Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Taina Tervonen

Traductrice-interprète, Montreuil (93)
Date de l'interview : 22/02/2013

« La curiosité et l’envie de comprendre sont des qualités essentielles en traduction. »

Après avoir grandi en Afrique francophone, Taina Tervonen, dont la langue maternelle est le finnois, s’est tournée vers la traduction et mène aussi quelques missions d’interprète. Si la première activité est solitaire, la seconde la met en contact permanent avec des gens.

En quoi consiste exactement le métier de traducteur ?

Il s’agit de traduire des écrits de différents types.  Cela peut être le mode d’emploi d’une machine, une publicité… Il faut d’abord savoir à quoi va servir le texte dans la langue cible et à quel lecteur s’adresse la traduction. En général, les traducteurs ont trois langues, leur langue maternelle et deux langues étrangères. La traduction se fait généralement d’un des langues étrangères vers la langue maternelle. Pour moi, c’est différent, je traduis du finnois, ma langue maternelle, au français. Je travaille aussi sur des textes littéraires, mais il faut savoir qu’il est difficile d’entrer dans le milieu de l’édition et que c’est mal payé.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ce métier ?

La curiosité et l’envie de comprendre sont des qualités essentielles. Même dans la traduction de textes techniques, on est dans la création d’un autre texte, dans l’adaptation, avec la nécessité de se détacher du texte original. Pour un texte littéraire, c’est la même chose. Il faut capter l’univers de l’œuvre et travailler le texte traduit en français en plusieurs étapes. Pour ce qui est du style, c’est très compliqué. Une partie du travail consiste à expliquer à l’auteur quelles adaptations nécessite son texte. Le finnois, est, par exemple, une langue qui supporte la répétition, alors que celle-ci fait « pauvre » en français. 

Pourquoi avez-vous choisi de devenir traductrice ?

Mes parents sont finlandais et ayant vécu mon enfance en Afrique, j’ai d’abord eu envie d’emmener la littérature africaine en Finlande. Je voulais donc traduire des livres du français au finnois, ce que je n’ai pas encore fait. En Finlande, j’ai entrepris des études de traduction dans lesquelles les cours d’interprétariat étaient obligatoires. En France, ce sont généralement deux voies distinctes. Ce choix était celui d’un métier facile. Le finnois est ma langue maternelle et comme j’ai grandi dans un monde francophone, je maîtrise aussi bien une langue que l’autre.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui rêve de devenir traducteur ?

Je lui conseillerais évidemment d’acquérir un bon niveau en langue, mais surtout de devenir un bon lecteur, d’apprendre à manier des styles différents et à comprendre à quoi servent les textes. Je le préviendrais aussi que c’est un métier très solitaire exercé souvent en tant qu’indépendant, sauf quand on travaille pour la Commission ou l’Union européenne. Par rapport à mon parcours, je le rassurerais en disant qu’il n’est pas nécessaire d’être bilingue depuis le plus jeune âge pour être un bon traducteur. Cela développe sans doute une sensibilité aux codes culturels, mais ne garantit rien.

En dehors de la traduction, vous effectuez aussi des missions d’interprétariat. De quelle nature sont-elles ?

Ce ne sont que des missions à l’oral et à la différence de la traduction, ce n’est pas un métier solitaire. Je suis en contact permanent avec des gens, pour des interprétations consécutives, quand je parle après la personne, ou simultanées, quand je suis en cabine pour parler en même temps. Je travaille dans le monde de l’entreprise et beaucoup avec l’Institut finlandais à Paris. C’est un métier dans lequel on peut aussi travailler dans de nombreux domaines, comme les services sociaux, sur le droit des étrangers ou avec la justice si l’on est assermenté. Et les organisations internationales emploient beaucoup d’interprètes.

Propos recueillis par Isabel Busché
Crédit Photo : Laurent Hazgui