Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Franck Laurès

Webmaster, Vincennes (94)
Date de l'interview : 21/03/2013

Après une dizaine d’années d’expérience, un webmaster fait davantage du conseil que de la programmation.

Webmaster autodidacte, Franck Laurès a choisi de travailler dans une entreprise de petite taille. Il évoque la diversité de ses tâches au quotidien et la nécessité de se former en permanence.

Que signifie exactement le métier de webmaster ?

Je développe et assure la maintenance de sites Internet. Le métier comporte une partie technique : j’écris des programmes qui permettent d’afficher des pages web composées d'éléments dynamiques avec lesquels l'utilisateur peut interagir (par exemple des formulaires, des cartes interactives, …). Il faut aussi « habiller » graphiquement l’ensemble pour que le site soit agréable à consulter et ergonomique, c'est-à-dire facile à utiliser. Enfin, je corrige les bugs qui auraient pu passer entre les mailles du filet.

Vous passez donc tout votre temps devant votre écran ?

Dans mon cas, non. Je fais également partie de l'équipe qui rencontre le client, écoute ses besoins et réfléchit à la manière d'y répondre au mieux. C’est possible car je travaille dans une petite entreprise – Mamasam – où nous sommes quatre personnes à la partie technique et où nous travaillons étroitement en équipe. Nous créons des sites internet pour des services publics – comme le conseil général du Val-de-Marne – ou des sociétés petites, moyennes et grandes. Un de mes souvenirs les plus marquants est le travail que nous avons fait pour une grande agence de voyages, Intermèdes, qui consistait à créer leur site Internet et leur Intranet destiné à les aider à concevoir et à gérer les voyages de A à Z. C’était intéressant car il nous a fallu beaucoup discuter avec leurs équipes pour comprendre leurs métiers. Dans une grande entreprise, ma mission sur ce projet aurait sans doute été plus limitée.

Pour quelles raisons ?

Plus l’entreprise est grande, plus les webmasters sont cantonnés à faire de la programmation, en suivant un cahier des charges qui leur est imposé. En amont travaillent un commercial, un gestionnaire, un chargé de clientèle… Dans une grande entreprise, les tâches et les rôles de chacun sont souvent bien définis et on ne déborde pas. Je trouve mon travail plus intéressant car plus complet.

Quelles sont vos perspectives d’évolution professionnelle ?

Il faut se former en permanence, tester les nouveaux outils – les smartphones, les tablettes… –, échanger avec les clients pour leur apporter de nouvelles idées. Plus le temps passe, moins on est développeur. Après une dizaine d’années d’expérience, un webmaster senior fait davantage du conseil que de la programmation. Il élabore des cahiers des charges, conçoit l’architecture d’un site… Heureusement, car je ne me vois pas non plus développeur toute ma vie !

Quelle formation avez-vous suivie ?

Aucune directement liée à l’informatique. J’étais professeur de lettres classiques en collège quand je me suis reconverti il y a cinq ans. Des autodidactes pouvaient encore se faire leur place dans le métier. Ils ont souvent l'avantage d'avoir déjà utilisé des technologies en vogue alors qu'elles ne sont pas encore inscrites au programme des écoles. De plus, les entreprises ne cherchent pas seulement d’excellents techniciens, mais aussi des gens qui savent communiquer avec un client. Il existe maintenant beaucoup d’écoles pour les métiers du web, dont certaines sont très chères et pas forcément très sérieuses ou à jour techniquement.

Sur quels critères choisir une école ?

Il faut qu’elle offre un bon équilibre entre théorie et pratique, qu’elle soit ni trop pointue, ni trop généraliste. Trop pointue, elle vous formera à certaines technologies, mais négligera les autres. À une certaine époque, tout le monde apprenait à développer en Java, alors que 80 % des sites Internet étaient faits dans d'autres langages. Trop généraliste, elle vous proposera toutes sortes de cours, finance, commerce, juridique, et laissera finalement peu de place à la programmation.

Aujourd’hui, quand je rencontre des stagiaires sortant d’écoles informatiques, je ne les sens pas tous passionnés. Or, il faut l’être… Je leur conseille de faire d’abord un stage en entreprise pour vérifier si le métier leur plaît. Ensuite, d’essayer de faire de la programmation sur un projet personnel. C’est un métier où il faut avoir un côté bricoleur et être persévérant. Avant qu’une idée fonctionne, il peut se passer plusieurs heures de tâtonnements…

Est-ce qu’Internet offre encore des débouchés ?

Quand on maîtrise un logiciel à la mode, on trouve toujours du travail. Mais attention, les modes changent très vite, d’où l’importance de se former à plusieurs technologies. Cela dit, Internet a encore de belles perspectives de développement, ne serait-ce qu’à travers l’e-commerce. Cela se ressent sur les salaires puisqu’un webmaster débutant peut gagner 2 000 € euros mensuels nets.