Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Christelle D.

assistante sociale à l'Education nationale
Date de l'interview : 29/01/2014

Occuper un poste d'assistante sociale suppose d'avoir un certain équilibre personnel psychologique afin de rester sereine et à l'écoute de l'usager.

Lutter contre l'absentéisme, favoriser l'intégration des élèves handicapés, prévenir l'échec scolaire sont autant de missions à accomplir au quotidien par une assistante sociale en collège ou lycée. Zoom sur l'expérience d'une AS expérimentée et dynamique.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans le social ? Et qu'est-ce qui vous motive aujourd'hui ?

J'ai été attirée dès le lycée par un métier en rapport avec le social et qui supposait d'être dans une relation d'aide à la personne plus sur le plan individuel que collectif.
Après 22 ans de terrain, je suis toujours motivée par la relation d'aide à autrui particulièrement auprès d'enfants et d'adolescents.
J'apprécie aussi l'autonomie et la liberté d'action que j'ai au quotidien.

Vous exercez dans un collège et un lycée. Quelles sont vos missions ?

C'est avant tout prévenir l'échec scolaire et lutter contre l'absentéisme en agissant sur les causes sociales et familiales, en aidant chaque élève à construire son projet personnel. Je participe à la prévention et à la protection des mineurs en danger ou susceptibles de l'être. Je suis aussi appelée à concevoir des projets de prévention des inadaptations sociales et scolaires en réalisant des actions collectives dans les domaines de l'éducation, la santé et la citoyenneté.
Au quotidien, je guide et accompagne les élèves à besoin particulier et favorise l'intégration scolaire des élèves handicapés.
Enfin, je suis soutien technique sur toutes les questions d'ordre social et juridique dans l'établissement.

A quoi ressemble une journée type pour une assistante sociale à l'Education nationale ?

Etant en poste dans 2 établissements, le premier acte professionnel de ma journée est un travail de communication et de concertation. Ainsi je fais le point avec la CPE et l'infirmière pour évoquer l'évolution de certaines situations ou une nouvelle situation d'élève nécessitant mon intervention immédiate.
Puis ma journée est rythmée par des entretiens avec les élèves, des parents. Selon les entretiens un travail de lien et de concertation est nécessaire avec des partenaires internes à l'établissement (COP, enseignant, coordonnateur mission contre le décrochage scolaire, etc.) ou externes (service éducatif, consultation médico-psychologique, etc.) : 50 % du travail se fait à l'intérieur de l'établissement et 50 % à l'extérieur. L'accompagnement psychologique et/ou éducatif dont ont besoin l'élève et ses parents se fait à l'extérieur de l'établissement avec un travail partenarial omniprésent.
Une autre partie de ma journée est consacrée à la rédaction d'écrits pro : information préoccupante pour alerter sur la situation d'un mineur, rapport social au titre de l'absentéisme, pour une admission en classe spécialisée ou en classe Relais, etc.
Au final, le rythme est soutenu et l'organisation de ma journée peut être modifiée selon les urgences des situations.

Quels conseils pourriez-vous donner à un(e) jeune tenter par votre métier ?

Occuper un poste d'assistante sociale suppose d'avoir un certain équilibre personnel psychologique afin de rester sereine et à l'écoute de l'usager. Cela permet de l'aider au mieux. Il est nécessaire de faire un travail sur soi en permanence pour se préserver des situations douloureuses et traumatiques vécues par les usagers du service social.
Avoir une certaine aisance relationnelle face à autrui (usager, partenaire, chef de service) est essentiel.
Par ailleurs, au delà des capacités relationnelles, il est nécessaire d'être à l'aise dans la rédaction d'écrits professionnels qui sont souvent demandés dans un temps très court avec une capacité d'analyse fine. L'écrit est le support principal de communication dans l'exercice du métier d'assistante sociale comme la conduite de l'entretien duel.
Etre assistante sociale demande des connaissances juridiques et  psychologiques qui doivent être réactualisées régulièrement par des lectures ou des formations. Etre assistante sociale suppose un engagement personnel au risque sinon de s'épuiser rapidement dans ce travail passionnant mais ingrat à certains moments.

Quels sont les écueils à éviter ?

Le travail de  l'assistante sociale se mesure plus sur l'écoute voire l'empathie et le réconfort psychologique apporté à l'usager que réellement sur la résolution de ses difficultés, étant donné les restrictions de plus en plus importantes dans l'accès aux dispositifs d'action sociale.
Travailler dans le secteur du social, c'est accepté d'avoir une rémunération peu attractive, d'occuper un métier peu valorisé dans notre société et d'accepter de se sentir impuissant dans certaines situations. Il faut aussi savoir que l'intervention de l'assistante sociale n'est pas obligatoirement perçue de façon positive par l'usager selon son cadre d'intervention et ses missions !

Propos recueillis par Sandrine Damie