Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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07/03/2012 à 17h00 - La formation et l'emploi au féminin

Les femmes ont leur place dans le monde professionnel, mais les inégalités et les stéréotypes persistent. Aux filles, les formations littéraires et tertiaires, aux garçons les filières scientifiques ou industrielles. La journée internationale des droits de la femme, célébrée le 8 mars, est une bonne occasion de s'interroger sur les choix d'orientation et la place des femmes dans le monde du travail.

Les invités

Nagat Azaroili - Chargée de mission "Emploi - égalité professionnelle" à la Délégation régionale aux droits des femmes et à l’égalité d’Ile-de-France

Françoise Fillon - Déléguée générale de l'association Retravailler

Question :

Modérateur métiers.net : Bonjour à tous et à toutes, le chat va commencer, vous pouvez poser vos questions dés à présent.

Réponse :

 

Nagat Azaroili : Bonjour et bienvenue à tous et à toutes. Je suis prête à répondre à vos questions.

 

Françoise Fillon : Bonjour à tous. C'est avec plaisir que je vais répondre à vos questions, selon mon domaine de compétences.

 

nif : Bonjour.

 

MELANIE : Bonjour à tous !

Question :

Question de Jasmine : Pourquoi faire un chat spécialement sur l’emploi des femmes ? J’ai pas l'impression qu’en 2012 on en ait besoin. Sinon c’est déprimant.

Réponse :

 

Nagat Azaroili : Et oui c'est déprimant ! La veille du 8 mars 2012, journée des droits des femmes, il y a encore d'importants progrès à faire en matière d'emploi des femmes : accès à l'emploi durable, écarts de salaires, partage des tâches, concentration dans les métiers....

 

Françoise Fillon : C'est déprimant, en effet ! Beaucoup d'inégalités professionnelles perdurent entre les hommes et les femmes : gros écarts de salaires (20 % de différence à temps de travail égal, 27 % si l'on prend en compte le temps partiel), les femmes sont 3 fois moins nombreuses que les hommes aux postes de responsabilité, et le travail des femmes se concentre dans quelques familles de métiers moins bien rémunérés et moins porteurs que les autres.

Question :

Question de Caroleandco : Mme Azaroili, recevez-vous des aides des pouvoirs publics, vous sentez-vous soutenue ?

Réponse :

 

Nagat Azaroili : La délégation régionale aux droits des femmes et à l'égalité est un service de l'Etat, placé auprès du préfet SGAR et qui met en oeuvre une politique publique. A ce titre, nous disposons de moyens financiers et on s'appuie également sur les moyens financiers des autres services de l'Etat.

Question :

Question de Lacastafiore : A quoi sert votre association Mme Fillon ? Quel est votre rôle ?

Réponse :

 

Françoise Fillon : « Retravailler », comme son nom l'indique, a été créée en 1974 pour aider les femmes à retrouver une activité professionnelle après la très longue interruption pour élever leurs enfants, ce qui était la norme jusque-là. Aujourd'hui, très peu de femmes s'arrêtent de travailler longtemps pour élever leurs enfants, mais elles rencontrent des difficultés d'accès à l'emploi, de maintien dans l'emploi, d'évolution... Nous accompagnons toutes ces situations depuis le premier emploi jusqu'à la gestion des dernières parties de carrière pour les femmes, mais aussi pour les hommes qui constituent aujourd'hui 45 % des publics que nous accueillons.

Question :

Question de Romane : Nagat Azaroili, depuis combien de temps travaillez-vous sur ces questions ? Quelles sont les évolutions que vous avez noté ces dernières années ?

Réponse :

 

Nagat Azaroili: Je travaille sur la question de l'emploi spécifiquement des femmes depuis mai 2010, mais plus largement sur l'emploi depuis une dizaine d'années. En 40 ans, il y a eu de gros progrès. L'activité des femmes sur le marché du travail a explosé, les femmes sont plus diplômées, plus qualifiées... Mais ce qu'on constate depuis quelques années, c'est une stagnation de la situation, c'est-à-dire que les inégalités cessent d'être résorbées. En période de difficultés économiques, il pourrait y avoir une tendance à renvoyer les femmes à la maison, auprès des enfants !

Question :

Question de Liliana : Mesdames, des hommes travaillent-ils avec vous sur cette question ? Comment voient-ils les choses ?

Réponse :

 

Françoise Fillon : A Retravailler, la mixité des équipes est aujourd'hui une réalité. Nous nous battons pour la mixité des métiers et des professions. Il était important que notre association soit en phase avec ce principe. Le combat pour l'égalité des sexes, au travail et ailleurs, est aujourd'hui un combat mixte, dans lequel le rôle des hommes est évidemment essentiel. Et lorsque nous sensibilisons ou formons à l'égalité, nous essayons d'intervenir en tandem femmes-hommes.

