Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Julien Villedieu

Délégué Général du SNJV, Paris (75)
Date de l'interview : 07/07/2011

Beaucoup d’acteurs du jeu vidéo dématérialisé viennent du web et recherchent des compétences issues de ce secteur.

Le SNJV, Syndicat National du Jeu Vidéo, représente et défend les intérêts de l’industrie du jeu vidéo. Julien Villedieu, son délégué général, évoque la montée en force du jeu dématérialisé et ses conséquences sur l’emploi.

Combien d’entreprises et d’emplois l’industrie du jeu vidéo représente-t-elle en France ?

On peut dire qu’il y a environ  200 entreprises bien établies, auxquelles s’ajoutent une cinquantaine de structures créées très récemment. Avec la reprise, on a en effet énormément de créations d’entreprises depuis 6 à 8 mois. Mais il est encore trop tôt pour dire si elles dureront.

Côté emploi, on est aux alentours de 5 000 professionnels dont 3 000 exercent dans la production de jeux. Le jeu vidéo a également un impact indirect sur d’autres secteurs, en particulier le web (référencement, etc.) et l’informatique (logiciels, etc.). Au total, on estime à plus de 10 000 le nombre d’emplois liés au jeu vidéo dans notre pays et ce chiffre est en croissance constante.

Quels sont actuellement les marchés porteurs ?

Le jeu vidéo traditionnel, qu’on achète en magasin, est en perte de vitesse. Aujourd’hui, les jeux vidéo qui continuent de connaître un engouement d'un public de passionnés s'achètent de plus en plus en téléchargement sur les plateformes dématérialisées comme Steam par exemple. De nouveaux marchés online sont apparus il y a 2 ans et connaissent actuellement un très grand succès de la part d'un public beaucoup plus large. Il s'agit des jeux sur téléphones mobiles, sur internet et sur les réseaux sociaux. L’industrie française avait du mal à être concurrentielle sur le marché du jeu traditionnel sur consoles et PC, mais connaît aujourd'hui de beaux succès sur les marchés dématérialisés, quels qu'ils soient. C’est aujourd’hui son point fort car ces marchés font appel à la créativité de nos professionnels, ce sont eux qui portent actuellement la forte croissance des entreprises françaises.

Le développement de ce nouveau marché a-t-il un effet sur les compétences recherchées ?

Oui car beaucoup d’acteurs du jeu dématérialisé viennent du web et recherchent des compétences issues de ce secteur : webmarketing, webdesign, animation de communauté, etc. Par ailleurs, le jeu dématérialisé s’appuie sur une programmation moins technique que le jeu traditionnel. Ce qui ne veut pas dire moins pointue : dans 3 ou 4 ans, on verra apparaître des technologies qui feront augmenter le niveau d’exigence  des entreprises dans ce domaine.

Quelle est la formation requise pour travailler au croisement du web et du jeu vidéo ?

Nous avons en France des écoles et formations universitaires aux métiers du jeu vidéo réputées, bien sûr. Mais de plus en plus de professionnels recherchent des compétences provenant d'autres univers car le jeu vidéo est au centre de nombreux univers créatifs.  A Paris par exemple, la nouvelle école européenne des métiers du net nous intéresse beaucoup et nous allons nous rapprocher d'elle pour voir dans quelle mesure le jeu vidéo peut avoir sa place dans les formations envisagées.

Quel est actuellement la croissance du secteur ?

Le taux de croissance de l’industrie traditionnelle du jeu vidéo se situe entre 4 et 8 %. Mais sur les marchés dématérialisés, la croissance est beaucoup plus forte et très soutenue. Certaines études parlent de plus de 100% de croissance par an pour les entreprises qui évoluent sur le marché des jeux pour mobile ou des jeux sur les réseaux sociaux.

Les jeunes diplômés français partent-ils toujours  faire leurs armes dans studios américains ou canadiens ?

Aujourd’hui, je dirais plutôt que les jeunes font leurs armes en France, puis les studios étrangers  leur font des ponts d’or pour les faire venir avec leurs familles. Le jeu vidéo est un métier international sur un marché mondial. On peut l’exercer partout sur la planète.  Heureusement, cette fuite des compétences françaises tend à diminuer car la France a beaucoup d'atouts dans notre métier.

Quels conseils donnez-vous aux jeunes que ce secteur professionnel intéresse ?

De venir travailler dans nos entreprises. Le secteur recrute,  plus de 300 à 400 emplois sont créés chaque année. Tous les ans, des métiers s’inventent. L’industrie du jeu vidéo est un secteur en plein développement dans lequel on peut vraiment entreprendre. C’est passionnant d’y travailler ! Mais c’est un secteur très exigeant aussi : il faut travailler beaucoup pour pouvoir se démarquer. La persévérance est une qualité essentielle pour réussir.

Propos recueillis par Patricia Holl