
Très prisé par les employeurs, le CAP a encore de beaux jours devant lui.
Le Centre européen des formations culinaires (Céproc) forme des apprentis dans les domaines de la charcuterie-traiteur, de la cuisine, de la boulangerie-pâtisserie et de la vente. Carole Biard nous présente les spécificités de ce CFA.
Quelles sont les formations proposées par le
CEPROC ?
Nous
proposons cinq CAP (charcuterie-traiteur, pâtisserie boulangerie, cuisine, service
et commerce) qui peuvent déboucher sur une poursuite de formation en Mention
Complémentaire, en Brevet Professionnel et en Bacs professionnel (cuisine,
boulanger pâtissier, commerce).
Nous dispensons aussi des formations à un niveau post-bac. Parmi celles-ci, la
formation Traiteur organisateur de réception (TOR), en 2 années, a pour vocation
de préparer les candidats à tous les aspects du management d’une prestation
traiteur.
Quels publics accueillez-vous ?
Le
Ceproc met un point d’honneur à ouvrir ses portes tous les publics. Nous les
accueillons en formation initiale et en formation continue pour des adultes en
reconversion professionnelle ou en perfectionnement. Nous disposons aussi de
classes de préapprentissage - dispositif d’initiation aux métiers par
alternance (DIMA). Là où certains établissements préconisent une sélection à
outrance, le Ceproc choisit d’offrir une chance aux plus motivés.
Accompagnez-vous les jeunes
dans leur recherche d’une entreprise ?
Oui.
Nous disposons d’un système « passerelles » financé par le Conseil
régional d’Ile-de-France. Il accompagne, annuellement, quelque 400 jeunes rencontrant
des difficultés dans leur quête d’entreprise d’accueil. A ce dispositif s’ajoute un service de suivi
des apprentis dont la mission première est de veiller à limitation des ruptures
de contrat.
Les ruptures de contrat sont-elles
fréquentes ?
Nous
avons un taux de rupture de contrat de l’ordre de 12%. Celui-ci est pallié par la
concrétisation de suites de contrats qui font finalement tomber ce taux à
3%. Dans la plupart des ruptures enregistrées, l’argument avancé est une
inadéquation entre les attentes professionnelles de l’apprenti et les exigences
entrepreneuriales du maître d’apprentissage.
Quelles sont les entreprises qui accueillent
vos apprentis ?
Pour
constituer son réseau d’employeurs, le Ceproc développe des initiatives
volontaristes en direction d’entreprises
d’Ile-de-France mais également de province. Nous travaillons principalement
avec des artisans, mais également avec des grands groupes.
Dans la mesure où la réforme de la voie professionnelle
tire le niveau minimum requis de formation vers le bac pro, le CAP a-t-il encore
sa raison d’être ?
Oui. Très prisé par les employeurs, le CAP a encore de beaux jours devant lui. De
plus, ce diplôme attire un nouveau public, celui des bacheliers généraux dont
un bon nombre a déjà entamé un cursus universitaire. Le public bachelier
affiche une motivation sans faille. Il lui tient à cœur de se former à un vrai
métier auquel l’enseignement supérieur ne permet pas toujours d’accéder. Dispensé des enseignements
généraux, il effectue son CAP en ne se focalisant que sur l’apprentissage
« pratique ». Ce type de public est nouveau pour les entreprises
artisanales. Souvent plus âgé, plus diplômé que d’ordinaire, il doit redoubler
d’arguments pour motiver son embauche
par un patronat frileux. En effet, traditionnellement, la voie royale de recrutement est celle des apprentis fraichement sortis du collège.
Propos recueillis par Céline Dumoulin et Patricia Holl