Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Garance Degos

Etudiant licence 2 lettres Paris 3 et élève du Cours Florent, Paris (75)
Date de l'interview : 14/10/2014

Pour réussir dans le théâtre, il faut avoir quelque chose de différent.

Garance Degos, 19 ans, est aujourd’hui en licence 2 de théâtre à Paris 3 Sorbonne-Nouvelle et suit les cours de théâtre du Cours Florent. En parallèle, la jeune femme continue la natation. L’an dernier, elle a participé aux championnats de France.

Pourquoi avez-vous choisi d’entamer des études de théâtre ?

J’avais envie de faire du théâtre depuis longtemps, mais n’en avais pas eu le temps car la natation et le violoncelle m’occupaient déjà suffisamment à côté du lycée. Après mon bac S, mention bien, au lycée Rabelais de Meudon (92), j’ai choisi de m’inscrire à l’université. Cela me permettait de viser un diplôme et d’avoir une formation théorique, avec une approche des textes et des auteurs, à côté de la pratique théâtrale au cours Florent, où je n’avais pas beaucoup d’heures.

Comment se répartissent vos cours entre la fac et le Cours Florent ?

Je passe 9 heures par semaine au Cours Florent et je vais sans doute ajouter une option de 6 heures hebdomadaire. A l’université, j’avais 17 heures de cours par semaine l’an dernier contre 13 heures cette année. Ce qui est pratique pour tout concilier, c’est que nous faisons nos emplois du temps nous-mêmes à la fac.

A-t-il été difficile d’intégrer le Cours Florent ?

J’ai effectué un stage d’accès d’une semaine pendant les vacances d’été. Sauf exception, tout le monde a été pris en première année à l’issue de ce stage. Je me suis tout de suite sentie bien dans le théâtre. J’ai notamment beaucoup aimé jouer Bérénice. Il y a ensuite eu un écrémage entre la première et la deuxième année. Des élèves à qui cela ne convenait pas sont partis. D’autres ont préféré le Conservatoire. Enfin, certains sont partis à l’issue de l’un des trois contrôles qui ont lieu en cours d’année.

Vous êtes par ailleurs sportive de haut niveau. Comment conciliez-vous natation et études ?

Au lycée, c’était compliqué. J’enchainais lycée, piscine, devoirs et violoncelle. Je nage tous les soirs deux heures et je fais parfois de la musculation le mercredi. J’ai plus de temps aujourd’hui que lorsque j’étais au lycée, même si le théâtre est chronophage et que je passe davantage de temps dans les transports. Je mets une heure pour aller de Meudon au Cours Florent et 35 minutes pour aller à la fac. Je cours souvent pour être à l’heure !

A quel âge avez-vous commencé à nager ?

Je m’entraine depuis le CE1 mais mon niveau a augmenté lorsque j’ai changé d’entraineur. Vers 15-16 ans, je suis passée, en un an, du niveau départemental au niveau national. L’an dernier, j’étais qualifiée aux championnats de France, en national 1. Cette année, je ne me suis pas re-qualifiée en « national » et en « national élite », parce que je me suis cassée le doigt. Il faut que je me qualifie à nouveau. Je suis déjà en « régional ».

N’est-il pas difficile de tenir le rythme ?

Il m’arrive d’être fatiguée et de faire un malaise ou de pleurer un peu sans raison… Dans ce cas là, je me couche plus tôt et je récupère.

Que visez-vous après la licence et le Cours Florent ?

J’aimerais passer concours pour les Conservatoires nationaux. Je ne sais pas encore si je ferais un master ou pas. Il est trop tôt pour me projeter. Ce n’est pas seulement une question de travail mais aussi de chance, de rencontre. Pour réussir dans le théâtre, il faut avoir quelque chose de différent qui permet de se démarquer.

Quel est votre projet professionnel ?

J’ai bien l’intention de vivre un jour du théâtre, d’être vraiment comédienne. En fin de 3ème année, il y a une représentation au Cours Florent, à laquelle assistent des gens importants extérieurs à l'école, qui montent des troupes et des spectacles. On peut être repéré à ce moment-là. Aujourd’hui, il est trop tôt pour savoir si cela va marcher.

Avez-vous un plan B ?

Non, car c’est vraiment ce que je veux faire. C’est un peu stressant de se dire qu’on est nombreux, mais j’essaie de prendre du recul. Mon expérience des compétitions en natation m’aide sans doute à cela.

Que diriez-vous à un jeune qui souhaite concilier sport et études ? 

C’est important d’avoir un petit truc comme le sport pour souffler. A la fin des cours, j’aime me dire "maintenant je vais nager". Concilier les deux est tout à fait possible. C’est une question de motivation. J’ai commencé tôt la natation en compétition et la motivation a augmenté avec les résultats et les sélections.

 

Propos recueillis par Isabel Busché