Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Rhys Tyler

Directeur de communication
Date de l'interview : 24/11/2014

Pour moi, il y a LE point fort de tous les points forts : c’est le développement particulier du savoir-être quand on poursuit une formation METS.

Responsable de la communication d'une agence de traduction spécialisée, Rhys Tyler revient sur son parcours de formation et son insertion pro.

Quel profil de lycéen étiez-vous (studieux, dilettante, avec ou sans envie professionnelle ou de formation...) ?

J’étais un peu les différents profils que vous mentionnez. Parfois, j’étais studieux, surtout pour les langues parce que cela a été tout de suite ma passion. Parfois, dilettante aussi. Ou peut-être, souvent dilettante, en fait ! En effet, une fois, mon professeur d’économie m’a dit que je réussirai dans la vie car je suis un véritable touche à tout. Il y a une expression en anglais pour cela : "jack of all trades". Je crois que c’est une bonne synthèse de ma personnalité.

Comment aviez-vous connu l'ISIT ?

Surtout par le réseau. J’ai eu tellement de chance au sein de mon université galloise d’origine où je faisais mon master en "Translation and Interpreting Studies" ! Il est vrai qu’à Swansea (Pays de Galles), notre directeur des études - le coordinateur du master européen en traduction spécialisée – a beaucoup de bonnes relations partout en Europe. C'était lui qui m’avait présenté le profil de l’ISIT, sa marque et sa valeur ajoutée.

Vous avez obtenu un master européen en traduction spécialisée (METS). Pourquoi aviez-vous choisi cette formation ?

J’ai toujours adoré les langues étrangères.

J’ai pris du recul et je me suis rendu compte que le marché de la traduction est à la fois riche et qu’il ne fait que s’élargir. C’est-à-dire que, concrètement, il y a de plus en plus d’emplois et surtout la création de nouveaux métiers dans ce secteur. A titre d’exemple, ces 2 dernières années, nous avons observé la création de nouveaux rôles tels qu’un Community Manager ou qu’un multilingual blog et / ou multilingual website manager.

Je voulais poursuivre une carrière dans un cadre qui était au moins européen, et à terme, international. Souvent, avoir des connaissances des langues étrangères, et avant tout, savoir traduire - et donc savoir transposer des concepts entre des cultures différentes - peut faciliter ce processus.

Quels sont les points forts de cette formation ?

Pour moi, il y a LE point fort de tous les points forts : c’est le développement particulier du savoir-être quand on poursuit une formation METS. Au cours des 12 derniers mois, s’il y a une chose que j’ai remarquée, c’est la capacité du traducteur d’épouser et de tirer profit de ses connaissances interculturelles. Plus le monde est globalisé, moins on pourra faire valoir l’anglais comme la seule langue. Autrement dit, plus le monde est globalisé, plus on doit prendre conscience des nuances interculturelles non seulement entre des continents mais aussi entre des pays qui se trouvent sur le même continent.

C’est le vieux cliché, mais apprendre une langue, c’est aussi apprendre une culture. C’est apprécier et être capable d’analyser des cultures avec lucidité et avec objectivité. C’est de dire que peut être que les français mangent beaucoup mieux que les anglais mais aussi de dire qu’en même temps, ces anglais sont assez pragmatiques dans des situations de crise et de stress. Voilà un exemple un peu basique  ;-)

Tout simplement, de nos jours, dans le monde de travail (quel quel soit ce marché visé), il faut être réactif, et ce qui est plus important, c’est qu’il faut s’adapter d’une manière vertigineuse pour répondre aux besoins de votre client, de votre projet, et / ou de votre public.

Comment s'est passée votre insertion professionnelle après votre diplôme ?

J’ai eu beaucoup de chance de faire partie du vaste réseau d’une belle école telle que l’ISIT. De surcroît, il faut dire que le réseau de l’ISIT est vraiment à la pointe : le réseau et ses membres trouvent de nouveaux moyens et ils suivent les moyens les plus dans l’air du temps pour s’entraider !

Vous venez de décrocher un poste de directeur de communication dans une agence de traduction spécialisée. Quelles sont vos missions ?

Mon poste me permet de mettre en pratique les compétences que j’ai acquises et que j’ai développées pendant mon master, et surtout pendant le cursus METS.

La philosophie de l’ISIT et la philosophie adoptée par mes professeurs à Swansea aussi, c’est une philosophie qui est axée sur la question suivante : "pour qui ?" Tout est dorénavant une question de l’audience cible en question.

