Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Eliott Cazaubiel

Etudiant 2e année prépa BCPST lycée Janson-de-Sailly, Paris (75)
Date de l'interview : 14/10/2014

La prépa, c’est plus une question de méthodologie que de quantité de travail.

Etudiant en 2e année de prépa BCPST (Biologie, Chimie, Physique et Sciences de la Terre) au lycée Janson-de-Sailly à Paris, Eliott Cazaubiel vise une école d’ingénieur agronome. Ce bachelier S, mention assez-bien, qui tournait autour de 14 de moyenne générale en terminale, a été agréablement surpris d’intégrer une communauté très soudée davantage dans l’entraide que dans la compétition.

Pourquoi avez-vous choisi la voie de la prépa ?

J’aimais énormément la biologie, mais n’avais pas d’idée fixe sur mon futur métier. Comme j’avais entre 14 et 16 de moyenne en maths, biologie et physique en terminale au lycée Richelieu à Rueil-Malmaison, j’ai choisi la voie de la prépa, celle qui m’ouvrait un maximum de portes. Connaître des gens passés par là, comme ma sœur, m’a permis de me faire une idée de ce qui m’attendait sans m’en tenir aux idées reçues sur le rythme de travail et l’ambiance, notamment.

Comment s’est passée la première année ?

Comme j’habitais à une heure et quart au moins de transport, je me suis installé chez ma grand-mère, qui vit près de Janson-de-Sailly. Je suis au lycée de 7h30 jusqu’à parfois 22 heures. Je prends mon petit-déjeuner, mon déjeuner et mon dîner au lycée.
Le fait de vivre quasiment 24h sur 24 avec les autres élèves crée des liens très forts.

L’ambiance de classe et de travail a été la meilleure surprise en arrivant ici. Le rythme de travail soutenu et le fait de traverser ensemble les épreuves, les oraux, les examens, fait qu’on se connaît très bien et qu’on s’entraide. Nous formons une vraie communauté soudée, qui sort de temps en temps boire un verre ensemble. Au lycée, on connaît moins cela, parce qu’on est moins secoué qu’en prépa.

En quoi vous êtes vous senti « secoué », comme vous dites, en prépa ?

Les premiers mois sont difficiles. La plupart des élèves craquent à un moment où un autre. C’est une chose à laquelle on s’attend lorsqu’on arrive en prépa. Au départ, on travaille beaucoup sans que cela paie forcément. Lors des oraux, quand on rate, il arrive que le prof s’agace. L’an dernier, mes premières notes ont été un 5,5 en maths, un 4,5 en biologie et un 5,5 en physique. En prépa, les moyennes sont plutôt à 8/20 qu’à 12, comme en terminale. Il faut se cramponner. Aujourd’hui, je ne suis pas dans les dix premiers, mais je viens d’avoir un 10 en maths dernière note un 8,5 en physique et un 12,5 en biologie. En deuxième année, on n’a pas le temps de trop penser au moral. On est à fond dans le  boulot. Sur les 40 étudiants, 20 ou 25 visent une école vétérinaire, où les places sont très limitées. On sait qu’une dizaine d’étudiants seulement devraient être pris. De manière générale, nous visons tous une très bonne école après la prépa.

Que visez-vous après la prépa ?

Une école d’ingénieur agronome. J’aimerais décrocher SupAgro Montpellier, parce que je voudrais quitter Paris. Agro Paris Tech ou Agro Rennes, Toulouse et Bordeaux sont aussi de bonnes écoles. Si je n’ai pas l’une de celles que je vise, il me faudra peut-être recommencer une deuxième année, sachant que si les autres partent, cela va être difficile de rester, mais que cela peut valoir le coup de faire une année supplémentaire pour atteindre mon but.  Je ne sais pas encore, je suis en train d’y réfléchir. Et cela va aussi dépendre de mes résultats. Si je suis loin de mon but ou pas…

Vous préparez des concours. Sentez-vous une pression du fait de la compétition ?

J’avais peur de la compétition avant d’arriver en prépa. Nous sommes classés sur les 40 élèves de la classe, chacun sait où il se situe dans chaque matière. Le classement évolue beaucoup selon les matières. Ce qui est bien, c’est que le classement a été mis en place de manière progressive en première année. Entre nous, cela n’induit pas un esprit de compétition. On en rigole plutôt.

Qu’étudiez-vous en prépa ?

J’ai environ 7 heures de cours chaque jour. 8 heures de maths, 8h30 de physique-chimie, 8h de biologie par semaine et également 2h hebdomadaires de français-philosophie, 2h pour chaque langue – j’en ai une deuxième, mais elle est facultative – et aussi 2 h de géographie. Aux heures de cours s’ajoutent les examens oraux et un devoir surveillé d’environ 4 heures le samedi matin. 

Combien de temps passez-vous à travailler cette année, en plus de vos cours ?

Je dirais que je travaille environ 2 à 3 heures par jour à côté des cours. Au début de la première année, on commence doucement, même s’il y a un palier important entre la terminale et la première année de prépa. Ensuite, il y a également un palier important entre la première et la deuxième année, parce que le concours approche.
Le travail est plus soutenu.  Mais ce n’est pas tellement une question de quantité de travail. En première année, je travaillais beaucoup, mais je n’étais pas aussi organisé et je n’avais pas acquis la méthodologie que j’ai aujourd’hui.

Qu’est-ce qui a changé dans votre manière de travailler par rapport à la terminale ? 

En terminale, je travaillais parfois avec mon ordinateur ou mon téléphone à côté. Et puis je travaillais surtout avant les contrôles au coup par coup. Je ne faisais pas de fiche. Aujourd’hui, je « fiche » mes cours tous les soirs. Quand je travaille, je ne fais que cela et je définis auparavant le temps que je dois passer sur chaque tâche. Je travaille surtout en groupe, ce qui m’a permis de progresser en méthodologie par l’observation des autres.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite suivre votre voie ? 

Les lycéens ont une vision assez horrible de la prépa. J’aimerais les rassurer : on a quand même une vie ! Ce qui est important c’est de bien faire attention à l’organisation. Le rythme de travail est certes conséquent, mais c’est assez stimulant intellectuellement. Nous avons des enseignants très calés et investis. Il est arrivé qu’un prof réponde à une question par mail vers 22 ou 23 heures. C’est un bon challenge, la prépa ! Si on se sent prêt à mettre un peu sa vie sociale entre parenthèses, pour vivre quelque chose qui est quand même très nourrissant avec des relations humaines très fortes, alors faut y aller. L’autre chose à prendre en compte, si on a peur d’y aller, c’est qu’il y a pas mal de portes de sortie, puisque la prépa est considérée comme le niveau le plus élevé en termes d’orientation après le bac. On peut donc toujours changer de voie en cours de route. Si on a peur, le mieux reste d’essayer. En première année, certains sont, par exemple, partis au bout d’un mois en école d’ingénieurs post bac. 

Propos recueillis par Isabel Busché