Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Marie-France Zumofen

Directeur adjoint chargé des formations initiales de GOBELINS, l’école de l’image à Paris (75)
Date de l'interview : 10/05/2011

Demain, les professionnels du jeu vidéo devront être de plus en plus spécialisés et ouverts sur les métiers adjacents : les graphistes devront comprendre les développeurs, et inversement.

En septembre 2011, l’Ecole nationale du jeu et des médias interactifs numériques et GOBELINS, l’école de l’image, ouvrent le 1er mastère spécialisé dédié au jeu vidéo baptisé « interactive digital experiences ». Marie-France Zumofen nous explique l’objectif et les spécificités de cette formation unique en son genre.

Comment est né le mastère spécialisé interactive digital expériences ?

En voyant l’évolution du marché du multimédia et du ludique, nous nous sommes dits que la communication, demain, utilisera le jeu pour fidéliser les utilisateurs ou les clients. Il faudra donc des professionnels capables d’imaginer des applications professionnelles utilisables à n’importe quel moment sur tous types de supports (TV, i-phone, web, etc.) afin de fidéliser les personnes en les faisant jouer et rebondir d’un support à un autre.

Pour créer ce mastère spécialisé, nous nous sommes associés avec le CNAM-ENJMIN d’Angoulême.  Ce dernier apporte son expertise en matière de conception de jeu et de programmation, nous apportons celle que nous avons sur les nouveaux usages utilisant le multimédia et la création graphique.

A qui s’adresse ce mastère spécialisé ?

A des diplômés bac +5. Nous proposons 25 places attribuées pour moitié à des graphistes issus de formations artistiques en animation, multimédia, 3D, etc., et pour moitié à des ingénieurs développeurs. Dans le cadre d’une réflexion sur l’évolution de nos formations, nous avons fait une étude de marché du jeu vidéo pour savoir quels seront les besoins des entreprises dans les prochaines années. Il ressort de cette étude que les professionnels devront être de plus en plus spécialisés, mais aussi ouverts sur les métiers adjacents : les graphistes devront comprendre les développeurs, et inversement.

La formation est ouverte à la formation initiale, et à la formation continue par le biais du CIF. Il nous semble important de mixer les publics, cela booste le groupe.

Comment les candidats sont-ils sélectionnés ?

Les candidats doivent tout d’abord rendre un sujet. Il peut s’agir, par exemple, d’imaginer une application interactive déclinable sur le web, le téléphone et la radio autour du thème « Les vacances de Monsieur Hulot ». Les candidats disposent d’un mois pour nous remettre une proposition. Les personnes sélectionnées passent ensuite un entretien oral. Pour la rentrée 2011, nous acceptons les inscriptions jusqu’au 16 juin.

Quels sont les pré-requis pour être admis ?

Les graphistes doivent être créatifs, avoir un bon sens de la narration graphique ainsi que le sens du cadre et des différents types d’espace de diffusion numérique. Les personnes qui pratiquent déjà la mixité des supports (photographie, dessin, 3D, etc.) nous intéressent beaucoup.

En ce qui concerne les développeurs, nous voulons des personnes connaissant bien les différents types de programmation, la programmation objet notamment, et capables de comprendre les besoins des utilisateurs.

Quel est le contenu de la formation ?

Il s’agit d’une formation courte de 450 h réparties sur 7 mois de la mi-septembre à la fin avril, auxquelles s’ajoutent 5 à 6 mois de stages. Graphistes et développeurs suivent un module commun, puis des spécialisations en fonction de leur profil. Pour les graphistes, conception d’univers originaux adaptés à des scénarios interactifs et aux nouveaux supports, outils graphiques (2D, 3D, vidéo), design d’interface, de personnages, de décors liés aux nouveaux supports de diffusion interactifs ; pour des développeurs, programmation de l’image et de l’animation, algorithme de rendu, intelligence artificielle et physique, réseaux, moteurs de jeu, moteurs physiques, architecture de jeu multi-joueurs, jeux dématérialisés.

Graphistes et développeurs auront des études de cas et des exercices à faire en commun. Ils travailleront ensemble également sur le projet de fin d’études : par équipe de 5, ils devront concevoir une application proposant une expérience interactive destinée au grand public. L’application ludique devra être multi-supports, au moins 2 supports s’appuyant sur les dynamiques communautaires et réseaux sociaux.

Quels sont les débouchés de ce mastère ?

Les profils graphistes pourront devenir «  lead artistes » : ils occuperont des postes de création et travailleront avec des équipes de graphistes qui réaliseront des produits sur l’ensemble des supports multimédias. Les profils développeurs deviendront « lead developpers », c’est-à-dire qu’ils occuperont la même fonction auprès d’équipes de développeurs. Ce sont des métiers qui n’existent pas encore, qui apparaîtront dans 1 ou 2 ans. Les débouchés se situeront dans le multimédia, le jeu vidéo, la communication professionnelle ou encore dans les grands groupes médias.

Propos recueillis par Patricia Holl