Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Isabelle Bonnet

Responsable de la filière puériculture à l’IFSY-EDP, Versailles (78)
Date de l'interview : 04/03/2013

« Les infirmières puéricultrices ont une vraie plus-value par rapport aux infirmières qu’elles étaient. »

Devenue cadre de santé après une formation initiale d’infirmière, un parcours hospitalier très riche et une spécialisation en puériculture, Isabelle Bonnet est aujourd’hui à la tête de la filière de formation des puéricultrices de l’une des 6 écoles de puériculture de l’Ile-de-France.

Quel a été votre parcours ?

Après un parcours hospitalier en tant qu’infirmière, je me suis spécialisée en puériculture. J’ai travaillé au sein de différents services d’enfant et d’adolescents, avant d’entrer à l’école des cadres de santé. J’ai ensuite exercé en tant que manager en secteur de pédiatrie et médecine des adolescents, puis en tant que formatrice en soins infirmiers dans un IFSI (Institut de formation en soins infirmiers), avant de devenir responsable de la filière sanitaire et sociale qui forme des puéricultrices à l’IFSY-EDP de Versailles.

En quoi consiste le métier de puéricultrice ou puériculteur ?

Il s’agit de répondre aux besoins de l’enfant et de l’adolescent, ainsi qu’à leur famille, par des soins individualisés et adaptés. Être puéricultrice, c’est être compétente et agir en milieu hospitalier auprès des enfants malades, handicapés, des prématurés, des nouveau-nés, des adolescents, ou en milieu extra hospitalier, dans le cadre de la PMI (protection maternelle et infantile) en lien avec la protection de l’enfance et le service social, ou dans les crèches collectives ou familiales, par exemple.

Comment entre-t-on en école de puériculture ?

Il faut avoir le diplôme d’infirmier et passer un concours. Il y a 6 écoles en Ile-de-France qui forment à devenir puéricultrice ou puériculteur. A l’EDP à Versailles, les écrits du concours ont lieu en mai et les oraux en juin-juillet. Les candidats sont nombreux et l’école accueille 20 étudiants à ce jour. Lorsque les infirmiers sortent de l’école en juillet, ils peuvent travailler jusqu’en janvier – début de la formation - pour allier expérience professionnelle et apport financier. Il existe aussi des préparations aux concours qui aident le futur candidat parce que le programme des études d’infirmiers développe très peu les connaissances dans le domaine de la santé de l’enfant et de l’adolescent.

En quoi consiste la formation à l’Ecole de puériculture ?

Il s’agit d’une formation de spécialisation après une formation initiale d’infirmier. A l’EDP, nous misons sur l’alternance entre la pratique et la théorie. Sur un an, les étudiants ont 710 heures de stages, 650 heures de cours d’enseignements théoriques, 140 heures de travaux dirigés. Dans les services de soins, la personne en formation va chercher des compétences auprès des plus expérimentés. Et les 5 stages aident souvent à trouver le secteur d’activité qui lui conviendra le mieux. De retour à l’école, une grande part de sa formation est consacrée à l’analyse de la pratique, la réflexivité, et la prise de recul. Il y a également une initiation à la recherche formalisée par la réalisation d’un mémoire. Enfin, le projet professionnel est travaillé tout au long de la formation par un accompagnement personnel et en groupes.

Quelles qualités faut-il avoir pour se lancer dans cette voie ?

La première qualité est de se connaître un peu soi-même. Il faut également se respecter, respecter les autres, être à l’écoute, patient, et physiquement et psychiquement préparé. La capacité à travailler en équipe est importante aussi.

Est-il facile de trouver un emploi après la formation ?

Les établissements de santé recrutent des puéricultrices. C’est le cas des hôpitaux d’Ile-de-France, mais cela dépend de la politique de l’établissement. Certains privilégient les auxiliaires de puériculture ou les éducatrices de jeunes enfants, mais les puéricultrices ont une vraie plus-value par rapport aux infirmières qu’elles étaient. L’essentiel des diplômés va en établissement hospitalier : en pédiatrie, en néonatalogie, en maternité et dans une moindre mesure en chirurgie. Les centres de PMI recrutent également. Et il y a des débouchés dans les structures d’accueil des enfants, crèches ou structures pour enfants en situation de handicap. J’ai vu des étudiantes diplômées de 23 ans devenir adjointes à la directrice en crèche.

Propos recueillis par Isabel Busché