 

Nagat Azaroili: A la délégation régionale, il n'y a plus d'hommes. Cependant, le réseau Droits des femmes et égalité compte parmi ses effectifs bien évidemment des hommes. La question de l'égalité femmes-hommes n'avancera que si les hommes s'en emparent aussi. C'est l'affaire de tous et de toutes. Cela apporte beaucoup que des hommes participent à ce travail. Quant à savoir comment ils voient les choses, je ne sais pas, il faut leur demander ! Ils ont sûrement compris que faire avancer l'égalité femmes-hommes profitent à tous et à toutes.

Question :

Question de émilie12 : De toute façon, on sera toujours sous payées… Sarko avait promis de s’en occuper et 5 ans plus tard, rien n’a été fait…

Réponse :

 

Françoise Fillon : L'égalité professionnelle (et autres) se heurte essentiellement à l'état des mentalités. L'ensemble des gouvernements qui se sont succédés depuis 1970 ont travaillé plus ou moins ardemment à traiter ce problème qui résiste aux lois.

Beaucoup de choses ont été faites, mais il en reste encore beaucoup à faire. C'est l'état des mentalités qu'il faut faire évoluer. Par exemple, convaincre les filles qu'il y a d'autres métiers que le social, la santé, l'éducation, dans lesquels elles peuvent exercer. Le clivage entre les femmes et les hommes des conduites d'orientation et de carrière résiste aux évolutions économiques et sociales. Il en va des professionnels(elles) de l'orientation et de l'insertion de développer des pratiques qui libèrent les choix professionnels des déterminismes de sexe.

 

Nagat Azaroili: Il faut savoir que la question de l'égalité salariale repose d'abord et surtout sur des pratiques professionnelles dans des entreprises. L'égalité femmes-hommes est un principe constitutionnel, un certain nombre de lois existent et les gouvernements successifs ont réaffirmé cette priorité. Maintenant, il y a bien d'autres facteurs qui entrent en compte. Ces facteurs sont les rôles attribués aux hommes et aux femmes dans la société (par exemple, pendant longtemps, le salaire des femmes était un salaire d'appoint, donc pas très conséquent), les métiers techniques qu'occupent traditionnellement les hommes sont plus valorisés... Et tant d'autres.

Question :

Question de Georgette : Que pensez-vous de la discrimination positive ? N'en faudrait-il pas un peu dans certains milieux ?

Réponse :

 

Nagat Azaroili: Le code du Travail prévoit que des mesures temporaires en faveur des femmes peuvent être mises en place pour résorber une situation d'inégalité : c'est la discrimination positive. Ces actions, qu'on appelle également "actions positives", sont essentielles pour rattraper les écarts.

 

Françoise Fillon : Je ne crois pas à la discrimination positive qui prend le risque de stigmatiser les publics qu'elle prétend protéger. Je crois par contre nécessaire de mener des actions positives qui permettent de rattraper des écarts et d'assurer l'égalité de traitement. Un certain nombre d'entreprises ont d'ailleurs développé des politiques qui neutralisent des écarts de salaire injustifiés.

Question :

Question de ZIANE : Pourquoi y a t-il encore une majorité de chef cuisto hommes ? Quel est le problème ? On se coopte entre hommes ?

Réponse :

 

Nagat Azaroili : La cooptation sûrement ! Mais pas seulement. Cette question soulève l'enjeu de la mixité des métiers. Aujourd'hui, les filles en formation initiale s'orientent encore trop souvent sur un nombre limité de filières : la santé, le social, les fonctions support, le service à la personne, la petite enfance. Il faut que les filles s'ouvrent à d'autres métiers, s'y intéressent, et découvrent d'autres possibilités que celles que peut leur proposer la société.

Question :

Question de Gaetane : Mes parents ne comprennent pas pourquoi je veux devenir menuisier. Ils pensent que c'est un métier d'homme, d'ailleurs on n'a pas trouvé de mot féminin pour ce métier !!!

Réponse :

 

Françoise Fillon : Tous les métiers peuvent aujourd'hui être exercés par les deux sexes. Tous les métiers ont dorénavant un féminin et un masculin. Les métiers n'ont pas de sexe. Je vous encourage à poursuivre dans votre projet. Le métier que vous visez a des débouchés et l'artisanat cherche des femmes !

 

Nagat Azaroili : Premièrement, il n'y a pas de métiers d'hommes, mais que des métiers occupés principalement par des hommes ou des femmes. Deuxièmement, c'est un secteur qui offre de nombreuses possibilités d'emplois. Enfin, la meilleure solution pour convaincre vos parents est de leur faire rencontrer des menuisiers, des professionnels du secteur de manière générale. Ils ont sûrement juste besoin d'être rassurés.

Question :

Question de fRIPouille : Est-ce qu'on peut être licenciée quand on annonce qu'on est enceinte ?

Réponse :

 

Françoise Fillon : Normalement, non !  On ne peut pas licencier une femme parce qu'elle est enceinte. Par contre, on sait que l'annonce d'une grossesse n'est jamais évidente en contexte de travail. La maternité reste un vrai frein pour les jeunes femmes qui ont du mal à accéder à l'emploi et aux responsabilités. Si elles ont des enfants, leur employeur va craindre des absences. Si elles n'ont pas d'enfants, on va craindre qu'elles en fassent !

