Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Jean Baptiste Roudergues

Animateur à l’AFOCAL, Paris (750016)
Date de l'interview : 14/10/2014

Quelque soit son talent, on peut l’exercer dans l’animation.

Alors qu’il achevait son BTS, Jean-Baptiste a animé une colo, « pour essayer ». Une révélation. Après un brevet d’animateur - le Bafa - un diplôme de jeunesse et sport et des expériences d’animation en poche, il est aujourd’hui responsable de la formation Bafa dans une association.

En quoi consiste votre métier ?

J’exerce deux fonctions dans l’association. Je dirige la formation Bafa (brevet aptitude aux fonctions d’animateur) de l’AFOCAL et j’accompagne les différents partenaires qui veulent mettre une formation Bafa en place. Il s’agit principalement de collectivités territoriales – Mantes-la-Jolie, Vélisy, Meaux,… - d’associations ou encore d’organismes de séjours de vacances collectives. Nous mettons en place pour eux des formations sur-mesure. En Ile-de-France, nous sommes 8 permanents et, en 2013, nous avons formé 2 636 stagiaires. Par ailleurs, nous proposons également des formations BAFD (Brevet d’aptitude aux fonctions de direction).

L’animation, c’est un job d’été ou un métier ?

C’est d’abord un job d’été, même si les choses changent avec la réforme des rythmes scolaires qui a augmenté le temps périscolaire. Dans ce cadre, nous avons plus de places pour intervenir et la réglementation va être de plus en plus regardante sur la qualification des personnes. De nombreuses municipalités cherchent d’ailleurs à former les personnels.

Quelles sont les qualités nécessaires pour travailler dans l’animation ?

La communication est la pièce maitresse qui permet d’éviter ou de résoudre les conflits. Quand on est dans le collectif, avec des enfants, cela peut vite partir dans tous les sens. Il faut avoir des qualités humaines et relationnelles dont la bienveillance et le souci de l’autre… L’animation est tout à fait incompatible avec l’égocentrisme. Si on ne pense qu’à soi, on ne peut pas être avec les autres. Ensuite, il faut être dynamique, créatif, savoir proposer plein de choses. Mieux vaut également être organisé et rigoureux. Proposer des activités qui vise à faire grandir l’enfant, cela se prépare. Il ne faut pas perdre de vue la visée éducative des activités que l’on propose et toujours être à jour sur la réglementation en vigueur. Et puis, c’est toujours un vrai avantage d’avoir des compétences particulières, musicales, artistiques, sportives… Quelque soit son talent, on peut l’exercer dans l’animation.

Comment choisir sa formation Bafa ?

Sur le site du ministère de la Ville, de la  Jeunesse et des Sports (www.jeunes.gouv.fr), figurent les dates, les lieux les prix des organismes qui proposent des formations Bafa. Ensuite, il faut savoir que la vision des choses peut être différente d’un organisme à l’autre, de même que la façon de former. Chez nous l’approche théorique est tout de suite mise en pratique. Ailleurs, les stagiaires peuvent faire plus de théorie. Cela dépend. Pour le savoir, il faut aller sur le site de l’organisateur de la formation afin de lire son projet éducatif. Cela permet de connaître les valeurs de l’association et de savoir si on y adhère ou pas.

Qu’est-ce qui vous a amené à travailler dans le domaine de l’animation ?

J’ai commencé à faire une première colonie de vacances en tant qu’animateur, d’abord sans BAFA, à 20 ans, alors que je terminais mon BTS NRC (négociation relation client). Je n’étais jamais parti en colo, mais j’ai fait un peu de scoutisme quand j’étais petit. A l’issue de cette expérience de l’animation, je me suis dit que je devais vraiment m’engager là-dedans. L’année de mon Bafa, j’ai travaillé bénévolement dans une école. J’ai ensuite fait pas mal de colo, puis j’ai décidé de continuer et de passer le BPJEPS (Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport), un diplôme niveau 4 (bac) de Jeunesse et Sports.

Comment s’est déroulé votre BPJEPS ?

Je l’ai passé avec la spécialité « loisir tout public », mais il y a aussi de nombreuses spécialités sportives (du cyclisme au vol libre, NDR). J’étais en alternance dans une structure d’accueil de mineurs - un centre de loisirs - le mercredi, et en formation lundi, mardi, jeudi et vendredi. La théorie représente une part importante de la formation. Nous travaillons sur tout ce qui touche à la connaissance de l’enfant jusqu’à 17 ans. Il y a un gros travail autour de la communication, du relationnel avec parents, enfants, collègues et supérieurs. Tout ce qui relève de la prévention et de la gestion de conflits représente une part non négligeable de notre apprentissage. Nous apprenons également la comptabilité spécifique aux accueils de loisirs, avec, par exemple, les déclarations de séjours. Et nous travaillons également le droit, les droits de l’enfant, mais aussi tout ce qui concerne le fonctionnement des collectivités territoriales et des séjours ou accueils de mineurs.

Quelles sont les débouchés possibles ?

L’animation peut mener à des postes dans la fonction publique, dans des services enfance, politique de la ville, jeunesse ou éducation, des villes, par exemple. Il y a un concours d’animateur territorial de la fonction publique, concours de catégorie B. On peut aussi y entrer en postulant directement. Il est également possible de travailler à la direction d’accueil de loisirs ou de colos, parfois auprès de personnes handicapées ou âgées.

Combien gagne un animateur professionnel ?

A part sur des postes à responsabilités, il est difficile de trouver un contrat fixe et régulier de 35 heures. Il y a du travail, mais on peut partir  deux semaines en colo pendant les vacances scolaires et avoir du mal à en trouver ensuite. Ou alors il s’agit d’emplois de vacataires pour des structures de loisirs sur des accueils après l’école et le mercredi. En général, le salaire en équivalent temps plein, varie entre un salaire minimum (autour de 1 440 euros brut par mois) et 2 500 euros brut mensuel sur des postes à responsabilité.

Et vous ?

Pour ma part, je gagne 1 500 euros net par mois. Je travaille 35 heures par semaine lorsque je suis au bureau. Lorsqu’il s’agit de formation, je suis pris de 9h à 19h non-stop, 8 jours consécutifs, sans compter les réunions de préparation.

Avez-vous un conseil à donner à un jeune qui souhaite travailler dans ce secteur ?

Si on veut s’engager pour les valeurs de l’éducation populaire toute notre vie, alors il faut se professionnaliser dans l’animation. Il faut se demander si l’animation est une activité qui vous plait juste l’été ou tout le temps, si vous croyez que les enfants dont vous allez vous occuper peuvent grandir en s’épanouissant de manière harmonieuse et prendre ensuite le relais.

 

Propos recueillis par Isabel Busché