Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

  • Actu
  • Brèves
  • Un tiers des franciliens diplômé de l'enseignement supérieur !

Un tiers des franciliens diplômé de l'enseignement supérieur !

Selon une note récente de l’IAU-IDF, le niveau de diplôme des franciliens continue de s'élever sous l'effet de l'allongement des études et de l'attractivité du bassin d'emploi, même si certaines disparités persistent au nord de l'Ile-de-France et dans certaines de ses zones rurales.


20/07/2012


En juin 2012, l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région parisienne (IAU-IDF) publie une note rapide Société, n° 595 sur l’élévation continue du niveau d’études des franciliens.

 

L’étude montre que le niveau de diplôme de la population francilienne est nettement plus élevé que celui des autres régions françaises.

 

Ainsi parmi les personnes âgées de plus de 15 ans non inscrites dans un établissement d’enseignement en 2006, 1/3 des franciliens est diplômé de l’enseignement supérieur, tandis que cette proportion ne dépasse pas 1 personne sur 5 en France.

 

Si depuis 25 ans, la proportion des diplômés de l’enseignement supérieur a fortement progressé partout en France et plus encore en Ile-de-France, c’est grâce à la mise en place de différentes mesures progressistes en matière de politique éducative: prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans, création du bac techno et des IUT, création du collège unique; du bac professionnel couplé à l’objectif de 80 % d’une génération atteignant le niveau du bac...

 

Une région dynamique, mais disparate

La surreprésentation des diplômés de l’enseignement supérieur en Ile-de-France est commune à toutes les tranches d’âge, tandis que les franciliens peu ou pas diplômés sont proportionnellement moins nombreux aujourd’hui.

Plus de 20 % des franciliens possèdent un diplôme correspondant à un 2e ou un 3e cycle universitaire (master 1 et 2), contre 9 % dans les autres régions !

 Seulement 33 % des personnes sont non diplômées ou uniquement titulaires  du brevet des collèges Ile-de-France (40 % dans les autres régions). 16 % possèdent le bac et 18 % un CAP ou un BEP.

L’Ile-de-France se distingue des autres régions par une très faible proportion de jeunes achevant leurs études secondaires au niveau CAP-BEP.

Les franciliens peu ou pas diplômés sont en revanche plus nombreux parmi les jeunes non scolarisés âgés de moins de 25 ans.

Les disparités géographiques sont importante. La concentration de populations très qualifiées à l’ouest de l'Ile-de-France reste très marquée, tandis que la banlieue nord de Paris et les franges rurales des 3 autres départements de la grande couronne sont caractérisées par de fortes proportions de personnes très peu ou pas du tout diplômés.

 

Des jeunes plus diplômés que leurs aînés

La répartition de la population par diplôme et par tranche d’âge est significative de l’ élévation progressive du niveau d’instruction.

Jusqu’à l’âge de 25 ans, la majorité des jeunes sont encore inscrits dans un établissement d’enseignement (91 % des 15-19 ans et 48 % des 20-24 ans.

Ceux qui ne sont plus scolarisés sont nombreux, en particulier dans la tranche des 15-19 ans, à ne pas être diplômés ou posséder un diplôme professionnel de niveau 5 (CAP, BEP).

A partir de l’âge de 24 ans, la majorité des individus ne se déclarent plus en formation (89 % entre 25 et 29 ans).

C’est entre 25 et 35 ans que l’on observe les plus fortes proportions de personnes diplômées de l’enseignement supérieur.

La part des diplômés de l’enseignement supérieur diminue régulièrement avec l’âge après 35 ans, tandis que celle des personnes peu ou pas diplômées du tout augmente.

 

Des jeunes Franciliennes très diplômées

Jusqu’à l’âge de 40 ans environ, les franciliennes détiennent plus souvent que les franciliens un diplôme de l’enseignement supérieur. Ainsi, parmi les jeunes femmes âgées de 20 à 29 ans non scolarisées, 49 % ont atteint ce niveau de diplôme pour seulement 39 % des jeunes hommes de la même tranche d’âge. Au-delà de l’âge de 45 ans, on observe le phénomène inverse : les femmes sont moins diplômées que les hommes à ces âges. Cette distorsion illustre la progression de l’accès à l’enseignement supérieur pour les femmes depuis une cinquantaine d’années, progression plus rapide que celle observée pour les hommes.

 

En offrant de nombreux emplois qualifiés,  l’IDF attire des actifs très diplômés

Les migrations entre les régions métropolitaines contribuent également à élever fortement le niveau de diplôme de la population francilienne. L’Ile-de-France attire en en effet principalement des jeunes plus diplômés que leurs aînés.

Plus de 10 % des diplômé de l’enseignement supérieur ne résidait pas en IIe-de-France 5 ans auparavant !

Les arrivées de l’étranger au cours de la période illustrent également l’attractivité de l’Ile-de-France auprès des personnes qualifiées. Parmi les immigrés nouveaux venus d’âge actif , 40 % sont titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur.

Le niveau de diplôme élevé de la population francilienne renvoie à la structure particulière des emplois par groupes socio-professionnels : avec 27 % de cadres et professions intellectuelles supérieures parmi les actifs ayant un emploi, l’Ile-de- France concentre des emplois très qualifiés. Les emplois peu qualifiés sont moins représentés en Ile-de-France (18 % pour une moyenne nationale de 23 %).

De plus, même s’il n’existe pas de lien systématique entre le diplôme obtenu et le type de profession exercée, les diplômés de l’enseignement supérieur sont logiquement plus nombreux à occuper des postes de cadres ou à exercer des professions intellectuelles supérieures. 


Le diplôme : une protection relative contre le chômage

La situation des franciliens vis-à-vis de l’emploi varie de manière significative selon leur niveau de diplôme. Toutes générations confondues, le taux de chômage est d’autant plus faible que le niveau de diplôme est élevé.

Le contexte de pénurie de l’emploi confronte néanmoins les jeunes à une concurrence importante au moment de leur insertion sur le marché du travail, qui peut déboucher sur un sentiment de « déclassement » dans l’emploi qu’ils occupent.

L’exposition aux situations de chômage s’atténue avec l’âge : si les franciliens peu ou pas diplômés âgés de moins de 25 ans sont les plus touchés par le chômage (31 %, contre 35 % dans les autres régions ), les diplômés de l’enseignement supérieur sont ensuite nettement plus nombreux que les autres à occuper un emploi entre 55 et 65 ans...

 

En conclusion, avec près de 50 % de diplômés de l’enseignement supérieur parmi la population âgée de 30 à 34 ans (52 % pour les femmes et 47,5 % pour les hommes), l’Ile-de- France se situe très au-delà de l’objectif de 40 % fixé par la Commission européenne à l’horizon 2020.

L’Ile-de-France doit cette position à de forts taux d’orientation vers les classes de seconde générale et technologique en 3e, et de forts taux de poursuites d’études des nouveaux bacheliers dans l’enseignement supérieur ; ainsi qu’à l’attractivité de ses établissements d’enseignement supérieur et de son bassin d’emploi auprès des étudiants et des jeunes actifs diplômés venus d’autres territoires.

 

Annie Poullalié