
Un grand nombre d’ingénieurs en métrologie sortent des écoles d’ingénieurs type ENSAM, écoles nationales supérieures des arts et métiers.
Ingénieur de formation, Serge Durand travaille chez Hexagon Metrology, leader mondial dans le domaine des techniques de mesure dimensionnelle. Avec lui, découvrons une spécialité de la mécanique industrielle peu connue du grand public : la métrologie.
Qu’est-ce que la métrologie ?
La métrologie est, par définition, la science des mesurages. Elle est un outil de prise de décision et de mise en confiance sur la qualité d’un produit.
Quand nous mettons 35 litres de carburant dans notre voiture, nous n’avons pas le moyen de vérifier s’il y a réellement 35 litres dans le réservoir. Par contre, il y a une procédure métrologique qui garantit que la pompe à essence vous a bien délivré 35 litres. Des vérifications périodiques contrôlent la quantité de carburant délivrée par la pompe et ainsi nous pouvons faire confiance à la valeur affichée.
Tout ce qui s’invente et se fabrique dans le monde, de
l’essoreuse à salade à l’Airbus A380, est contrôlé grâce à l’utilisation d’un
moyen de mesure dimensionnel. La métrologie dimensionnelle permet de comparer la
valeur théorique d'une grandeur avec celle réellement constatée sur la pièce
fabriquée lors de son contrôle. La précision requise est plus ou moins grande et
est définie par l’application ou les exigences de l’utilisateur.
Quels sont les métiers de la métrologie
tridimensionnelle ?
Chez Hexagon Metrology, nous avons tout d’abord des ingénieurs
technico-commerciaux chargés de trouver, en fonction des besoins du client, la
meilleure solution technico-économique. Nous avons également des ingénieurs
applicatifs qui vont assurer la formation à ces moyens de mesure et apporter
l’assistance technique au démarrage ; des techniciens supérieurs qui vont d’abord
installer et calibrer nos machines chez les clients et ensuite assurer le suivi
technique de la machine pendant toute la vie de celle-ci, souvent plusieurs
dizaines d’années.
Du côté des utilisateurs, c'est-à-dire des entreprises qui achètent nos
appareils, on trouve essentiellement 2 profils : il y a tout d’abord des programmeurs
chargés d’écrire, en fonction des pièces à contrôler, les programmes de mesure
des machines ; et il y a des opérateurs 3D, qui pilotent ces machines et exécutent
les programmes.
Quelles sont les formations en
métrologie ?
Un grand nombre d’ingénieurs en métrologie sortent des écoles d’ingénieurs type ENSAM,
écoles nationales supérieures des arts et métiers. Les ENSAM de Lille, Aix et
Cluny ont d’ailleurs investi il y a peu dans de nouveaux moyens de mesure. Ces
ingénieurs ont souvent la responsabilité d’un service de métrologie d’une
grande entreprise.
Au niveau technicien métrologue, on peut citer le DUT génie mécanique et
productique ou de mesure physique et le bac STI génie mécanique. Ce sont les
diplômes « de fond » de la métrologie dimensionnelle.
Quant aux opérateurs qui utilisent les machines, ils sont principalement
titulaires d’un bac professionnel, ou bien ce sont des ouvriers qualifiés qui
ont reçu une formation spécifique en interne.
Chez Hexagon Metrology, nous considérons qu’un ingénieur qui vient chez nous comme applicatif n’est pleinement opérationnel qu’au bout de 2 ans.
Quelles sont les évolutions possibles pour
un technicien ou un ingénieur métrologue ?
En métrologie, l’évolution se fait surtout par rapport au domaine
d’application. Chaque secteur d’activité va pouvoir offrir au métrologue une
perspective d’évolution liée à son intérêt aux produits qui vont lui passer
entre les mains.
Le métrologue doit évoluer simultanément à la technologie des pièces qu’il doit
appréhender.
L’aéronautique en est le parfait exemple : les avions de dernière
génération utilisent énormément de pièces réalisées en fibre de carbone. La
métrologie dimensionnelle a dû adapter de nouvelles méthodes de mesure, tels
que les scanner ou la photogrammétrie (mesure par analyse d’image), capables de
contrôler ces nouvelles matières. Le métrologue est donc en formation
permanente et son intérêt technologique est constamment en éveil.
Propos recueillis par Patricia Holl