Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Mikael Buch

Réalisateur, Paris 18e (75)
Date de l'interview : 21/02/2013

La Femis est un endroit exceptionnel, où vous avez des moyens pour expérimenter.

Diplômé de la Femis en 2008, Mikael Buch a travaillé aux côtés du réalisateur Christophe Honoré, avant de se consacrer à la réalisation de son premier long métrage, Let my people go !, sorti en 2011.

En quoi consiste exactement votre métier ?

Une partie de mon travail consiste à avoir une idée de film et d’écrire, car je suis aussi auteur. Je dois aussi convaincre les producteurs, qui rendent le film possible. Sur le tournage, je m’occupe de rendre le film réel. J’ai un rôle de chef de chantier lorsque je coordonne le travail de l’équipe technique. Je suis chef d’orchestre quand je dirige et accompagne psychologiquement les acteurs. Il me faut aussi prendre des décisions formelles concernant le film.

Quel a été votre parcours avant d’entrer à la Femis, École nationale supérieure des métiers de l'image et du son ?

Après un bac littéraire mention bien, je suis entré à Cinésup, seule classe préparatoire publique de cinéma en France, au lycée Guist’hau à Nantes (44). Je la conseille à tous les jeunes qui souhaitent faire ce métier. J’y ai découvert beaucoup de films et échangé avec des cinéphiles venus de partout. Et les professeurs sont des passionnés. Ensuite, j’ai suivi une année de licence cinéma à Paris 8. Les cours à la fac étaient également très intéressants et enrichissants. C’est là que j’ai tourné mon premier court-métrage.

Comment peut-on faire partie des 6 étudiants sélectionnés chaque année pour intégrer le département réalisation de la Femis ?

La passion joue. Les gens de la Femis y sont sensibles. Pour être choisi parmi de très nombreux candidats, ce n’est pas seulement une question culture cinématographique. Il faut surtout montrer qu'on aime profondément le cinéma qu’on aime et qu’on le connaît très bien. Il faut aussi convaincre que l’on est fait pour ça et que l’on a besoin de la Femis pour se développer. Cette école vous permet de tourner des courts-métrages et des films, en étant accompagné par des intervenants-professeurs. C’est un endroit exceptionnel, où vous avez des moyens pour expérimenter.

Qu’est-ce qui vous a permis de sortir votre premier film trois ans seulement après votre diplôme ?

Les rencontres avec le réalisateur Christophe Honoré et mes producteurs ont été déterminantes. J’ai choisi ce réalisateur comme tuteur pour mon film de fin d’études parce que l’un de ses films, Dans Paris, m’avait marqué et impressionné. J’ai travaillé ensuite avec lui comme scripte sur La Belle Personne et ai plus appris que jamais en 2 mois de tournage. Après cela, des producteurs courageux, ayant aimé mes courts-métrages, m’ont soutenu pour l’écriture de mon premier film. J’ai consacré 2 années et demi à Let my people go !, mon premier long métrage, sorti fin 2011 et co-écrit avec Christophe Honoré.

Quelles sont les qualités requises pour devenir réalisateur ?

Endurance, détermination et passion. C’est un métier difficile et peu de gens réussissent. Il faut avant tout aimer les acteurs, les films, et se faire confiance. On doit être sûr qu’on sera malheureux si on ne fait pas ce métier-passion. A 2 ans, déjà, je disais à ma mère que je voulais « faire des flims » ! Enfin, comme un réalisateur a plusieurs vies en une en fonctions des moments (l’écriture, la production, le tournage, le montage, la promotion…), il doit aussi être polyvalent.

Propos recueillis par Isabel Busché
Crédit photo : Carole Bethuel