Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Carole Biard

Développeuse de l’apprentissage au Ceproc, Paris (75)
Date de l'interview : 06/05/2011

Très prisé par les employeurs, le CAP a encore de beaux jours devant lui.

Le Centre européen des formations culinaires (Céproc) forme des apprentis dans les domaines de la charcuterie-traiteur, de la cuisine, de la boulangerie-pâtisserie et de la vente. Carole Biard nous présente les spécificités de ce CFA.

Quelles sont les formations proposées par le CEPROC ?

Nous proposons cinq CAP (charcuterie-traiteur, pâtisserie boulangerie, cuisine, service et commerce) qui peuvent déboucher sur une poursuite de formation en Mention Complémentaire, en Brevet Professionnel et en Bacs professionnel (cuisine, boulanger pâtissier, commerce).
Nous dispensons aussi des formations à un niveau post-bac. Parmi celles-ci, la formation Traiteur organisateur de réception (TOR), en 2 années, a pour vocation de préparer les candidats à tous les aspects du management d’une prestation traiteur.

Quels publics accueillez-vous ?

Le Ceproc met un point d’honneur à ouvrir ses portes tous les publics. Nous les accueillons en formation initiale et en formation continue pour des adultes en reconversion professionnelle ou en perfectionnement. Nous disposons aussi de classes de préapprentissage - dispositif d’initiation aux métiers par alternance (DIMA). Là où certains établissements préconisent une sélection à outrance, le Ceproc choisit d’offrir une chance aux plus motivés.

Accompagnez-vous les jeunes dans leur recherche d’une entreprise ?

Oui. Nous disposons d’un système « passerelles » financé par le Conseil régional d’Ile-de-France. Il accompagne, annuellement, quelque 400 jeunes rencontrant des difficultés dans leur quête d’entreprise d’accueil.  A ce dispositif s’ajoute un service de suivi des apprentis dont la mission première est de veiller à limitation des ruptures de contrat.

Les ruptures de contrat sont-elles fréquentes ?

Nous avons un taux de rupture de contrat de l’ordre de 12%. Celui-ci est pallié par la concrétisation de suites de contrats qui font finalement tomber ce taux à 3%. Dans la plupart des ruptures enregistrées, l’argument avancé est une inadéquation entre les attentes professionnelles de l’apprenti et les exigences entrepreneuriales du maître d’apprentissage.

Quelles sont les entreprises qui accueillent vos apprentis ?

Pour constituer son réseau d’employeurs, le Ceproc développe des initiatives volontaristes  en direction d’entreprises d’Ile-de-France mais également de province. Nous travaillons principalement avec des artisans, mais également avec des grands groupes.

Dans la mesure où la réforme de la voie professionnelle tire le niveau minimum requis de formation vers le bac pro, le CAP a-t-il encore sa raison d’être ?

Oui. Très prisé par les employeurs, le CAP a encore de beaux jours devant lui. De plus, ce diplôme attire un nouveau public, celui des bacheliers généraux dont un bon nombre a déjà entamé un cursus universitaire. Le public bachelier affiche une motivation sans faille. Il lui tient à cœur de se former à un vrai métier auquel l’enseignement supérieur ne permet pas toujours  d’accéder. Dispensé des enseignements généraux, il effectue son CAP en ne se focalisant que sur l’apprentissage « pratique ». Ce type de public est nouveau pour les entreprises artisanales. Souvent plus âgé, plus diplômé que d’ordinaire, il doit redoubler d’arguments pour motiver  son embauche par un patronat frileux. En effet, traditionnellement, la voie royale de recrutement est celle des apprentis fraichement sortis du collège.

Propos recueillis par Céline Dumoulin et Patricia Holl