouvernemental des métiers de l'internet www.metiers.internet.gouv.fr ainsi qu'à des nomenclatures professionnelles dont vous pouvez trouver la liste sur notre site http://www.munci.org.

Nous avons 2 missions essentielles : 1/ défendre les intérêts collectifs de nos professions (approche syndicale) et 2/ apporter études et services collectifs à nos adhérents (exemple : meilleure connaissance du marché du travail, et de l'évolution de l'emploi IT- informatique et télécommunications).

Si l'on participe à ce chat, c'est aussi parce que nous sommes désireux de mieux porter la parole des informaticiens dans notre écosystème. Finalement, c'est une démocratie sociale.

Question :

Paul : Quels sont les secteurs où l'on peut travailler avec les métiers du numérique ?

Réponse :

 

Jean-Louis Pierrel & Jonathan Riquier : Partout ! Aujourd'hui toutes les entreprises sont concernées de loin ou de près par le numérique. Certaines doivent se transformer profondément (ex : édition musicale, tourisme) et d'autres l'utilisent comme un outil de performance (ex: pratiquement toutes les entreprises possèdent un site web).  Pour certaines entreprises, c'est le cœur de leur activité : les entreprises de service numérique (ESN, ex-SSII). Pour d'autres, elles sont seulement utilisatrices de services et d'outils numériques; mais ont tout de même besoin de compétences liées à ces services et outils.  Typiquement une PME qui lance son site web, aura un jour besoin d'un community manager pour développer sa présence active sur internet.

Question :

Tintin : Mr Granarolo : informaticien est-ce vraiment un métier du numérique ?

Réponse :

 

Régis Granarolo : Informaticien est devenu un terme générique, mais qui de notre point de vue conserve tout son sens. L'ensemble des métiers de l'informatique, donc du métier d'informaticien, sont assez bien définis, et analysés quantitativement par les institutions (para)publiques, notamment au travers des statistiques publiques (INSEE, DARES/Pôle Emploi...).  Les métiers IT (Informatique Télécom) regroupent environ 80 % des métiers du numérique.

Question :

Hélène : C'est quoi cette association Pascaline ?

Réponse :

 

Jean-Louis Pierrel & Jonathan Riquier : Pasc@line regroupe les entreprises de services numériques et 75 institutions d'enseignement supérieur. Son objectif est de promouvoir les formations et les métiers du numérique. Vous trouverez plus d'infos sur notre site : www.assopascaline.fr.

Question :

Chloé : Chez les développeurs, il y a des filles aussi ? Anne : Les métiers de l'informatique sont-il encore dominés par les hommes ou bien les filles peuvent-elle se faire une place ? Y a-t-il des branches plus féminisées que d'autres ?

Réponse :

 

Jean-Louis Pierrel & Jonathan Riquier : Oui il y en a. Le chiffre varie entre 20 et 25 % (27,4 % selon l'INSEE). Et selon notre expérience, ce sont en général de bons profils. Avec de très belles capacités analytiques. On peut noter que leur ascension n'est pas limitée puisque parmi les grands acteurs, certains patrons sont des patronnes (IBM, HP, Yahoo...).

 

Question :

Julien : Les outils et les connaissances d'aujourd'hui sur le numérique ne seront-ils pas obsolètes dans 5 ans ? Il faut se former tout le temps non ? Maman95 : Y a-t-il du boulot pour tout le monde dans les métiers numériques ? Mon fils est en terminale. J'ai peur que s'il emprunte cette voie, il y ait déjà trop de candidats d'ici 3 ou 4 ans ! Merci.

Réponse :

 

Régis Granarolo : Il est vrai que nos métiers sont très diversifiés, spécialisés et rapidement évolutifs, ce qui est d'ailleurs la 1ère raison structurelle aux difficultés de recrutement, mais il faut relativiser dans la mesure où les fondamentaux des grandes familles de qualifications et de compétences restent valables à moyen terme.

 

Jean-Louis Pierrel & Jonathan Riquier : Oui votre remarque, Julien est juste, mais c'est précisément ce qui fait le dynamisme du secteur. On ne s'ennuie jamais. Et au sein des formations, la principale compétence de "savoir-être" qui va être développée est la capacité à s'auto-former et à évoluer tout au long de sa carrière professionnelle. Les outils évoluent, les environnements évoluent, les compétences évoluent et les technologies aussi. Donc les acteurs également.

