Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Joana da Silva

Professeur des écoles, Sucy-en-Brie (94)
Date de l'interview : 20/02/2013

C’est un très beau métier, qui permet d’être au contact des enfants tout en essayant de leur apporter les outils pour construire leur avenir.

Joana da Silva est enseignante en école élémentaire depuis cinq ans. Elle évoque un très beau métier, qui lui prend beaucoup de temps mais qu’elle aime beaucoup.

L’enseignement était-il une vocation ou un choix plus tardif ?

Un peu les deux, en fait. Quand j’étais enfant, je voulais être un jour professeur de français, le lendemain, professeur d’anglais ou encore de biologie… Quand il m’a fallu faire un choix, je ne me suis pas sentie capable de suivre de longues études. Je suis devenue diététicienne et j’ai fait de l’éducation nutritionnelle… dans les écoles. Quatre ans plus tard, l’entreprise pour laquelle je travaillais a fermé. Je suis alors revenue à mes premiers rêves et j’ai passé le concours d’entrée à l’IUFM.

Le concours était-il difficile ?

J’ai trouvé que le niveau d’exigence était élevé, surtout pour les épreuves orales. De plus, en tant que candidate libre, je n’avais pas droit à la formation préparatoire que dispensaient alors les IUFM. La formule a changé, mais en 2008, nous avions des épreuves écrites de français, de mathématiques, de sciences et d’histoire-géographie. Si l’on était admissible, on passait l’oral, avec des épreuves d’anglais, de sport et un entretien professionnel.

Comment s’est déroulée la formation ?

Elle durait un an, au cours duquel nous avons effectué trois stages dans les différents cycles d’enseignement, de la maternelle au CM2. Cette formation a disparu : les lauréats au concours (niveau master) passent directement une année de stage dans une école, avant d’être titularisés.

Travaillez-vous beaucoup en dehors de vos heures de classe ?

Énormément ! En début de carrière, on change quasiment de niveau chaque année : je n’ai pas encore d’affectation fixe et je ne connais la classe que je vais avoir que quelques jours avant la rentrée. Au début, tout est à faire : une journée d’école demande une journée de préparation si l’on veut vraiment proposer des cours adaptés aux capacités de chaque élève et non proposer le même cours à toute la classe. Nous n’avons pas beaucoup de temps libre, contrairement à ce qu’on imagine.

Quelles qualités faut-il avoir pour enseigner ?

Savoir s’adapter ! Aux élèves, aux parents, aux collègues, aux rythmes, au fonctionnement de chaque école… Savoir aussi être polyvalent : nous avons en moyenne sept matières à enseigner par jour – français, mathématiques, histoire, géographie, sciences, art visuels, sport… – et comme personne n’est pointu sur tout, il faut être capable de se former dans tous les domaines. C’est stimulant car on en apprend tous les jours.

C’est un métier qui vous plaît toujours ?

Oui, beaucoup, même si je trouve qu’on nous demande de plus en plus de travail administratif : nous devons remplir régulièrement des dossiers, pour le suivi des élèves en difficulté, pour l’aide personnalisée, pour le passage en 6e, pour le suivi particulier des élèves handicapés…

Que conseillez-vous à un jeune qui voudrait être enseignant ?

De choisir ce métier s’il en a vraiment envie. S’il ne l’aime pas, il ne tiendra pas. Il y a trop de pression de la part de l’institution, des parents, des élèves… C’est un très beau métier, mais il faut avoir conscience qu’il est épuisant, physiquement et moralement. De plus, la paie n’est pas énorme compte tenu du nombre d’heures effectuées en classe et en dehors, pour les corrections, les réunions, les rendez-vous avec les parents : je gagne 1 750 euros nets après cinq ans d’ancienneté et mon salaire n’évoluera que très lentement. Il faut aussi être suffisamment motivé pour affronter les idées reçues sur les « enseignants qui sont toujours en vacances »… Mais cela reste un très beau métier, qui permet d’être au contact des enfants tout en essayant de leur apporter les outils pour construire leur avenir, de monter de beaux projets et de s’intéresser à plein de domaines différents.