Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Nicolas Charmel

Infographiste 3D
Date de l'interview : 10/07/2014

J'aime la possibilité de donner vie à des choses ou des êtres auxquels on finit même par s'attacher.

Nicolas Charmel, infographiste 3D en free-lance évoque son parcours, son métier et sa recherche de clients.

Vous êtes infographiste 3D stéréographe. Quel est le coeur d'activité de votre métier ?

La mise en volume et en image de toutes sortes d'objets, de lieux ou de créatures afin de les montrer virtuellement tels qu'ils seront s'ils n'existent pas encore, tels qu'ils peuvent être mis en situation s'ils existent mais qu'on ne peut pas filmer dans cette situation, ou tels qu'on aimerait les voir selon le besoin du projet.

Au lieu de dessiner dans un plan à 2 dimensions quelque chose qu'on ne peut voir que sous un angle, je modélise, dans un espace à 3 dimensions quelque chose que l'on pourra manipuler pour le voir sous toutes ses coutures.

Pouvez-vous nous préciser ce qu'est la stéréographie ? Dans quels domaines peut-on l'utiliser ?

La stéréographie est une branche spécifique de mon domaine d'intervention. Il s'agit de réaliser des images à 2 points de vues de façon à les destiner à chaque œil et ainsi permettre au cerveau de recréer la notion de volume et de perspectives. C'est ce que les médias et les commerciaux appellent la 3D, visible avec des lunettes adaptées.

Cette dénomination abusive apporte une confusion qui rend les choses assez incompréhensibles au grand public. Il y a des photographes stéréographes, des réalisateurs de film stéréographes : ces gens ne font pas de 3D, ils ne font pas d'images de synthèse avec un logiciel de création graphique 3D tels que ceux que j'utilise. Eux aussi filment ou prennent des photos de deux points de vues, moi, je fais de la 3D, parfois stéréoscopique.

Qu'aimez-vous particulièrement dans la 3D ?

La possibilité de donner vie à des choses ou des êtres auxquels on finit même par s'attacher.

Quel a été votre parcours de formation ?

J'ai commencé en 2000 en découvrant des logiciels tels que 3D studio max en version de démos, puis Anim8or, petit soft gratuit développé par un américain passionné et altruiste.

Au départ, je cherchais comment concevoir un jeu simple pour ma fille. Après avoir fait des petits "power point" interactifs dont les graphismes en 2D ne me satisfaisaient pas vraiment, j'ai passé pas mal de temps sur les 2 logiciels déjà cités afin de mettre en scène des choses d'abord assez basiques, puis de plus en plus variées.

C'est quand j'ai découvert Blender, la version 2-27 à l'époque, que, à l'aide de tutoriels trouvés sur la toile, j'ai approfondi sérieusement le sujet.

Les technologies évoluant rapidement, comment faites-vous pour vous tenir à jour et vous former aux nouveaux logiciels / techniques ?

Je reçois des newsletters, comme tout le monde. De plus, Blender jouit d'un support qui lui apporte de constantes évolutions, Linux aussi. Je tâche de trouver le temps de travailler sur Unity qui me permettrait de développer une branche interactive pour mobiles et tablettes.

Souvent ce sont des clients qui par leurs demandes spécifiques m'obligent à me renseigner sur les nouveaux formats, les nouveaux codecs, les résolutions à adopter etc.

Vous travaillez actuellement en free-lance. Sur quels types de projet vous positionnez-vous ?

Il existe une multitude de façons de pouvoir exploiter ce que mon activité permet de faire .

J'ai déjà fait de l'illustration pour des dossiers spéciaux dans des magazines techniques par exemple. Je fais beaucoup de rendus à tendance photo-réalistes pour des architectes, des décorateurs ou des promoteurs immobiliers.
J'ai créé une série d'animation 3D stéréoscopique de 30  premiers épisodes d'une minute chacun, que Orange a achetée quand ils développaient leur chaîne de télé 3D qui a fini par rendre l'âme ce qui fait que pour ainsi dire personne n'a vu cette série un peu culturelle et très humoristique !

Je suis également formateur 3D au sein de plusieurs organismes.

Je crée aussi des visuels pour des supports de communication, et des animations destinées au web ou pour des vidéos institutionnelles.

Comment trouve-t-on des clients dans ce secteur ? Pourquoi avez-vous choisi de travailler en indépendant ?

Le mieux, c'est le bouche à oreille, de bons contacts, principalement dans son secteur géographique, même si j'ai quelque clients très éloignés, le travail à distance ne semble pas encore très apprécié en France.

J'ai choisi l'indépendance pour travailler chez moi, avec mes horaires et mon matériel, mais aussi parce que j'ai pu démarrer comme ça, avec des premiers clients envoyés par des contacts.

A quoi ressemble une journée type pour vous ?

Il y en a deux : celle où je n'ai pas de projet en cours, et que je passe à prospecter ainsi qu'à tâcher de me rendre visible dans les réseaux professionnels, et celle où j'ai une commande pouvant aller d'une journée de travail à deux-trois semaines d'affilée et au cours de laquelle je me mets devant ma station de travail dès 8 h ou 9 h selon si c'est moi qui ai dû mener mon fils chez sa nounou ou pas - station que je ne quitte que pour faire de brèves pauses au rez-de chaussée l'hiver, dans mon jardin l'été, et à 17h25, moment où je vais récupérer ma progéniture.

Quels conseils pourriez-vous donner à un jeune qui veut se lancer dans l'infographie 3D pour se démarquer des autres ?

Si j'avais les bons conseils pour se démarquer des autres, je les appliquerais à moi-même, et j'aurais bien davantage de contrats !

Propos recueillis par Sandrine Damie