Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Isabelle Bricard

Secrétaire générale de la Confédération générale de l’alimentation en détail (CGAD) d’Ile-de-France
Date de l'interview : 11/12/2014

Nos métiers ne sont pas nouveaux, mais il y a au sein de chaque métier beaucoup d’évolutions, d'innovations et de nouveautés.

Les métiers de l'alimentation sont en recherche constante de nouvelles recrues qualifiées et motivées. Isabelle Bricard nous présente les particularités de ces professions et leurs filières d'accès.

Quels sont les métiers représentés au sein de votre confédération ?

La CGAD est une organisation interprofessionnelle qui représente les entreprises de l’artisanat et du commerce alimentaire de proximité et de l’hôtellerie-restauration. Cela rassemble de nombreux métiers, comme les bouchers, les charcutiers, les boulangers ou les pâtissiers, en passant par les restaurateurs, les fromagers, les épiciers, les primeurs ou les poissonniers. Ces métiers sont tous présents en Ile-de-France, et rassemblent 55 000 entreprises dans la région.

Ces professions sont-elles affectées par la crise économique ?

Etant donné la durée de la crise, la bonne santé économique de nos entreprises commence aussi à s’essouffler. Mais il s’agit de secteurs qui ont bien résisté, notamment le secteur de l'artisanat alimentaire. Globalement le nombre d’entreprises est stable et même en légère augmentation.

Est-ce que les métiers de l’alimentation recrutent en Ile-de- France ?

L’ensemble des métiers rencontrent des difficultés à trouver des salariés ou des repreneurs. Le secteur de la boucherie est celui qui communique le plus sur ses difficultés, mais globalement l’ensemble de nos métiers sont en tension et ceci depuis plusieurs années. Il est néanmoins très difficile d’avoir des chiffres précis, car les chefs d’entreprises passent plus souvent par le bouche à oreille plutôt que par Pôle emploi lorsqu’ils ont besoin de recruter.

Comment s’expliquent ces difficultés de recrutement ?

Tout d’abord, l’arrivée de toute une génération de chefs d’entreprise à l’âge de la retraite nécessite un renouvellement important et il faut trouver suffisamment de repreneurs. Les difficultés de recrutement s’expliquent ensuite par des facteurs généralement multiples. Nos professions exigent de bien connaître la technicité propre à chaque métier, et les employeurs peinent à trouver des personnes qualifiées et motivées. Certains métiers peuvent ensuite souffrir d’un manque d’attractivité, et certaines entreprises peinent à trouver des profils en raison de leur situation géographique ou des horaires décalés (pour le métier de boulanger par exemple, ou pour les entreprises qui s’approvisionnent au marché de Rungis). Enfin, les jeunes et leur entourage peuvent hésiter face à une orientation qui s’effectue assez tôt, dès la sortie de la 3ème.

Les jeunes ne connaissent peut-être aussi pas suffisamment les métiers de l’alimentation ?

L’information circule de plus en plus. Nous avons créé le site internet "Les métiers de l'alimentation", qui permet de présenter nos métiers et d’en véhiculer une image positive. Les branches professionnelles ont-elles-mêmes ouvert des sites d’information, comme la boucherie par exemple. Nous souhaitons rompre avec l’image que certains gardent de nos métiers. Si nos métiers reposent sur des savoir-faire traditionnels, ils s’appuient en même temps sur énormément d’innovations, par exemple dans le domaine des recettes ou des services proposés. Les clients demandent en effet des prestations nouvelles, et sont de plus en plus demandeurs d’informations sur les ingrédients utilisés, le respect de l’environnement, etc. Nos métiers ne sont pas nouveaux, mais il y a au sein de chaque métier beaucoup d’évolutions, d'innovations et de nouveautés.

Quelles qualifications faut-il avoir pour exercer dans ces métiers ?

Nous avons une grande diversité de qualifications, qui sont relativement spécifiques à chaque métier. Il existe beaucoup de diplômes de l’Education nationale, notamment des CAP et des brevets professionnels (BP), mais aussi des bacs pro et des BTS dans l’hôtellerie-restauration par exemple. D’autres sont des titres des chambres des métiers, comme le brevet de maîtrise en pâtisserie. Il est également possible d’enrichir sa spécialité avec une mention complémentaire (MC), par exemple une MC traiteur. Enfin, certaines professions qui auparavant ne proposaient pas de qualifications spécifiques, comme les cavistes ou les fromagers, ont développé des certificats de qualification professionnelle (CQP). J’ajouterai enfin que l’apprentissage constitue une voie d’excellence pour l’ensemble de nos métiers. Un peu plus de 50 % des jeunes sont formés à nos métiers par la voie de l’apprentissage, et la proportion est encore plus forte pour certains métiers, comme ceux de boucher ou de boulanger.

Quelles sont les possibilités d’évolution ?

Le schéma classique après avoir passé un certain temps dans une entreprise est ensuite d'acquérir sa propre entreprise. La moyenne d’âge de nos chefs d’entreprise est assez jeune. Dans nos métiers, il n’est pas rare que des jeunes se mettent à leur compte à 25 ans.

Quelles qualités faut-il avoir pour travailler dans les métiers de l’alimentation ?

Il faut avant tout être passionné. C’est la première qualité recherchée par les chefs d’entreprises pour recruter leurs salariés, car elle est garante d’avoir ensuite la capacité professionnelle de réussir. Enfin, il ne faut pas avoir peur de créer et d’innover.

 

Propos recueillis par Raphaëlle Pienne