Question :

Question de camille : Selon vous, quels secteurs doivent encore faire des efforts quant aux femmes? Et lesquels ont fait de gros progrès ?

Réponse :

 

Nagat Azaroili : Certains secteurs ont fait de gros progrès, même si les résultats chiffrés ont du mal à l'illustrer. Le bâtiment essaie, depuis plusieurs années, d'attirer les filles. Le secteur des transports voyageurs aussi. Mais ce qui est difficile, c'est aussi de convaincre les filles d'aller sur ces métiers, convaincre les parents, mais aussi les intermédiaires de l'emploi... Il faut suivre ses envies et se donner les moyens !

Question :

Question de juliette : L’été dernier, j’étais en stage dans une banque pour mon année en alternance. Un mec travaillait avec moi au même poste et pourtant j’ai été beaucoup plus affectée à la photocopieuse et lui, aux tâches intéressantes. Impossible d’en parler au directeur, et mon stage ne s’est avéré pas très utile… Ca m’inquiète pour la suite.

Réponse :

 

Françoise Fillon : Juliette, pourquoi n'avez-vous pas pu en parler ? L'évolution des choses dépend aussi de vous. Il faut lutter contre le sexisme ordinaire. Au travail et ailleurs !

Question :

Question de RoultaBILLE : Quand une femme a des enfants, lors d'une embauche, elle ne fait pas le poids face à un homme... que doit elle mettre en avant?

Réponse :

 

Françoise Fillon : L'accès des femmes à l'emploi pâtit du stéréotype d'une supposée moindre disponibilité liée à la maternité. Ce qu'il faut mettre en avant dans ce cas-là, comme dans tous les autres cas de négociation au travail, ce sont les compétences. Les compétences n'ont pas de sexe !

 

Nagat Azaroili : Près de la moitié de la population active est constituée de femmes. Cela veut dire que beaucoup de femmes avec enfants travaillent ! C'est plus difficile pour elles, alors si elles ont des compétences, elles doivent les mettre encore plus en avant. Un conseil : les enfants ne doivent pas figurer sur un CV (beaucoup de femmes le font).

Question :

Question de Inès : Moi je voudrais faire une Prépa sur Paris l’année prochaine, mais j’aurais besoin d’être en internat et il y a très peu de places pour les filles. Que puis-je faire ?

Réponse :

 

Nagat Azaroili : Inès, rien ne vous empêche déjà de postuler et de faire les demandes, même si effectivement il y a peu de places en internat. Il faut tenter.

Question :

Question de Samia56 : Je voudrais devenir ingénieur nucléaire. C'est un secteur très masculin, je le sais. Que me conseillez-vous (parcours, écoles, contacts) ? Merci d'avance pour votre réponse.

Réponse :

 

Françoise Fillon : Le nucléaire cherche à recruter des femmes ! Areva, en particulier, a essayé d'intégrer des femmes, mais s'est heurtée à des difficultés pour en trouver.

Question :

Question de JUJU : J'ai l'impression que même les professeurs et les conseillers d'orientation me déconseillent une filière technique. Est-ce que c'est si difficile que ça d'être une fille en filière technique

Réponse :

 

Nagat Azaroili : Ce que l'on sait, c'est que quelle que soit la filière de formation, y compris technique, les filles ont de meilleurs résultats. Après, une fois sur le marché du travail, cela peut effectivement vous demander plus d'énergie pour trouver un employeur qui dépasse les préjugés.

Question :

Question de Lila : Je suis en médecine. Parfois je m'imagine convoiter le poste de directeur d'hôpital après quelques années d'exercice. Ce côté-là du monde hospitalier m'intéresse beaucoup. Mais je ne connais que des hommes à ce poste. Est-ce possible pour une femme de diriger un CHU ? Si oui, comment ?

Réponse :

 

Françoise Fillon : Oui, bien sûr, c'est possible. Mais pour y arriver, il vous faudra beaucoup de ténacité. Gardez votre ambition, c'est parfois par manque de confiance en elles que les femmes n'accèdent pas à de plus hautes fonctions.

Question :

Question de JANE : La Halde , ça existe encore ?

Réponse :

 

Nagat Azaroili : Même si l'institution n'existe plus, les missions de la Halde ont été intégrées à celles du Défenseur des droits. Les possibilités de saisine restent les mêmes.

Question :

Question de Lucie : Est-ce que le manque d'ambition des femmes n'est pas la principale raison de la différence de l'accès à de hauts postes ?

Réponse :

 

Françoise Fillon : Le problème est que le manque d'ambition des femmes correspond à la division des rôles et des places entre les femmes et les hommes. Il faut certes que les femmes pensent qu'elles peuvent faire jeu égal avec les hommes, mais il faut également que les hommes, qui tiennent beaucoup de corporations, se débarrassent de leurs stéréotypes sur les femmes, et acceptent de partager les responsabilités avec elles.

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