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De plus en plus d'inégalités scolaires en France

Le rapport PISA de décembre dernier met en avant toujours plus d'inégalités entre les jeunes face à leur scolarité en France.


Le 10/03/2014

 

Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) est édité par l'OCDE. Etabli depuis 2000, ce rapport étudie et compare la performance des écoles et des systèmes éducatifs de 65 pays. Pour cela, il évalue des élèves de 15 ans (8 000 en France) dans 3 domaines principaux : les maths, les sciences et la compréhension de l'écrit.

 

Encore une fois, il souligne les écarts qu'engendre notre système éducatif. Et cette année est loin d'être flatteuse pour la France qui perd 3 places à ce classement triennal, désormais 25e sur 65 pays.

 

Les résultats français sont préoccupants parce qu'ils mettent en évidence, sur les 10 dernières années :

  • une baisse du niveau moyen en mathématiques ;
  • un accroissement des écarts de niveau entre les élèves qui s'explique par le plus grand nombre d'élèves en difficulté, alors que dans les autres pays de l'OCDE, cette part est stable ;
  • une aggravation des déterminismes sociaux : l'école française est aujourd'hui celle des pays de l'OCDE où l'origine sociale des enfants pèse le plus lourd dans les résultats scolaires, et cette tendance s'est accrue ces dix dernières années.

 

Une inégalité sociale de plus en plus forte

 

Le fossé n'a jamais été aussi grand entre les "bons" et les "mauvais". Si, en mathématiques, la part des élèves très performants est restée stable par rapport à 2003 (13 %), la proportion d'élèves en difficulté s'est envolée : 22,4 % contre 16,6 % il y a 10 ans.

 

Ainsi le système éducatif français laisse de nombreux jeunes sur le bord de la route, puisque seuls 22 % des jeunes les plus défavorisés "confinent à l'excellence", selon le rapport, contre 26 % en moyenne dans l'OCDE... et contre plus de la moitié dans les pays asiatiques. Certains pays – Allemagne, Italie, Pologne– ont su, en dix ans, améliorer l'équité sociale de leur système scolaire contrairement à la France.

 

Le système français est encore plus discriminant pour les enfants issus de l'immigration, "au moins deux fois plus susceptibles de compter parmi les élèves en difficulté". La proportion d'élèves issus de l'immigration se situant sous le niveau 2 en mathématiques ne dépasse pas 16 % en Australie et au Canada, mais atteint 43 % en France et globalement plus de 40 % uniquement en Autriche, en Finlande, en Italie, au Mexique, au Portugal, en Espagne et en Suède. 

 

L'OCDE est allée plus loin dans l'analyse en distinguant les résultats des adolescents issus de la première et de la seconde génération d'immigrés. Leurs scores sont, respectivement, inférieurs de 83 points et de 60 points à ceux des autres élèves.

 

Les filles moins confiantes que les garçons

 

Les filles ne réussissaient pas mieux – en maths du moins – que les garçons en 2003, et c'est encore le cas aujourd'hui. Les garçons les devancent de 9 points. A résultats équivalents, elles se sentent "moins sûres de leurs compétences" et font preuve d'une "moindre persévérance". En compréhension de l'écrit, en revanche, les filles gardent un très net avantage, avec un score de 44 points supérieur à celui des garçons. La différence est quasiment nulle en sciences (3 points en faveur des garçons).

 

Depuis 2003 (date de la dernière évaluation centrée sur les mathématiques), les élèves français ont perdu globalement 16 points en mathématiques, ce qui les a fait passer du groupe au-dessus de la moyenne, au groupe dans la moyenne.

 

En France, les garçons sont plus susceptibles que les filles d'indiquer vouloir poursuivre l'apprentissage des mathématiques, plutôt que celui des langues, à la fin de leur scolarité obligatoire. En moyenne, dans les pays de l'OCDE, 57 % des élèves, tous sexes confondus, déclarent vouloir poursuivre l'apprentissage des mathématiques : 63 % des garçons, mais seulement 51 % des filles.

 

L'enquête PISA révèle que les attitudes des élèves à l'égard des mathématiques sont déjà bien affirmées à l'âge de 15 ans. Nombre d'élèves, notamment de filles, font part de leur anxiété face aux mathématiques et de leur faible niveau de confiance en leurs propres capacités, même lorsqu'ils/elles obtiennent de bons résultats en mathématiques.

 

Les différences entre les sexes concernant la motivation et la confiance en soi sont d'autant plus préoccupantes que ces facteurs jouent un rôle essentiel dans la réussite des élèves.

 

Au vu du manque de confiance des filles, les systèmes d'éducation, les enseignants et les parents devraient s'efforcer de créer des moyens plus efficaces, tant à l'école qu'à la maison, de revaloriser la perception qu'ont les filles de leurs propres capacités en mathématiques.

 

Sandrine Damie

 

Principaux résultats de l'enquête PISA 2012 : http://www.oecd.org/pisa/keyfindings/PISA-2012-results-overview-FR.pdf