Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Justine Santana-Blum

Elève 1re année CPGE économiques et commerciales lycée Notre-Dame du Grandchamp, Versailles (78)
Date de l'interview : 14/10/2014

Réussir en prépa n’est pas une question d’intelligence mais d’endurance.

Grâce à la découverte d’une nouvelle matière passionnante, l’économie en série ES, Justine Santana-Blum, davantage motivée par ses études, s’est révélée bonne élève et a décroché son bac avec mention bien, ce qui lui a permis d’intégrer une prépa affichant de bons scores aux concours des meilleures écoles de commerce.

Pourquoi avez-vous choisi la prépa éco ?

Je tiens d’abord à dire que je ne fais pas partie des bonnes élèves depuis toujours. En 6ème, j’avais des difficultés. J’ai fait deux premières, d’abord en série S, puis en ES. Je ne me sentais pas dans mon environnement en S. Les sciences ne m’intéressaient pas et j’ai beaucoup de mal à faire quelque chose que je déteste. En ES, l’économie m’a beaucoup plu et il y a eu une montée en puissance de mon niveau scolaire à partir de la première. Je ne trouvais pas cela difficile. En terminale, j’étais très motivée et j’avais 15-16 de moyenne. J’ai décroché mon bac avec une mention bien, sans trop réviser, car j’avais travaillé régulièrement pendant l’année. Comme j’avais un bon dossier, je me suis rendue sur un salon de l’Etudiant pour me renseigner sur les filières sélectives. Au départ, je n’avais pas pensé aux écoles supérieures de commerce. J’étais même plutôt fermée là-dessus, ne voyant que le côté commercial, qui ne m’attirait pas spécialement. Je me voyais plutôt avocate. J’ai finalement découvert que les débouchés après une école de management étaient très vastes et que cela ne me retirait pas la possibilité de continuer en droit ensuite si je le souhaitais.

Qu’apprenez-vous en prépa ?

Nous faisons beaucoup de maths, autour de 10 heures par semaine. Nous étudions l’économie, 8 heures par semaine ; la culture générale 6 ou 7 heures par semaine et deux langues vivantes : l’espagnol et l’anglais. Nous avons des DST (devoirs sur table, NDR) tous les lundis. En prépa, nous sommes poussés à mener une réflexion fondée. L’économie, par exemple,  apporte énormément de choses dans notre analyse de l’actualité. Ma prépa est très bonne mais n’écrème pas pour le passage en deuxième année. C’est assez rare. Nous sommes très épaulés et ils ne lâchent jamais les élèves en difficulté.

Travaillez-vous énormément cette année ?

Au début de mon année de prépa, je n’étais pas organisée comme il fallait et ne travaillais pas efficacement. Ma mère, qui a fait médecine, m’a aidée à m’organiser. Pour reprendre ses cours de la journée le soir, il faut se faire un planning très précis et s’y tenir.

Je commence à 8h le matin et je termine mon travail à 23 heures. Je m’accorde une pause d’une demi-heure lorsque je rentre de cours et une autre pour le diner. Le week-end, j’ai cours le samedi matin. Je travaille de 14 à 20 heures. Je ne me couche pas plus tard que minuit le samedi soir. Et le dimanche, je commence à 8h30, je fais une pause déjeuner à 13h et je reprends de 14h30 à 19H30.

N’est-il pas difficile de tenir ce rythme ?

On s’habitue à travailler énormément et cela devient normal à tel point que cela ne nous vient pas à l’idée de faire autre chose, même s’il y a des jours où l’on n’a pas très envie de s’y mettre. Il faut comprendre que réussir en prépa n’est pas une question d’intelligence mais d’endurance, de régularité. La prépa est une course de fond. Et je me dis que deux ans, ce n’est pas si long pour arriver à des études en école de management, qui ne demandent pas un travail dingue. Il suffit de parler avec les étudiants de ces écoles pour le savoir ! Vous connaissez beaucoup d’études où l’on peut accéder à une situation professionnelle sympa en bossant à fond deux ans ?

Que visez-vous après la prépa ?

Je souhaite intégrer une bonne école de commerce. C’est pour cela que je n’ai pas fait une école post bac. Passer par une prépa donne accès à une meilleure école. Je suis dans une bonne prépa où les derniers classés intègrent Toulouse Business School, souvent classée dixième dans les palmarès réalisés par les magazines, donc, je suis confiante. Je vise une des dix premières écoles des classements. Je n’ai pas envie de prendre de risque et en visant l’une de ces écoles, je sais que j’aurais un boulot. Dans l’idéal, j’aimerais une école parisienne, mais pas forcément HEC, parce que je n’ai pas l’intention d’être patronne du CAC40 !

Ensuite, je pense continuer en droit des affaires ou droit international. A moins que je ne me spécialise dans la finance. C’est un domaine que je ne connais pas encore assez mais qui commence à m’intéresser.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui souhaite suivre votre voie ? 

Je lui dirais d’abord que la prépa est une voie royale mais pas une fin en soi et qu’il doit savoir ce qu’il veut faire ensuite. Je lui conseillerais de bien se renseigner sur ce que sont les études en école de commerce, de mûrir sa vision des différents jobs à la sortie et de voir ensuite s’il préfère faire une école post bac ou post prépa. S’il décide d’aller en prépa, je le préviendrais qu’il ne faut pas s’attendre à avoir énormément de vie en dehors de la prépa, mais que la motivation vient de ce qu’il y a à la clef. Il faut se demander si l’on en est capable psychologiquement de se forcer à fournir un travail régulier en ayant cet objectif en tête.

Propos recueillis par Isabel Busché