Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Serge Durand

Directeur commercial et marketing d’Hexagon Metrology, Les Ulis (91)
Date de l'interview : 21/03/2011

Un grand nombre d’ingénieurs en métrologie sortent des écoles d’ingénieurs type ENSAM, écoles nationales supérieures des arts et métiers.

Ingénieur de formation, Serge Durand travaille chez Hexagon Metrology, leader mondial dans le domaine des techniques de mesure dimensionnelle. Avec lui, découvrons une spécialité de la mécanique industrielle peu connue du grand public : la métrologie.

Qu’est-ce que la métrologie ?

La métrologie est, par définition, la science des mesurages. Elle est un outil de prise de décision et de mise en confiance sur la qualité d’un produit.

Quand nous mettons 35 litres de carburant dans  notre voiture, nous n’avons  pas le moyen de vérifier s’il y a réellement 35 litres dans le réservoir. Par contre, il y a une procédure métrologique qui garantit que la pompe à essence vous a bien délivré 35 litres. Des vérifications périodiques contrôlent la quantité de carburant délivrée par la pompe et ainsi nous pouvons faire confiance à la valeur affichée.

Tout ce qui s’invente et se fabrique dans le monde, de l’essoreuse à salade à l’Airbus A380, est contrôlé grâce à l’utilisation d’un moyen de mesure dimensionnel. La métrologie dimensionnelle permet de comparer la valeur théorique d'une grandeur avec celle réellement constatée sur la pièce fabriquée lors de son contrôle. La précision requise est plus ou moins grande et est définie par l’application ou les exigences de l’utilisateur.

Quels sont les métiers de la métrologie tridimensionnelle ?

Chez Hexagon Metrology, nous avons tout d’abord des ingénieurs technico-commerciaux chargés de trouver, en fonction des besoins du client, la meilleure solution technico-économique. Nous avons également des ingénieurs applicatifs qui vont assurer la formation à ces moyens de mesure et apporter l’assistance technique au démarrage ; des techniciens supérieurs qui vont d’abord installer et calibrer nos machines chez les clients et ensuite assurer le suivi technique de la machine pendant toute la vie de celle-ci, souvent plusieurs dizaines d’années.
Du côté des utilisateurs, c'est-à-dire des entreprises qui achètent nos appareils, on trouve essentiellement 2 profils : il y a tout d’abord des programmeurs chargés d’écrire, en fonction des pièces à contrôler, les programmes de mesure des machines ; et il y a des opérateurs 3D, qui pilotent ces machines et exécutent les programmes.

Quelles sont les formations en métrologie ?

Un grand nombre d’ingénieurs en métrologie  sortent des écoles d’ingénieurs type ENSAM, écoles nationales supérieures des arts et métiers. Les ENSAM de Lille, Aix et Cluny ont d’ailleurs investi il y a peu dans de nouveaux moyens de mesure. Ces ingénieurs ont souvent la responsabilité d’un service de métrologie d’une grande entreprise.
Au niveau technicien métrologue, on peut citer le DUT génie mécanique et productique ou de mesure physique et le bac STI génie mécanique. Ce sont les diplômes « de fond » de la métrologie dimensionnelle.
Quant aux opérateurs qui utilisent les machines, ils sont principalement titulaires d’un bac professionnel, ou bien ce sont des ouvriers qualifiés qui ont reçu une formation spécifique en interne.

Chez Hexagon Metrology, nous considérons qu’un ingénieur qui vient chez nous comme applicatif n’est pleinement opérationnel qu’au bout de 2 ans.

Quelles sont les évolutions possibles pour un technicien ou un ingénieur métrologue ?

En métrologie, l’évolution se fait surtout par rapport au domaine d’application. Chaque secteur d’activité va pouvoir offrir au métrologue une perspective d’évolution liée à son intérêt aux produits qui vont lui passer entre les mains.
Le métrologue doit évoluer simultanément à la technologie des pièces qu’il doit appréhender.
L’aéronautique en est le parfait exemple : les avions de dernière génération utilisent énormément de pièces réalisées en fibre de carbone. La métrologie dimensionnelle a dû adapter de nouvelles méthodes de mesure, tels que les scanner ou la photogrammétrie (mesure par analyse d’image), capables de contrôler ces nouvelles matières. Le métrologue est donc en formation permanente et son intérêt technologique est constamment en éveil.

Propos recueillis par Patricia Holl