Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

François Baptiste

Directeur Général Adjoint Ressources Humaines et Politique sociale de Servair
Date de l'interview : 05/12/2014

Compte tenu de l'implantation de nos unités de production au sein des plateformes aéroportuaires, nos candidats doivent suivre une formation sûreté avant l'embauche et déposer une demande de badge d'accès en « zone réservée sûreté » auprès de la Préfecture.

Le responsable des ressources humaines fait le point sur la politique de recrutement de Servair.

Dans l'un des métiers de Servair, rencontrez-vous des difficultés particulières de recrutement (dus aux horaires décalés, la pénibilité du poste, etc.) ?

Les difficultés de recrutement sont déjà liées à notre environnement de travail, quels que soient les postes sur lesquels nous recrutons. En effet, compte tenu de l'implantation de nos unités de production au sein des plateformes aéroportuaires, nos candidats doivent suivre une formation sûreté avant l'embauche et déposer une demande de badge d'accès en « zone réservée sûreté » auprès de la Préfecture. Les autorités ne délivreront cette pièce indispensable à toute prise de poste qu'après vérification du casier judiciaire et enquête éventuelle, démarches nécessitant souvent plusieurs semaines.

Ensuite, les horaires de travail peuvent également constituer une barrière pour certain(e)s candidat(e)s. Nos unités de production fonctionnent tous les jours de l'année. Nous travaillons en roulements de trois équipes (la première de matinée, la 2e de soirée et la 3e en repos) avec des prises de service dès 05 h du matin et des fins au-delà de 23 h. Ces contraintes horaires impliquent pour les candidats d'avoir une bonne autonomie de déplacement.

Enfin, sur les emplois de premiers niveaux, nous sommes amenés à travailler avec des gestes minutieux, rapides et répétitifs dans des zones à température contrôlée ; certaines opérations nécessitent des ports de charges assez fréquents et parmi nos emplois plus qualifiés nous comptons des risques liés aux chutes de hauteur (en piste), coupures ou brulures (dans les cuisines). De bonnes conditions physiques, des postures adaptées et le port des équipements individuels de protection sont donc requis pour occuper nos emplois en toute sécurité.

Pour les professionnels de la cuisine, c'est le respect de nomenclatures strictes, de codifications très nombreuses et de recettes imposées qui peuvent au départ en perturber certains. Néanmoins, les commis et cuisiniers sont garantis d'horaires de travail encadrés qu'ils ne retrouvent pas forcément dans la restauration traditionnelle.

L'ensemble de ces critères génère une importante sélectivité.

Quelle est la politique sociale menée en matière de progression de carrière au sein de Servair ?

Servair a toujours fortement investi dans la formation professionnelle continue de ses salariés et depuis fin 2013 développe une politique de GPEC avec la mise en place d'un observatoire des métiers, la promotion de la mobilité entre les établissements et les filiales ainsi que vers les postes de management à l'expatriation. Sur les emplois de premiers niveaux, Servair est capable d'offrir de véritables opportunités de progression, passant aussi par l'alternance (contrats de professionnalisation, apprentis) puis des parcours de faisant fonction et de mise en situation.

Pour illustration depuis 2 ans à Paris une vingtaine de collaborateurs non qualifiés ont eu l'opportunité de passer une formation de 400 heures en moyenne, prise en charge par l'entreprise. Ils ont obtenu soit un CQP Commis de cuisine soit un titre professionnel Cuisinier, dispensé par l'institut de formation interne Servair Formation en partenariat avec une école hôtelière.

Régulièrement nos cuisiniers bénéficient également de formations et de partages d'expériences avec les grands Chefs étoilés auxquels nous faisons appel pour définir les menus et recettes associées à l'attention des passagers haute contribution des classes Affaires et Premières. C'est ainsi que pour Air France, il a été fait appel à Joël Robuchon, Guy Martin, Michel Roth, Régis Marcon et tout récemment Anne-Sophie Pic.

Certains de nos cuisiniers accèdent aussi à des qualifications de chefs de brigade ou chefs de cuisine dès lors qu'ils détiennent l'expérience et les capacités à manager des équipes. Pour cela Servair Formation les accompagne afin de développer leurs compétences dans les domaines de la communication, de la résolution de problèmes ou encore des techniques d'entretiens professionnels des collaborateurs qu'ils ont ou auront à encadrer.

Quels sont les besoins en recrutement dans ce secteur d'activité pour 2015 ?

La mise en œuvre de la GPEC devrait nous permettre de mieux anticiper qualitativement et quantitativement nos besoins en recrutement, notamment à partir des données sociales (projection des moyennes de départs).

Globalement, si la situation économique de l'entreprise  était maîtrisée, une centaine d'embauches en CDI  seraient nécessaires en 2015 en région parisienne pour remplacer notamment en exploitation  les personnes qui quitteraient l'entreprise.

Pour la filière professionnelle cuisine deux types de besoins sont identifiés. Le premier se traduira en 2015, comme les années précédentes, par environ 5 recrutements de cuisiniers de 1er niveau. Nous rechercherons aussi des professionnels de l'hôtellerie, expérimentés au management d'équipe en milieu industriel et prêts à partir à l'international dans des contextes de développement parfois complexes, notamment en Afrique. Soucieux de la meilleure intégration possible de ces candidats spécifiques et de leur adaptation à nos particularités, ces départs en expatriation se feront après une période d'immersion dans l'une de nos unités de production de Roissy et auprès des fonctions supports du Siège social.

Propos recueillis par Sandrine Damie