 

Régis Granarolo : Ensuite, et fort heureusement (car nous le clamons depuis déjà longtemps...), il y a enfin une vraie prise de conscience pour un développement plus important de la formation continue (salariés) et professionnelle (demandeurs d'emploi) dans nos métiers de la part des pouvoirs publics et des syndicats patronaux. Néanmoins, il est vrai que nos métiers nécessitent une auto-formation, et surtout une veille personnelle régulière. Il faut compter d'abord sur soi-même pour pouvoir évoluer, et gérer pro-activement ses compétences.

Question :

Pierre : Peut-on faire des stages de découverte dans des entreprises d'informatiques quand on est au lycée ou à la fac ? Et comment s'y prendre ?

Réponse :

 

Régis Granarolo : Honnêtement, les entreprises ne se bousculent pas sur les stages courts (inférieurs à 2 mois) ou des premiers niveaux de qualification. Il faut chercher en priorité du côté du monde associatif, et des petites entreprises. Il existe des possibilités d'immersion pour découvrir les métiers dans le cadre des dispositifs de (ré)insertion de Pôle Emploi.

Question :

Pierrot : Existe-t-il des formations dédiées au numérique ? A quel niveau d'études ? Antoine : Combien de temps pour la formation pour les métiers numérique ? Y a-t-il des formations dans les IUT ?

Réponse :

 

Jean-Louis Pierrel & Jonathan Riquier : Oui, il existe un vaste choix de formations. Dés le lycée, il y a l'option ISN (informatique et sciences du numérique), proposée en terminale S, dans la plupart des lycées. Puis dans l'enseignement supérieur, on trouve des formations bac + 2 : BTS SIO (service informatique aux organisations), BTS SN (système numérique) ou encore de nombreux DUT. Mais également des formations à bac + 3 (bachelors) ou encore bac + 5 (écoles d'ingénieurs, universités, business school...) offrant des spécialisations en fin de cursus. Certaines formations sont orientées vers la technique, d'autres plus vers les contenus. En fonction des goûts de chacun.

 

Question :

Maxou : (question au Munci) Quelles qualités requises pour être un bon informaticien... et le rester ?

Réponse :

 

Régis Granarolo : Les qualités communes à tous nos métiers sont bien évidemment la rigueur, de bonnes capacités d'analyse et de synthèse, la patience aussi (très important, pour les développeurs surtout !), et de plus en plus les qualités relationnelles et d'expression qui font parfois défaut aux informaticiens. Il faut aussi une bonne curiosité, le sens de la mobilité professionnelle, et souvent géographique. Ces métiers s'adressent surtout à des passionnés capables de se remettre rapidement en cause...

Question :

FuturBoss (?) : Créer son entreprise dans le numérique, c'est si facile et porteur que ça ?

Réponse :

 

Jean-Louis Pierrel & Jonathan Riquier : Les barrières à l'entrée sont peut-être plus faibles. Le secteur est en effet très dynamique et porteur.  Et comme pour toute création d'entreprise, il faut un petit grain de folie, une grande énergie et beaucoup de ténacité.  Les Français font merveille dans ces domaines.

 

Question :

Lyece : Comment créer des jeux sur les smartphones ? Est-ce que cela peut rapporter ?

Réponse :

 

Jean-Louis Pierrel & Jonathan Riquier : Le marché du jeu vidéo sur mobile est en effet en train d'exploser.  La contrepartie, c'est qu'il y a de gros acteurs déjà présents sur le marché. Mais miracle d'internet il y a encore de la place pour des initiatives individuelles. Pour créer un jeu, il vous faudra apprendre et maîtriser le développement d'applications mobiles sous Androïd et iOS.

Question :

Nico42 : Quelle est la position du Munci sur l'école 42 ?

Réponse :

 

Régis Granarolo : Nous sommes évidemment très favorables de façon générale aux écoles de la seconde chance (voir par exemple le dernier article publié aujourd'hui sur notre site, sur Simplon.co). Néanmoins, nous sommes très partagés sur l'école 42. C'est difficile d'expliquer ici les raisons en seulement quelques lignes, mais nous sommes très mitigés sur cette "pédagogie de la débrouillardise" sans formations et sans formateurs. De plus, nous contestons l'idée d'une pénurie globale de développeurs en France, sur laquelle communique régulièrement cette école, qui nous fait un peu penser à une "usine à développeurs". L'engouement médiatique autour de l'école 42 nous paraît totalement disproportionné. Certains vont un peu vite en besogne, et on a parfois l'impression que nos meilleurs ingénieurs n'ont qu'à bien se tenir face aux futurs "diplômés" de 42.. .Pour finir on jugera l'arbre à ses fruits...

