Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Sébastien Darrigrand

Délégué Général de l'UDES
Date de l'interview : 28/01/2014

Les besoins à venir en ressources humaines concerneront plus qu'ailleurs les postes qualifiés tout en maintenant de réelles opportunités pour des jeunes ayant de bas niveaux de qualification

Zoom sur l'économie sociale et solidaire en Ile-de-France : emplois, spécificités franciliennes et projection des recrutements d'ici 2020.

L'ESS représente combien d'entreprises et de salariés en Ile-de-France ?

D'après l'Observatoire régional ESS, l'économie sociale et solidaire représente en Ile-de-France : 26 280 entreprises, soit 6,9 % des entreprises régionales pour un total de 384 200 salariés soit 7,1 % des salariés de la région. Près de 80 % de ces emplois sont concentrés dans les associations.

En Ile-de-France comme au niveau national, les secteurs connaissent une forte féminisation puisque 67 % des emplois de l'ESS sont occupés par des femmes contre 47 % dans l'ensemble de l'économie régionale.

Quelles sont les spécificités de l'emploi dans l'ESS ?

L'ESS est un secteur socio-économique structuré, qui produit et développe de la richesse au service des populations et des territoires, et qui comporte des spécificités d'emploi :

  • Liées à la structure de l'emploi dans le secteur et aux représentations sociales des métiers : 67 % des salariés sont des salariées, et l'on compte une majorité d'employés (40 %) et de professions intermédiaires (32 %), et un encadrement supérieur au secteur marchand (15 %).
  • Liées à l'activité : horaires atypiques, recours aux temps partiels dans certaines branches du fait des contraintes d'activité pour répondre aux besoins des populations (activités périscolaires, aide à domicile, etc.), recours aux contrats aidés dans certains secteurs (sport, centres sociaux et socio-culturels).
  • Un niveau de qualification élevé (lié notamment à la réglementation des métiers dans certaines branches) et des inégalités salariales plus faibles que dans le secteur marchand, notamment entre hommes et femmes (8 % contre 13 % dans le reste du secteur privé).

C'est un secteur qui doit répondre à des enjeux démographiques forts : 608 000 départs en retraite sont prévus d'ici 2020, et certains secteurs vont se trouver en tension, notamment dans les métiers de l'aide à domicile, les aides-soignants, les éducateurs spécialisés, la petite enfance, l'animation socio-culturelle ou la formation.

En 2020, de nombreux salariés en poste vont partir à la retraite. Quels profils sont particulièrement concernés ?

Les études réalisées par différentes institutions (DARES, CAS, CNCRESS) révèlent des secteurs porteurs et des métiers en tension : pour les secteurs très représentés dans l'économie sociale et solidaire dont il est à prévoir qu'ils seront particulièrement impactés par les départs en retraite, on retrouve l'action sociale, la santé humaine et l'enseignement.

Ainsi, les taux de postes à pourvoir seront importants pour les métiers d'aides à domicile, employés de maison, aides-soignants, infirmiers, professions paramédicales, éducateurs spécialisés, l'accueil petite enfance, les cadres de la banque et de la mutuelle, les professionnels de l'animation socio-culturelle, et les formateurs, notamment.

Pour la branche de l'aide à domicile les recrutements des auxiliaires de vie sociale, d'employés à domicile, d'aides-soignants et d'infirmiers sont jugés particulièrement problématiques devant le manque de candidats qualifiés. Pourtant ces secteurs ont clairement été identifiés comme étant des secteurs porteurs, en lien avec le développement du « care » (les métiers du soin)  et de ce que l'on appelle la « Silver economy » (en lien avec les personnes âgées).

De la même manière, les tendances sociodémographiques et les préférences plus marquées des ménages en faveur des services et des loisirs alimentent la dynamique des services d'utilité collective ou liés à la personne : activités récréatives, culturelles et sportives, éducation... autant de secteurs très présents dans l'ESS.

Quelle place pour les jeunes diplômés ?

Les besoins à venir en ressources humaines concerneront plus qu'ailleurs les postes qualifiés tout en maintenant de réelles opportunités pour des jeunes ayant de bas niveaux de qualification (grâce à des dispositifs offrant des formations intégrées comme les emplois d'avenir).

Le problème du renouvellement des salariés est un enjeu majeur car plus d'un tiers des postes de direction, d'encadrement ou de coordination est tenu par des salariés de 50 ans et plus. Une transition mal négociée peut donc être préjudiciable pour de nombreuses structures. 

Propos recueillis par Sandrine Damie