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Vers de hautes écoles en soins infirmiers

De la licence au doctorat, les études en soins infirmiers sont susceptibles d’offrir aux étudiants un cursus approfondi de bac + 3 à bac + 8.


Le 16/06/2011

 

Lors de ses dernières journées nationales en mai 2011 consacrées à la recherche infirmière, le CEFIEC (comité d’entente des formations infirmières et cadres) qui représente les structures de formation au niveau national et international, s’est montré confiant dans le développement  d’une filière de formation et de recherche en soins infirmiers spécifique et complète, allant de la licence jusqu’au doctorat.

 

Afin d'harmoniser le système d'enseignement supérieur européen, la reconnaissance au grade de licence du diplôme d’Etat en soins infirmiers, mise en place en juillet 2009, a déjà permis une avancée importante. Dans la foulée, la mise en place à la rentrée 2009, d’un nouveau référentiel de formation initiale a officialisé l’entrée des études infirmières dans le système licence-master-doctorat (LMD).


Dans le cadre de cette réforme,  les instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) se sont engagés dans un processus de rapprochement avec les universités concrétisé par la signature de groupements de coopération sanitaire (GCS).

Même s’il est long à se concrétiser, ce rapprochement entre les IFSI et les universités est  inéluctable.  De nombreuses  conventions tripartites IFSI /université /région ont déjà été signées localement, notamment en Ile-de-France.

Ces conventions visent  à mettre en œuvre le processus d’universitarisation des formations en soins infirmiers, notamment en termes de pédagogie, de validation et de services offerts (CROUS...) aux étudiants. Elles organisent également la participation des partenaires de la région et des universités aux instances pédagogiques, et prévoient leur contribution aux enseignements et jurys d’examens.

 

Cette  réforme du diplôme d'infirmier permet de renforcer les compétences acquises en y intégrant des enseignements scientifiques abordés sous un angle plus universitaire tout en maintenant un apprentissage professionnalisant au contact des professionnels impliqués dans le travail clinique.  Elle ouvre  ainsi des possibilités d'accéder aux formations de niveau supérieur (masters spécifiques encore trop rares) afin de permettre aux infirmiers d'évoluer vers des compétences plus étendues en matière de soins et de santé publique.

 

Le CEFIEC estime par ailleurs que la reconnaissance au niveau master des cadres de santé, des infirmiers en pratiques avancées ou spécialisés (bloc opératoire, anesthésistes…) n’est plus qu’une question de temps, dans la mesure où le ministère de la Santé travaille actuellement sur de nouveaux référentiels.

 

Un nouveau département sciences infirmières et paramédicales (DSIP), dirigé par Monique Rothan-Tondeur, infirmière titulaire d’un doctorat et d’une habilitation à diriger des recherches (HDR), a été créé à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP).

La mission d’enseignement du DSIP  repose sur le développement de programmes de master et sur une formation doctorale destinés en premier lieu aux infirmiers et aux autres professions paramédicales. Le DSIP travaille principalement avec l’école doctorale 393 Santé publique : épidémiologie et sciences de l’information. Il aspire également à développer des échanges scientifiques internationaux avec les départements en sciences infirmières des universités étrangères.

 

En partenariat avec l’université de Marseille-Méditerranée, le DSIP propose depuis 2009 le 1er master sciences cliniques infirmières en vue de faire avancer la recherche infirmière et paramédicale encore trop peu développée en France. Accessible aux titulaires d’un diplôme d’Etat en soins infirmiers, ce master dure 2 ans et propose des spécialisations en 2e année : pratiques avancées en cancérologie ou gérontologie, coordination de parcours complexes de soins.

 

Si beaucoup d’infirmiers, notamment chez les formateurs, sont déjà titulaires de diplômes universitaires dans des disciplines connexes comme la sociologie, la psychologie ou la santé publique, la formation d’infirmier ne prépare pas actuellement suffisamment à la recherche.

Le CEFIEC souhaite que la recherche en soins infirmiers se développe car elle est porteuse d’une réelle plus-value, tant sur le plan économique que de la santé publique. Le développement des pratiques avancées infirmières permet de libérer du temps médical, mais aussi de sortir du tout curatif, d’améliorer l’efficience des soins et la qualité de vie des patients.

 

Une université a donc aujourd’hui la possibilité de créer un doctorat en sciences infirmières.


Annie Poullalié