Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Charles-Louis Molgo

Responsable Département des politiques de l'emploi, Direccte Ile-de-France
Date de l'interview : 18/06/2013

Les employeurs les plus mobilisés à ce stade sont les collectivités (60 % environ des recrutements) et les associations.

Six mois après leur lancement, Charles-Louis Molgo dresse un premier bilan des Emplois d’avenir en Ile-de-France : après un démarrage timide, ce dispositif désormais mieux connu en Ile-de-France devrait prendre de l’ampleur.

 A qui s'adressent les Emplois d'avenir ?

Les Emplois d'avenir, contrats d'aide à l'insertion, s'adressent aux jeunes de 16 à 25 ans (jusqu'à 30 ans pour les personnes handicapées) pas ou peu qualifiés (jusqu'au niveau bac) qui connaissent des difficultés d'accès à l'emploi (en recherche d'emploi depuis au moins 6 mois pour les jeunes ayant un diplôme de type CAP).
Ils s'adressent en priorité aux jeunes résidant en ZUS ou en ZRR pour les régions métropolitaines. Par exception, le programme est ouvert aux jeunes ayant un niveau supérieur au bac lorsqu'ils résident dans les territoires prioritaires (ZUS, ZRR) et par dérogation validée par la Direccte.

Quels sont les secteurs d'activité concernés pour ces contrats ?

Les Emplois d'avenir doivent être recrutés dans des activités présentant un caractère d'utilité sociale ou environnementale ou ayant un fort potentiel de création d'emplois.
Le dispositif cible en priorité  les employeurs du secteur non-marchand, c'est-à-dire les associations, les collectivités territoriales, les établissements publics, en particulier les établissements hospitaliers, etc. Les employeurs concernés peuvent bénéficier d'une aide de l'Etat correspondant à 75 % de la rémunération (Smic non chargé).
En Ile-de-France, tous les employeurs sont en fait éligibles : depuis mai 2013 le nouveau schéma d'orientation régional ouvre en effet très largement le dispositif aux employeurs du secteur marchand.
Il n’y a donc plus aucune limitation sectorielle, même si des secteurs d'activité sont identifiés comme prioritaires en termes de déploiement avec une mobilisation toute particulière des réseaux employeurs : le secteur agricole et industries agro-alimentaires, filières bois-paysage ; les activités participant au développement durable ; les activités culturelles, sportives et de loisirs, le secteur numérique ; le secteur de l'enseignement ; le secteur de la santé et de l'action sociale.
Les employeurs du secteur marchand bénéficient d'une aide correspondant à 35 % de la rémunération (Smic non chargé).

Quelles sont les contraintes pour l'employeur ?

Le critère principal de contractualisation entre la mission locale et l’employeur est qu’il puisse effectivement assurer une intégration satisfaisante du jeune, avec un tutorat et une formation avec la perspective d’acquisition de compétences et d’une intégration en CDI, ce qui peut être réalisé tant dans le secteur marchand que non marchand.

Quel est l'objectif fixé pour fin 2013 en Ile-de-France ?

Par rapport à l'objectif national de 100 000 Emplois d'avenir pour la période allant de novembre 2012 à fin 2013, l'objectif est de 14 003 en Ile-de-France, soit autour de 15 % de l'objectif national. Au-delà de la réalisation d’un indicateur quantitatif, l’objectif est avant tout de faire en sorte qu’aucune opportunité d’emploi pour les jeunes ne puisse être manquée.

Quel est le premier bilan après quelques mois d'existence du dispositif ?

Depuis le démarrage du dispositif en novembre 2012, près de 2 500 Emplois d'avenir non marchands et marchands ont été prescrits en Ile-de-France, à mi-juin 2013.
Les employeurs les plus mobilisés à ce stade sont les collectivités (60 % environ des recrutements), et les associations, en particulier dans les secteurs jeunesse et vie associative, solidarité et cohésion sociale et dans le domaine du sport.
Les recrutements par les établissements médicosociaux ont un potentiel à déployer.Le dispositif des Emplois d'avenir constitue un enjeu fort pour les missions locales, l'accompagnement du jeune sur 3 ans, avec des clauses de rendez-vous à plusieurs étapes (3 mois, mi-parcours et 2 mois avant la fin), et aussi l'accompagnement du jeune par l'employeur, dans un processus d'acquisition de compétences.
Toutes les conditions sont désormais réunies pour que la montée en charge du dispositif se concrétise massivement.

Propos recueillis par Sandrine Damie