A  court terme, mon rôle est plutôt opérationnel. L’objectif est de maintenir de bonnes relations avec nos clients et de trouver les moyens pour améliorer le niveau de la qualité de nos prestations.

A long terme, mon rôle est toujours opérationnel et orienté vers le côté marketing. Par marketing, j’entends un travail à la fois stratégique et novateur. D’une part, c’est une question de stratégie parce qu’il faudra trouver une solution pour augmenter la visibilité de la société. D’autre part, c’est novateur – et voici le vrai défi ! – parce qu’il va falloir nous démarquer et donc il va falloir anticiper les problèmes et rester à la pointe des progrès des tendances professionnelles ainsi que des progrès des recherches académiques. Par exemple, récemment, nous avons vécu une forte augmentation de projets de type rédaction publicitaire ou copywriting dans le secteur de traduction. J’anticipe une fusion des 2 professions dans l’avenir, c’est-à-dire, la fusion des compétences plutôt orientées vers le marketing et des compétences de traduction et de relecture. Les 2 professions se reposent sur le style, et peut être qu’il sera difficile de rester rédacteur publicitaire monolingue dans l’avenir. A suivre !

En quoi votre formation à l'ISIT vous sert-elle dans votre quotidien pro ?

En pratique, la formation à l’ISIT me sert pour plusieurs aspects de mon travail. Il semble que les 2 aspects clés soient la planification d’une stratégie de communication et le décodage interculturel. Mes cours de traduction et de marketing m’ont beaucoup aidé à être plus rigoureux dans mon analyse voire ma pré-analyse d’un projet de traduction, de relecture, de rédaction publicitaire ou d’une campagne de marketing ou de communication. Mes cours de ressources humaines internationales et de management opérationnel m’ont permis de développer ma pensée à l’international, c’est-à-dire mon approche envers des cultures différentes. A titre d’exemple, au quotidien, nous travaillons de plus en plus souvent avec des chinois. Comment communiquer à cet égard ? Et quels sont les nouveaux moyens de communication ? En premier lieu, bien sûr qu’il y a les réseaux sociaux et / ou les réseaux professionnels, mais le but est toujours d’approfondir ; quels sont les moyens tout nouveaux les mieux adaptés ? L’idéal c’est de suivre toutes les tendances actuelles.

A quoi ressemble une journée type ?

Il n’y a pas de journée type dans le secteur de la traduction, et surtout dans mon rôle. Une journée, c’est appeler les clients pour discuter des projets et comment monter en gamme notre collaboration. Une autre journée, c’est gérer les projets multilingues. Et une autre journée c’est des réunions-clients pour prospecter de nouveaux projets.

En quelle(s) langue(s) êtes-vous amené à travailler aujourd'hui ?

Pour l’instant, ma langue de travail principale est le français et sinon, j’utilise ma langue maternelle, l’anglais. Dans l’avenir, avec plus de séances de formation spécialisées, l’objectif est d’utiliser l’espagnol plus souvent au quotidien. L’autre idée primordiale, c’est de se focaliser sur une des langues BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).

Quelles sont les compétences pour réussir / évoluer dans le domaine de la traduction spécialisée ?

La rigueur et un œil de lynx au quotidien !

Il faut s’intéresser à l’écriture et avant tout aux mots (c’est toujours la quête ou la recherche du mot juste).

La polyvalence est primordiale aussi : il faut apprendre vite toutes les nouvelles technologies ainsi que tous les nouveaux logiciels parce qu’il faut être capable de cerner l’essentiel, de cerner les fonctions clés, qui vont rendre le processus de traduction moins stressant et plus facile.

A quel type de poste vous imaginez-vous dans 10 ans ?

Mon but est de rester dans un cadre international et surtout à Paris pour les années à venir. Ou que je sois, je pense que mon profil s’aligne sur deux parcours professionnels :

  • Un rôle dans la traduction qui fusionne les métiers du marketing / publicité / et rédaction publicitaire. Une agence multilingue, par exemple ;
  • Un rôle dans le secteur public dans l’optique des relations internationales. Un exemple type c’est soit les ambassades soit le British Council. Tout ce qui est politique et culture reste proéminent ou saillant. D’ailleurs, j’ai toujours apprécié l’importance de la diplomatie.

Propos recueillis par Sandrine Damie