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Du bon usage des classements universitaires internationaux

Le forum mondial de l’UNESCO sur le thème « classements et responsabilisation dans l’enseignement supérieur : bons et mauvais usages » s’est déroulé du 16 au 17 mai, à Paris, autour de débats passionnants.


 

Le 25/05/2011

 

Chaque année, les classements des universités font la une des médias, suscitant un réel intérêt parmi les étudiants, les établissements, les employeurs et les décideurs. Qu’ils soient respectés ou plus souvent critiqués, ces classements ont une influence sur notre perception des établissements d’enseignement supérieur.

 

Les classements internationaux des universités sont-ils de bons outils comparatifs ? Les critères choisis pour ces classements sont-ils pertinents? Quel est l’impact de ces classements sur les politiques universitaires ?...  Autant de questions qui ont été au cœur des débats de ce forum international, organisé par l'UNESCO, la Banque mondiale et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), en présence de l’association internationale des universités, de représentants des ministères de l'enseignement supérieur du monde entier, et des responsables des principaux classements (Times higher education, Shanghai Jiao Tong rankings, QS World University Rankings...).


Utilisés tout abord comme des outils d'information à destination des étudiants, les classements internationaux des universités ont vite été considérés comme des mesures de la qualité de l’enseignement dispensé, ce qui a généré une compétition intense entre les établissements. Rien d’étonnant à cela : dans un monde globalisé, l’enseignement supérieur n’échappe pas à la règle de la concurrence internationale. A l’échelle mondiale, la mobilité des étudiants connaît une très forte augmentation (3,3 millions en 2009) et les universités rivalisent pour attirer les meilleurs. Les schémas de mobilité tendent à se déplacer vers les pays émergents (Chine, Inde...) au détriment de l’Amérique du Nord et de l’Europe occidentale, jusqu’à présent les destinations dominantes. Ce contexte ne manque pas d’influencer les prises de décisions des responsables universitaires et politiques.

 

Ainsi, Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO, a déclaré: «La montée des systèmes de classement reflète les tendances profondes en cours dans l'enseignement supérieur à travers le monde, le paysage se transforme sous nos yeux... et les gens sont obsédés par une centaine d’établissements sur 15 000 mondiaux, soit moins de 1 % ! ».

Plaidant en faveur de classements d’universités plus équilibrés, Irina Bokova a souligné que  les comparaisons entre universités ont tendance à accorder trop d’importance aux aspects quantitatifs plutôt que qualitatifs de l’éducation. L'impact d'une université sur l'innovation des entreprises, la promotion socio-culturelle et le développement de l'environnement d'une région sont tous aussi importants que la recherche, le nombre de prix académiques et nobels obtenus et les publications.

Selon elle, un enseignement supérieur de qualité et accessible à tous doit parvenir à l’équilibre entre la recherche, l’enseignement et les services communautaires.
Les classements devraient évoluer pour donner des informations plus pertinentes et adaptées aux besoins, notamment locaux, des étudiants, des établissements  et des décideurs politiques.

 

De même, pour Ellen Hazelkorn, vice-présidente de la Recherche et de l'entreprise au Dublin Institute of Technology et consultante à l’OCDE, les gouvernements doivent cesser d'être obsédés par les classements mondiaux, qui menacent de transformer les systèmes d'enseignement supérieur en voulant les conforter à des critères établis par d’autres. L'évaluation comparative devrait être utilisée pour améliorer la capacité et la qualité de l'ensemble du système, et pas seulement pour récompenser les réalisations des élites et des institutions phares.


De son côté, Phil Baty, rédacteur en chef adjoint du Times Higher Education, pense que les classements sont susceptibles d’imposer une dangereuse uniformité.

 

Nian Cai Liu, directeur du Centre pour les universités de classe mondiale et doyen de la Graduate School of Education de Shanghai Jiao Tong University - éditeur du 1er classement multi-indicateurs de l'université mondiale, le fameux classement académique des universités mondiales (ARWU) ne nie pas les critiques (le ARWU fait la part belle à la dimension recherche), mais il considère que les classements restent utiles et que la question clé est de savoir comment les améliorer et les utiliser à bon escient.

Il propose que les classements futurs mettent davantage l’accent sur des universités spécialisées (médecine, ingénierie...), des régions (Europe orientale, Amérique du Sud, Asie du Sud), avec des critères plus  comparables entre eux (personnel enseignant, budget, taille...).

 

Bon à savoir : le positionnement des universités franciliennes dans le classement de Shanghai 2010
39  -Pierre and Marie Curie University-Paris 6
45  -University of Paris Sud-Paris 1
71  -Ecole Normale Supérieure -University of Paris Diderot-Paris 7
151-University of Paris Descartes-Paris 5
201-Ecole Polytechnique
201-Industrial Physics and Chemistry Higher Educational Institution-Paris
301-University of Paris-Dauphine-Paris 9
401-Ecole National Supérieure des Mines-Paris
401-University of Versailles

 

Ben Sowter, chef de l'Unité QS Intelligence qui produit le QS World University Rankings, souhaite aussi au travers des données recueillies aider davantage les étudiants à faire des choix de carrière.

 

A l’avenir, l’ensemble de ces experts s’accordent donc pour développer une analyse plus comparative, qualitative et transparente dans leurs classements.


Avec l'évolution des modes de mobilité internationale, les étudiants ont besoin de plus d'orientation pour savoir où aller et quoi étudier. Dans leur prise de décision du choix d’établissement, ils ne consultent les classements qu’en 8e position après les amis, les sites universitaires, les parents .... Pour contrebalancer l’impact décrié des classements, ils sont aussi de plus en plus nombreux à donner leurs propres classements des universités dans lesquelles ils étudient sur Internet via les réseaux sociaux (Facebook).


Pour les observateurs, l’apparition de ces classements parallèles est plutôt bénéfique : l’expérience partagée peut être une source d’information tout aussi intéressante qu'un classement officiel !

 

Annie Poullalié