Question :

Kris : Quelle est la position du Munci sur le statut de freelance ? Est-ce vraiment la panacée ? Quels conseils nous donneriez-vous ?

Réponse :

 

Régis Granarolo : Il y a seulement 5 % de freelances en France dans nos métiers, contre 30 à 40 % dans les pays anglosaxons. Ce statut progresse et continuera certainement à progresser dans notre pays, notamment en raison du nombre toujours croissant d'informaticiens déçus par les SSII/ESN. Etre freelance nécessite une réelle expertise professionnelle, et de forte préférence d'avoir déjà un bon réseau professionnel. Nous conseillons vivement de commencer par le portage salarial qui réduit fortement les risques de précarité.

Question :

Laurie : Chez IBM vous cherchez quels types de profils pour les métiers du numérique ?

Réponse :

 

Jean-Louis Pierrel & Jonathan Riquier : Chez IBM, et en général chez les plus grands acteurs du marché, ce sont surtout des profils de consultants juniors qui sont recherchés. C'est à dire des personnes capables d'accompagner la transformation des organisations-clientes. Le consultant maîtrise une ou des technologies, et un métier ou un secteur. Il facilite leur mise en œuvre chez le client. Cela consiste à identifier et formaliser un besoin à travers la rédaction d'un cahier des charges ou d'un appel d'offres, à élaborer une solution, la vendre et la déployer. Ce sont des profils généralistes, bac + 5, capables de s'adapter car les missions sont extrêmement variées.

Question :

MrGeek : Comment se situent les salaires dans l'informatique par rapport au reste du marché ?

Réponse :

 

Régis Granarolo : Contrairement (hélas) à certaines idées reçues, les salaires dans l'informatique et les télécoms sont généralement dans la moyenne inférieure des salaires des cadres ou des techniciens supérieurs. C'est plus particulièrement vrai dans les services informatiques (SSII et logiciels) où les salaires médians stagnent (voire diminuent même certaines années !), au vu des deux principales études de référence sur les salaires que sont celle de l'APEC et de l'IESF (anciennement CNISF). Néanmoins, les salaires demeurent généralement attractifs et progressent vite en début de carrière. C'est après que cela se gâte, en raison du modèle socio-économique du secteur, basé sur le jeunisme.  Il faut savoir aussi qu'il y a logiquement des disparités souvent importantes entre les métiers et compétences les plus recherchés, et ceux en perte de vitesse (ce qui a aussi un caractère cyclique).

Question :

MatGyver : L'anglais est-il obligatoire ?

Réponse :

 

Jean-Louis Pierrel & Jonathan Riquier : Dans notre secteur, on doit être capable de travailler en anglais. Même si le bilinguisme n'est pas obligatoire. Par exemple, sachez que beaucoup de ressources techniques (documentation) sont en anglais !

Question :

Hicham : Peut-on se lancer en autodidacte ?

Réponse :

 

Régis Granarolo : Il faut savoir que le culte du diplôme, à savoir celui du bac + 5, est très important dans nos métiers (70 % des recrutements) mais il faut espérer que cela sera de moins en moins une réalité. D'autre part, il y a proportionnellement trois fois plus de demandeurs d'emploi de niveau bac + 2 /+3 que de bac + 4/ +5 et au-delà dans l'informatique.

 

Jean-Louis Pierrel & Jonathan Riquier : Oui, il est possible de se former aux technologies numériques par soi même : les ressources sont disponibles sur internet. Néanmoins, cela demande énormément de rigueur personnelle  et quoiqu'il arrive une formation dans un établissement apporte certes des compétences mais également un réseau de débouchés, via des entreprises partenaires, des stages obligatoires, ou un réseau d'anciens élèves.

Question :

Homeless : y a-t-il des "découvertes" des métiers du numérique dans des lycées ?

Réponse :

 

Jean-Louis Pierrel & Jonathan Riquier : En terminale S, il y a l'option ISN (informatique et sciences du numérique) qui est une première approche du secteur.

 

 

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