Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Carole Fives

Romancière, Paris (75) et région Nord-Pas-de-Calais
Date de l'interview : 18/04/2013

Ce qui est un défaut dans la vie, comme l’hyper-émotivité, peut devenir une véritable qualité dans la création.

Après avoir été professeur d’arts plastiques et peintre, Carole Fives a laissé l’écriture prendre de plus en plus de place dans sa vie. Déjà auteure d’un recueil de nouvelles, elle a fait paraître son premier roman en 2012.

Votre premier roman, Que nos vies aient l’air d’un film parfait, est paru en 2012 aux éditions Le Passage. Quelle place l’écriture occupe-t-elle dans votre vie ?

L’écriture prend du temps. Même quand je n’écris pas, c’est très présent, j’y pense tout le temps. J’ai été professeur d’arts plastiques. Aujourd’hui, j’enseigne dans une école d’arts quelques heures par semaine, ce qui me laisse suffisamment de temps pour écrire.
J’ai commencé par publier un recueil monologues, Quand nous serons heureux, puis ce premier roman. J’écris aussi des romans et des albums pour la jeunesse. Il m’arrive également d’animer des ateliers d’écriture et de techniques d’expression écrite dans des lieux très variés : établissements scolaires, médiathèques, centres hospitaliers et même en centres pénitentiaires. Je fais cela à Paris, dans la région Nord-Pas-de-Calais, et dans le sud de la France.

Vos autres activités participent-elles de votre travail d’auteure ?

Ce que je fais en atelier ou avec mes élèves peut effectivement m’inspirer. Un recueil de nouvelles sur la honte chez les adolescents sort cette semaine, Honte de tout. Au moment où je l’écrivais, je travaillais avec une classe de lycée, et certains textes des élèves m’ont inspiré, je leur ai dédié le livre. Quand je travaille sur un roman, c’est différent. Je me mets chaque matin à ma table de travail, j’ai beaucoup d’idées, mais on ne peut pas complètement décider de ce qu'on va écrire, beaucoup d'écrivains le disent, en tous cas ceux qui ne sont pas juste des faiseurs. Le désir d’écrire est très fragile, et quand un vrai sujet de roman se présente, je peux m’isoler plusieurs mois. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas de secret. Il faut une sensibilité particulière pour être écrivain.

Les écrivains ne considèrent généralement pas cela comme un « métier ». Est-ce une passion ?

Ce n’est ni une passion ni un métier. On ne fait pas ça juste pour le plaisir ni pour gagner de l’argent. Il en va de même lorsqu’on est peintre. Cela se situe hors du monde du travail et pourtant, une fois que le livre est écrit, il va s’inscrire dans une réalité qui est celui de la chaîne économique du livre… J’ai de la chance car je commence à vivre de l’écriture, puisque outre les droits d’auteurs, l’on touche aussi de l’argent lors du passage en livre de poche, qui donne une seconde vie au livre, et puis lorsqu’on a la chance d’être traduit.

Quelles sont les qualités nécessaires pour être romancier ?

Il faut être sensible, je crois que c’est la première qualité qui est nécessaire. Ce qui est un défaut dans la vie, comme l’hyper-émotivité, peut devenir une véritable qualité dans la création. Etre un grand lecteur peut aussi aider, ou être un spectateur, aimer voir des films, aimer les histoires… J’ai toujours raconté des histoires, en dessinant d’abord, et ai ressenti le besoin de me confier à un être de papier très tôt. Dès l’âge de 8 ans, j’ai tenu un journal intime.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui rêve de devenir écrivain ?

D’écrire ! Ensuite, tout ce qui permet de se situer est intéressant. Je lui conseillerais donc de faire lire ce qu’il écrit, de demander l’avis des gens qui l’entourent, de participer aux concours de nouvelles… Quand on envisage d’écrire, il peut paraître plus simple d’aller vers l’édition ou le journalisme, par exemple. Mais il y a vraiment de multiples profils parmi les écrivains que je connais. Comme on en vit difficilement, le mieux est sans doute d’aller vers un métier qui vous plaise.

Propos recueillis par Isabel Busché