Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Sandra Helena Ribeiro

Perchiste et conseillère en gestion de carrière, Vaujours (93)
Date de l'interview : 20/05/2011

L'insep permet de concilier les études et le sport dans des conditions optimales.

Ancienne sportive de haut niveau, Sandra Helena Ribeiro est aujourd’hui chef d’entreprise et conseillère en gestion de carrière auprès de sportifs de haut niveau. Elle revient sur son parcours et sur la nécessité pour les sportifs d’être accompagnés.

Quel est votre parcours ?

Je suis entrée au Dynamic Aulnay Club à Aulnay-Sous-Bois à 14 ans. Il y avait un entraineur de perche : j’ai essayé, je me suis entrainée et les performances sont arrivées. Jusqu’au bac, j’étais scolarisée normalement et je m’entrainais après les cours. J’ai obtenu le statut de sportive de haut niveau à 18 ans, inscrite sur la liste ministérielle portugaise. J’ai alors intégré l’Insep pour pouvoir bénéficier d’horaires aménagés, ce qui m’a permis de poursuivre mes études tout en continuant les entraînements. J’ai passé un BTS action commerciale et, plus tard, un DU de droit du sport à Paris 1 Sorbonne.

J’ai été vice championne de France en 2010 et vice championne du Portugal en 2010 ; championne du Portugal en 2008, championne de France en 2009. Mais mon plus beau souvenir sportif reste ma participation aux JO de Pékin en 2008. Ma meilleure performance au saut à la perche est 4m35.

Que vous a apporté l’Insep ?

Cette structure permet de concilier les études et le sport dans des conditions optimales. J’ai pu passer mon BTS en 3 ans, au lieu de 2. A l’Insep, les sportifs sont très bien entourés : ils ont à leur disposition des kinés, des médecins… Certains sont internes, d’autres externes comme je l’étais. Comme le sport ne me permettait pas de vivre, j’ai commencé à travailler, j’ai débuté à l’Insep, en tant que vacataire chargée de la gestion des carrières des sportifs. L’Insep m’a ensuite soutenue pour préparer le DU.

Qu’ont-elles de spécifiques, les carrières des sportifs de haut niveau ?

Les sportifs de haut niveau sont très sollicités, surtout les sportifs médaillés dans les grands championnats (Europe, Monde, J.O). Il est difficile de tout gérer notamment au niveau administratif, pour les déclarations fiscales par exemple, c’est compliqué. Comme j’étais sportive étrangère, puisque je représentais le Portugal, c’était encore plus difficile pour moi. Je crois que c’est cela qui m’a donné envie d’aider les autres sportifs et de fonder la société Perfé’o, qui propose un accompagnement sur la gestion de carrière sportive.

Concrètement, quelles aides apportez-vous aux sportifs ?

Les athlètes de haut niveau peuvent avoir différents statuts (étudiant, salarié, etc.). Ils signent différents types de contrats (contrats de sponsoring, contrats publicitaires, etc.) et reçoivent plusieurs catégories de rémunérations (primes, salaires, etc.). Mais ils n’ont pas forcément la culture d’aller voir un avocat pour se faire accompagner dans ces domaines. Mon travail consiste donc à leur expliquer et à les aider à faire les bons choix. Je les aide également à gérer leur image, à trouver des partenaires, à apprendre à communiquer face aux médias, et à anticiper toutes ces questions. Enfin, je rédige des guides pratiques autour de la gestion de carrière.

 Aujourd’hui, avez-vous toujours une pratique sportive ?

Il m’a fallu faire un choix car je ne pouvais pas concilier mon activité de conseillère en gestion de carrière et le sport dans la mesure où mon entreprise m’occupe à plein temps. Mais je continue la perche. J’ai réintégré un club et je m’entraîne tous les soirs après le travail. Je participe à des compétitions interclubs, à des meetings, etc.

Quels conseils donnez-vous aux jeunes qui visent le sport de haut niveau ?

D’abord de bien s’entourer, de prendre conseil auprès des entraîneurs pour s’assurer qu’ils ont le niveau pour entrer dans une structure de haut niveau comme l’Insep ou dans une structure équivalente (CREPS, centre sportif, etc.). Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu’une carrière sportive peut s’arrêter à n’importe quel moment. Il est donc très important de concilier sport et études pour anticiper et préparer sa seconde carrière.

Propos recueillis par Patricia Holl