Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Alain Ghibaudo

Fondateur et directeur associé de Sportcarrière.com, Levallois (92)
Date de l'interview : 30/05/2011

Le monde du sport est très attractif car très médiatique, mais c’est une niche. On ne peut pas s’engager dans cette voie sans une formation liée au sport.

Sportif accompli, Alain Ghibaudo est aujourd’hui à la tête d’un cabinet de recrutement spécialisé dans le sport. Il évoque les grandes tendances de l’emploi sportif et les formations les plus adaptées.

Quel est votre parcours ?

J’ai un parcours de sportif. J’ai été rugbyman à Istres, équipe de division 2. J’ai également été moniteur de ski et vice-champion de France de Volley dans le cadre du sport scolaire. Je continue à jouer au rugby depuis 1995 dans l’équipe corpo France Rugby Pub pour garder un lien avec le sport.

Côté formation, j’ai un diplôme de 3e cycle en ressources humaines, obtenu après une licence d’économie et DUT techniques de commercialisation.

J’ai créé SPORTCARRIERE en 2000 après avoir occupé différents postes en ressources humaines chez Ciments Lafarge, Olsten, Oracle Consulting et Groupe Pinault Printemps Redoute.

Qu’est-ce que SPORTCARRIERE ?

Au départ, l’idée était simplement de fédérer toutes les offres d’emplois dans le domaine du sport autour du site internet www.sportcarriere.com . Le site a bien marché, j’ai donc décidé d’en faire mon métier et d’élargir mon offre de services avec une activité de cabinet de recrutement et de conseils en ressources humaines Sports & Entertainment.

Sportcarrière.com est le n°1 français des sites dédiés à l’emploi dans le sport. Nous proposons différents services aux sportifs et aux recruteurs : nous diffusons des offres d’emplois et des CV. Par ailleurs et au-delà de nos activités web, nous sommes « chasseurs de têtes » pour les métiers du sport ; nous proposons des bilans de compétences  aux athlètes de haut niveau et les accompagnons dans leur reconversion ; enfin, nous mettons du personnel médical à disposition pour des événements sportifs.

Aujourd’hui, qui recrute des professionnels du sport ?

Les structures qui font appel à nous pour recruter sont les clubs professionnels (de foot et de rugby notamment), les ligues (de foot, de basket, etc.) et les fédérations (fédération du sport automobile, du foot, du badminton, etc.). Nous travaillons également avec les agences de marketing, les médias, ainsi qu’avec l’industrie du sport (équipementiers de loisirs, fabricant de gros matériel).

Quels sont les profils les plus recherchés actuellement ?

Dans le sport « loisirs », il y a une forte demande sur les éducateurs sportifs titulaires du brevet d’Etat : natation, tennis, ski, voile, etc. Ce sont les collectivités et surtout les grandes structures privées (Club Med, etc.) qui recrutent mais il ne s’agit pas d’emplois pérennes.

Les maîtres-nageurs sont également très sollicités, par les collectivités comme par les entreprises.

Avec la rénovation des stades et la construction des "Arenas", ces grands stades multisports, on aura besoin de régisseurs techniques, de régisseurs d’enceintes sportives et autres profils de métiers du spectacle. Les gestionnaires de ces structures, que ce soient les collectivités ou les constructeurs, vont également devoir commercialiser ces nouveaux espaces, ce qui va profiter aux métiers commerciaux.

On parle beaucoup de marketing sportif. Est-ce une spécialité qui recrute ?

Le marketing, c’est ce qui fait vendre le sport. Autrefois, les structures étaient gérées par des gens issus du sport, puis on s’est rendu compte qu’il fallait professionnaliser cet univers. Le marketing sportif s’est structuré et c’est ce qui a permis son développement. Le marketing sportif est le secteur du sport qui connaît le plus fort développement.

Quand on parle de marketing sportif, on ne pense pas forcément aux collectivités. Aujourd’hui pourtant, les mairies ont leurs propres cellules. La direction des sports de la Ville de Paris, c’est plus de 700 personnes. Le Conseil général des Hauts-de-Seine a aussi un service des sports très important. Ces collectivités sont partenaires des clubs sportifs, on y retrouve tous les métiers de l’entreprise.

Quels profils intéressent les recruteurs ?

Le monde du sport est très attractif car très médiatique, mais c’est une niche. Aujourd’hui, on ne peut plus s’engager dans cette voie sans une formation liée au sport, de bac + 2 à bac + 5. Pour le marketing sportif par exemple, il existe une dizaine de formations très reconnues : Euromed Mangement à Marseille, Audencia Nantes, etc. Pour l’Ile-de-France, on peut citer l’ESG, l’ISC, l’ESSEC, l’Ecole des cadres (SMS - Sport Management School), l’EBS, les universités d’Orsay et de Nanterre, etc.

Faut-il nécessairement être sportif pour travailler dans le marketing sportif ou la commercialisation d’équipements sportifs ?

La pratique sportive est un atout. Vous parlez à des gens qui ont la même ADN que vous, ce sont des passionnés, comme vous. C’est plus facile de vendre quand on connaît l’univers du produit.

Certains sports sont-ils plus porteurs que d’autres ?

Le foot se distingue clairement car c’est le sport qui regroupe le plus de clubs amateurs et professionnels. De plus, le football professionnel bénéficie de la manne financière de Canal +. Mais on peut aussi citer le rugby, qui fait de plus en plus d’audience, se structure et se professionnalise. Ce sport a une forte capacité de développement.

Quels conseils donnez-vous aux jeunes ?

De choisir une formation spécifique à l’univers du sport et de bien se renseigner sur cette formation, de se demander en particulier quel est le taux de placement des diplômés dans le sport. Le marché n’a pas une capacité d’accueil très importante. Il est indispensable aussi de parler l’anglais, quitte à faire une année de césure. Je recommande également aux jeunes, même si c’est une tarte à la crème, de faire travailler leur réseau et de lire la presse sportive et économique pour avoir des informations sur le développement des entreprises. Enfin, je leur conseille d’aller au bout de leurs rêves, de ne pas lâcher prise.

Propos recueillis par Patricia Holl